Dossier d’œuvre architecture IA62001343 | Réalisé par
Laget Pierre-Louis (Rédacteur)
Laget Pierre-Louis

Né en 1950 en Algérie. Titulaire d’un doctorat en médecine - thèse soutenue en 1995 : « Histoire et architecture des amphithéâtres d’anatomie et des salles de dissection à Paris sous l’Ancien Régime » -, d’un certificat de médecine tropicale-santé dans le monde, d’une licence de langue et civilisation arabe, enfin d’un D.E.A. d’histoire de l’art soutenu en 1999 : « Histoire des locaux destinés à l’enseignement de l’anatomie dans les institutions parisiennes : de la création de l’École de santé de Paris à la construction du premier institut d’anatomie (1794-1832) ».

Après sa réussite au concours de conservateur du patrimoine en juin 1985, Pierre-Louis Laget a occupé de 1985 à 2017 un poste de chercheur dans le service de l’Inventaire de la Région Nord-Pas-de-Calais (puis Hauts-de-France).

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  • enquête thématique régionale, patrimoine hospitalier du Nord - Pas-de-Calais
  • patrimoine hospitalier
Hôpital marin dit institut orthopédique Saint-François-de-Sales, puis institut Calot
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Berck - Berck
  • Commune Berck
  • Lieu-dit Berck-Plage
  • Adresse rue du Docteur-Calot , ancienne avenue Jules-Magnier
  • Cadastre 1912 B2 280 à 302  ; 1969 AN 20
  • Dénominations
    hôpital marin
  • Vocables
    Saint-François-de-Sales
  • Appellations
    institut Saint-François-de-Sales , institut Calot

En 1901, le docteur François Calot, qui avait occupé un poste d'interne en chirurgie au grand hôpital maritime, fonda, tout à fait au nord de la station balnéaire de Berck-Plage, l’institut orthopédique Saint-François-de-Sales dont la construction s’échelonna entre 1901 et 1906 sur les plan de l'architecte Joseph-Charles de Montarnal de Guirard dans un style régionaliste s'inspirant de l'architecture de la Renaissance en Flandre. On construisit en 1901 le bâtiment central, renfermant, entre autres, administration, services généraux et réfectoires avec, sur son flanc sud, un pavillon destiné aux enfants hospitalisés en long séjour, réclamant en particulier soins orthopédiques ou chirurgicaux, ainsi que sur l’avant du côté sud, le pavillon dit de la clinique abritant salles d’opérations, salles de massages, stérilisation, radiographie et pharmacie. On ajouta ensuite, au nord, vers 1906 un second bâtiment d'hospitalisation, en pendant à celui déjà construit au sud, ce afin de répartir filles et garçons dans des locaux distincts, tandis que le premier de ces deux bâtiments se trouvait lui-même concomitamment agrandi au sud. En pendant et au nord du pavillon dit de la clinique, fut bâtie une salle de gymnastique provisoire en bois. Ces quatre bâtiments constituant avec la salle de gymnastique l'édifice tel qu'il se présentait en 1906 après la phase d'achèvement des travaux prévus selon le projet d'origine, étaient parfaitement indépendants les uns des autres. L'établissement offrait au départ une capacité d'accueil d'une centaine de lits et recevait uniquement des patients payant pension. En raison de la renommée de son médecin-directeur, François Calot, il fut très tôt connu sous l’appellation d’institut Calot. Il était desservi à ses débuts par les religieuses de Saint-Erme remplacées par les sœurs de Nevers, puis par les sœurs de la Présentation de Bron auxquelles succédèrent en 1920 les religieuses franciscaines missionnaires de Marie.

A l'instar de tous les établissements à fonction sanitaire de Berck, la tendance, à partir des années 1910, fut de doter de galeries ou de terrasses de cure les bâtiments abritant les enfants tuberculeux, ce de manière à pouvoir les y installer durant la journée lorsque les conditions climatiques étaient clémentes : si les malades étaient invalides, on y faisait rouler leur lit depuis la chambre, s'ils étaient valides, on les faisaient allonger sur des chaises longues qui y étaient alignées. Ces terrasses qui s'étendent d'une part en arrière du bâtiment principal, d'autre part en avant des deux bâtiments nord et sud, furent donc très vraisemblablement ajoutées juste avant ou juste après la Première Guerre mondiale. En 1934, l'effectif s'élevait à 450 lits selon les chiffres du comité national de défense contre la tuberculose. Un nouveau bâtiment d'hospitalisation fut construit en 1936 et, de ce fait, la capacité d'accueil aurait atteint les 600 lits en 1939.

Comme tous les hôpitaux de Berck, l'institut Calot dut être évacué de ses patients durant l'Occupation et ceux-ci furent transférés au château de Vigny, situé dans l'actuel département du Val-d'Oise. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'expansion de l'établissement se poursuivit au nord avec l'achat, à l'Assistance publique de Paris, de l'hôpital Lannelongue contigu qui avait été endommagé pendant les années de l'Occupation. Puis on procéda à l'acquisition de terrains circonvoisins situés au sud : on y construisit d'abord une grande chapelle qui fut inaugurée en 1961. On accola par la suite, contre le flanc sud de cette chapelle, un nouveau corps de logis pour l'hébergement de malades, placé sur l'alignement des bâtiments primitifs, et ce à la fin des années 1960 ou au début des années 1970. Ces dernières extensions étaient entreprises alors que la streptomycine, premier antibiotique actif sur le bacille de Koch, avait déjà été commercialisée et ce depuis 1946. L'usage thérapeutique de la streptomycine suivi par celui d'autres médications antituberculeuses analogues découvertes dans les années 1950 et 1960, joint à l'amélioration graduelle du niveau de vie de la population, n'allait pas tarder à réduire inexorablement l'incidence de l'endémie tuberculeuse infantile et donc la clientèle traditionnelle de l'établissement, rapidement contraint de diversifier les sources de recrutement de ses patients. Ces nouvelles conditions de recrutement amena l'institut Calot à fusionner avec l’Union des établissements hélio-marins, puis avec la Fondation franco-américaine pour constituer en 1996 une entité nouvelle intitulée groupe Hopale.

L'architecte Joseph-Charles de Montarnal de Guirard avait conçu le projet d'un édifice devant comporter cinq bâtiments indépendants : trois bâtiments élevés de deux étages plus un étage de comble au-dessus d'un étage de soubassement, lesquels sont alignés du côté du front de mer, et deux pavillons hauts d'un seul étage encadrant la cour d'honneur. Cette cour s'étend en avant de la face postérieure du bâtiment central de l'alignement en front de mer. Cet ensemble de bâtiments était prévu au départ comme parfaitement symétrique tant du côté de la mer que de celui de la cour d'honneur, mais les agrandissements effectués du côté sud rompirent avec la symétrie, et ce dès la première phase de travaux terminée en 1906. En revanche le style néo-flamand prévu dans le projet d'origine fut conservé lors des agrandissements successifs jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Dans les bâtiments de l'édifice primitif achevé en 1906, le gros oeuvre associait maçonnerie de brique et structure en béton armé ; quant au décor d'architecture tel que frontons des lucarnes, rampants des pignons, cordons larmiers sommant les ouvertures, etc., il est en ciment imitant la pierre.

La chapelle ajoutée en 1961 est bâtie en béton armé et comporte une seul vaisseau couvert d'une voûte en berceau segmentaire faite d'un voile de béton armé ; ses parois intérieures sont revêtues d'un appareil de pierre et ses piliers de plaques de marbre. Le bâtiment d'hospitalisation ajouté dans les années 1960 contre le flanc sud de la chapelle, est élevé de trois étages au-dessus d'un étage de soubassement et il est couvert d'un toit terrasse ; il est bâti en béton armé avec revêtement de ses parois en briques rouge.

  • Murs
    • brique
    • béton béton armé
  • Toits
    ardoise
  • Couvrements
    • voûte en berceau segmentaire, en béton armé
    • dalle de béton, en béton armé
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans brisés croupe brisée
    • flèche polygonale
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre