Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme
- inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
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Lefébure ThierryLefébure ThierryCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Photographe au Service régional de l'Inventaire des Hauts-de-France (2023).
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté d'agglomération de la Baie de Somme - Abbeville
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Commune
Eaucourt-sur-Somme
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Dénominationsvillage
Histoire du village
Sites et découvertes archéologiques
L’objet le plus ancien retrouvé sur le territoire communal est une lame d’épée datant de l’Âge du bronze final I (1200 à 1170 av. n. è.), découverte dans les marais en 1873. Même si cet objet atteste un peuplement très ancien des rives de la Somme, les traces des premières habitations sur le territoire d’Eaucourt-sur-Somme remontent à la fin de la Tène moyenne (environ 320 av. n. è.). Ces vestiges archéologiques ont été repérés au lieu-dit les Monts Bergerons. Des éléments avaient déjà été relevés par l'archéologue Roger Agache lors de ses prospections aériennes en 1969, puis les recherches ont été approfondies lors d’un sondage effectué en 1994 par les archéologues Gilles Prilaux et Roland Haurillon, avant la construction de l’autoroute A16.
Le site des Monts Bergerons se découpe en deux parties. La première révèle une occupation à la fin de la Tène moyenne et au début de la Tène finale, comprenant notamment des fossés de drainage, des enclos rectilignes ou curvilignes, des foyers et des fosses. La seconde met en évidence les traces d'un établissement rural du début du Ier siècle pour sa première phase, et des IIe et IIIe siècles pour sa seconde phase. En plus des découvertes faites concernant l’aménagement des lieux, une pièce de monnaie en bronze représentant Hadrien, et du mobilier en bronze, en os ainsi qu'une meule rotative en calcaire fossilifère ont été recueillis (Ben Redjeb, 2012).
Roger Agache a repéré d’autres traces archéologiques, non datées, sur le territoire d’Eaucourt-sur-Somme : deux fermes indigènes au lieu-dit les Côtes vers Épagne et à celui de la Fosse aux Loups, un enclos irrégulier au lieu-dit les Feuquerelles, et enfin, une villa à l’est du cimetière communal. Concernant cette dernière, il a prospecté le site de la villa en 1996. Il a découvert que le bâtiment principal de cet ensemble se situait probablement sous l’actuelle église. Vingt tessons gallo-romains ainsi que treize tessons mérovingiens ont été ramassées sur le lieu, ce qui permet d’en apprendre davantage sur la période d’occupation du site.
Les origines d’Eaucourt-sur-Somme
Le village est mentionné pour la première fois en 830 sous le nom d’Adulficurt (Garnier, 1867-1878). La toponymie pourrait signifier la maison d’Alof (Bacquet, 1992). La terminaison "curt", qui a évolué en "court", très commune en Picardie, aurait plusieurs significations et origines d’après l’Abbé Jules Corblet (Prarond, 1861). Cela pourrait évoquer, entre autres, le regroupement de plusieurs maisons autour d’une manse seigneuriale. Un lien est également à faire, d’après lui, avec le mot Cor, qui en langue celtique signifie "champ" ou "enclos". Ces différents éléments peuvent laisser penser qu’à l’époque carolingienne, le village était construit autour de la manse d’Adulfi.
Le village est ensuite mentionné sous plusieurs variantes de nom, dont Hadulficurt en 855, Eeaucort en 1210, Aquacuria en 1301 , Yeucourt en 1319, Eaucourt en 1423, Eaucourt-lès-Pont-Remy en 1472, Eaucourt-sur-Somme en 1521 (Garnier, 1867-1878).
Au sud-est d’Eaucourt-sur-Somme se situait le hameau du Mellier, aujourd’hui intégré au reste du village. La première mention de ce hameau remonte à 1160 sous le nom de Mesliers (Garnier, 1867-1878). Au XIXe siècle, il est également écrit Melier, ou Merlier.
La seigneurie
Les premiers seigneurs connus d’Eaucourt-sur-Somme sont les seigneurs de La Ferté. Ce sont eux qui bâtissent le premier château le long de la Somme, à la fin du XIIe siècle (IA80011110). Ils restent propriétaires des terres au moins jusqu'à la fin du XIVe siècle, car, Jean de Chatillon, chevalier seigneur de la Ferté, est le seigneur d’Eaucourt-sur-Somme en 1378 (de Belleval, 1870). Les terres passent ensuite, à une date inconnue, à la famille d’Eaucourt. C’est Jean d’Eaucourt qui aurait fait reconstruire le château en 1436 après les destructions de la guerre de Cent Ans. Par mariages successifs au cours du XVIe siècle, les terres deviennent la propriété de la famille de Mailly en 1520, puis la famille de Soyecourt en 1555 et enfin à la famille de Bellefourière en 1590 (de Belleval, 1870). Entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle, l'ancien château médiéval est transformé en gentilhommière par Ponthus de Bellefourière, gouverneur de Corbie, gentilhomme de la Chambre du roi et chevalier de son ordre, devenu seigneur d’Eaucourt en 1590 par mariage avec Françoise de Soyecourt. En 1777, la seigneurie est vendue par Joachim-Charles de Seiglières de Bellefourière à Marie-Thérèse Gaillard, femme de Pierre-Jacques-Philippe Tillette de Mautort, pour une somme de 151 400 livres. Ils sont les derniers seigneurs du lieu avant que le château ne soit transformé en ferme, puis abandonné et laissé en ruines (Mouny, 2018).
Conflits et destructions
La guerre de Cent Ans et les guerres de religion
Le château d’Eaucourt-sur-Somme a été une place forte stratégique lors de la guerre de Cent ans. Il est détruit par les Abbevillois en 1358, occupé par les Dauphinois en 1420, incendié par le duc de Bourgogne en 1421. Le village a souffert de destructions pendant la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion, notamment l'église et le château.
Les Guerres mondiales
Le premier conflit mondial n'ont pas eu d’impact direct sur le territoire d'Eaucourt-sur-Somme. Un monument aux morts de la Première Guerre mondiale, qui prend la forme d’un obélisque, se dresse au nord de la mairie.
La commune a subi quelques dégâts lors de la Seconde Guerre mondiale. D’après les statistiques de destruction par commune, sept bâtiments sont partiellement détruits, dont cinq maisons, un édifice agricole et la mairie. Seul un bâtiment agricole est entièrement détruit (AD Somme ; 26 W 838).
Concernant les édifices communaux, la mairie a été largement endommagée à cause de bombardements d’artillerie et d’aviation en mai 1940, un obus ayant éclaté sur sa couverture. L’église a également subi quelques dommages sur sa couverture en 1940, puis en 1944. Le pont qui traverse la Somme s'est effondré en deux parties, mais contrairement aux autres ponts voisins, reconstruit après la Seconde Guerre mondiale, il a été réparé. L’architecte de la reconstruction désigné pour effectuer les travaux sur les édifices publics et privés d'Eaucourt-sur-Somme est Robert Dellerieu.
Activité de la commune
L’agriculture
L’activité principale de la commune a été pendant longtemps l'agriculture. Les cultivateurs, fermiers, manouvriers sont nombreux au XIXe siècle dans les recensements de population (AD Somme ; 6 M 262). La culture du lin et du chanvre a une place particulière dans le village. Les terres arables se situent sur le plateau et les coteaux, mais également à proximité directe des habitations et des fermes, sous la forme de chènevières (AD Somme ; 3 P 262/3). La présence d’anciens rouissoirs dans les marais communaux témoigne de cette agriculture : le rouissoir est l’endroit où le lin et le chanvre sont macérés dans l’eau pour permettre d’isoler la fibre utilisable de ces plantes textiles. Ces fibres servent ensuite au XIXe siècle aux usines implantées à Pont-Remy, commune voisine d’Eaucourt-sur-Somme. En 1872, il y a dans le village 52 écangueurs, leur métier étant de séparer la filasse et la paille des tiges de lin ou de chanvre (AD Somme ; 6 M 262). Cette activité diminue à la fin du XIXe siècle, suite à un arrêté préfectoral du 10 mars 1874 interdisant le rouissage du chanvre dans "toutes les pièces d’eau communiquant avec les canaux ou rivières". Comme les rouissoirs d’Eaucourt-sur-Somme se déversent dans la Somme, cet arrêté interdit par conséquent leur utilisation. Malgré cela, le maire fait une demande en 1894 pour réautoriser l’utilisation de ces cours d’eau, indiquant que "Leur suppression amènerait la ruine de la seule industrie locale et priverait les habitants de leur unique ressource. Tous les teilleurs de chanvre formant la grande majorité des habitants de la commune, se servent de ces rouissoirs dont l’origine est fort ancienne". Concluant que le rouissage à Eaucourt-sur-Somme n’a pas d’impact négatif sur la population de poissons dans la Somme, le service des Ponts et Chaussées n’autorise cependant pas la reprise de l'activité, mais demande "à user de la plus grande tolérance envers ces pratiquants". Le rouissage semble donc continuer encore quelques années avant de disparaître. Les anciens rouissoirs sont encore visibles aujourd’hui sur la rive gauche de la Somme.
L’évolution de la population à Eaucourt-sur-Somme est donc liée à la culture du lin et du chanvre. L'installation d'une filature de lin à Pont-Remy à partir de 1820 (IA80010114) explique probablement l’augmentation de la population du village d'Eaucourt : le nombre d’habitants a quasiment doublé entre 1806 et 1872, passant de 221 à 409. On constate d'ailleurs que la diminution de la population au début du XIXe siècle, passant à 294 habitants en 1901, coïncide avec l'interdiction du rouissage en 1874. Il est mentionné que plusieurs habitant d'Eaucourt-sur-Somme travaillent désormais comme ouvriers aux usines Saint Frères de Pont-Remy.
Les moulins
L'implantation topographique d’Eaucourt-sur-Somme a favorisé la construction de moulins à eau, bâtis sur des biefs de la Somme, et de moulins à vent, implantés sur le plateau du Ponthieu.
Au XVIIe siècle, trois moulins à eau étaient chacun aménagés sur des déviations de la Somme. Le premier, qui semble-t-il, était un moulin à huile, est détruit en 1694. Les deux autres subsistent encore jusqu'en 1715 et disparaissent au cours du XVIIIe siècle (AD Somme ; 99 S 262). En 1795, Joseph Tripier demande l’autorisation d’établir un nouveau moulin sur la déviation du moulin détruit environ 100 ans plus tôt. Malgré le refus, l’édifice est construit sans autorisation. Ce dernier est visible sur le cadastre napoléonien établi dans les années 1820 (ill.). Des travaux entrepris sur le canal de la Somme en 1830 ont supprimé une partie du débit de la déviation (AD Somme ; 99 S 262). Le moulin ne pouvant plus fonctionner, il a été détruit en 1832 (AD Somme ; 3 P 262/4). Il n’y a plus de moulin à eau dans la commune après cette date.
Le moulin à vent, dit moulin Guidon, est vraisemblablement bâti au XVIIe siècle (IA80011111). C’est un moulin à blé, à toit tournant, élevé en pierre de taille. Son activité cesse au début du XXe siècle, puis il tombe en ruine. Il est rebâti au début des années 2000 par une association. Un second moulin était autrefois bâti au nord du premier, édifié par Pascal Sinoquet en 1832 (AD Somme ; 3 P 262/4). Ce dernier, construit probablement en bois, est visible sur une photo du moulin Guidon prise au début du XXe siècle (ill.). Il est démoli en 1926 par son propriétaire Emile Sinoquet Corbillon (AD Somme ; 3 P 262/7).
Histoire du bâti
Développement et structuration du village
Le village s’est implanté à proximité de la Somme, permettant un accès facilité au cours d’eau, mais au bord des coteaux, pour se protéger de potentielles inondations. Il s’est également construit à proximité directe de l’ancien château seigneurial, dont il ne reste aujourd’hui (2025) que des ruines. Son implantation ne semble cependant pas être corrélée à l’emplacement de l’église, qui est isolée à l’est du village, alors que les églises paroissiales forment généralement le cœur historique des communes du territoire. Sa distance d’environ 100 m des premières habitations interroge : a-t-elle été bâtie entre le hameau du Mellier et le village d’Eaucourt-sur-Somme, mais à une certaine distance de l’eau pour se protéger d’éventuelles inondations ?
Le plan parcellaire, dit cadastre napoléonien, dressé vraisemblablement avant 1830, permet de connaître la configuration d’Eaucourt-sur-Somme il y a environ 200 ans. Sur ce plan, le village se compose des mêmes rues qu’aujourd’hui. Il est traversé au nord par la voie principale qui relie Abbeville à Paris. Seules les rue du Pont et celle du Mellier sont déjà nommées. Une petite rue secondaire (rue des Raques) qui partait à l’est de la rue du Pont a aujourd’hui disparu. Le bâti est, comme aujourd'hui, séparé de la Somme par les aires du château, qui comprennent les ruines de l’ancien édifice de défense. Le hameau du Mellier, à l’est, est implanté à proximité du fleuve.
Forme parcellaire et implantation du bâti
En 1836, il y avait 68 maisons construites à Eaucourt-sur-Somme. Ce nombre augmente jusque dans les années 1870 : 83 maisons dans le village en 1851, puis 96 en 1872. Ces nouvelles constructions s’expliquent par l’augmentation du nombre d’habitants dans la commune. L’évolution de la taille du village stagne jusque dans les années 1970, où de nombreuses maisons de type pavillonnaire ont été construites. Plus de la moitié des habitations d’Eaucourt-sur-Somme ont été construites après cette date.
Au début du XIXe siècle, l’essentiel du bâti est construit au sud de la route principale qui relie Abbeville à Paris. Seules deux fermes sont construites au nord, sur le coteau, ainsi que le moulin et la maison du meunier. Les parcelles sont majoritairement de petite taille, mais l’implantation des bâtiments est différente d’une rue à l’autre. Sur la rue qui relie la voie principale à la Somme le bâti est construit le long des rues. Sur l’actuelle rue secondaire, ou rue des Jongleurs, les parcelles sont en lanière, et le bâti, principalement à l'est de la voie, est construit perpendiculaire à la rue. Sur ces voies, les propriétés sont complétées d’un jardin à l’arrière de la maison ou de la grange. Sur la rue du Mellier, le jardin est étendu au sud par une chènevière. Ainsi, les propriétaires de l'ancien hameau possèdent-ils leur ferme, leur jardin, et leur propre chènevière pour la culture du chanvre. Ces parcelles plantées étaient bordées au sud par un petit cours d’eau dévié de la Somme, qui jouait un rôle d’irrigation. De petits "bâtiments ruraux" sont construits dans ces chènevières, à proximité du cours d’eau. Le hameau du Mellier se composait d’une grande ferme, avec un pigeonnier construit dans la cour, d’un moulin, et de 8 autres parcelles bâties. Contrairement au reste du village, ce hameau est construit à proximité de la Somme.
Concernant les édifices les plus anciens du village, les restes de l’ancien château ne sont pas matérialisés sur le plan de 1820, probablement car l’état de ruine était déjà trop avancé, mais le tracé de sa construction est bien visible grâce aux douves. Enfin, l’église était déjà isolée du reste du village.
Le bâti du village a énormément évolué depuis ce plan. Plusieurs édifices ont été construits dans la seconde moitié du XIXe siècle, dont trois demeures bourgeoises sur la route du Val-de-Somme (IA80011113 et IA80011115). Également, quelques habitations ont dû être reconstruites après la Seconde Guerre mondiale : il ne reste que 28 maisons construites avant 1919, souvent très remaniées. Aujourd’hui, 91 maisons sur 160 ont été construites après les années 1970.
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Période(s)
- Principale : Protohistoire
- Principale : Gallo-romain
- Principale : Moyen Age
- Principale : Temps modernes
- Principale : Epoque contemporaine
Territoire de la commune
La commune d’Eaucourt-sur-Somme fait partie du canton d’Abbeville 2. Son territoire est limitrophe des communes d’Épagne-Épagnette à l’ouest, de Bray-lès-Mareuil et Érondelle au sud, de Pont-Remy à l’est et de Bellancourt au nord. Il s’étend sur une superficie de 4,22 km2. La commune comptabilise 370 habitants en 2021 dans 175 logements dont 162 en résidences principales (source INSEE). Le territoire communal est traversé par l’autoroute A16 au nord, par la ligne de chemin de fer Paris-Calais au sud, et par le chemin de halage le long de la Somme.
Environnement naturel et paysager
Eaucourt-sur-Somme se situe dans le secteur paysager de la vallée de la Somme. Le territoire se compose (en 2018) de 66% de terres arables, 10% de prairies, 8% de forêt ou encore 7% de zones humides intérieures. La Somme canalisée traverse le village dans sa partie sud. Le bâti se situe au nord du fleuve.
De l’autre côté de la rive se trouvent les marais d’Eaucourt-sur-Somme. Ces derniers, qui s’étendent sur environ 40 ha, se composent de prairies tourbeuses et de plusieurs mares de huttes. Ils sont inclus dans une zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 1. Au sud de la Somme coule le ruisseau de l’Ancien Rouissoir, site où une source bleue est bien visible.
Au nord de la vallée de la Somme s’élève le coteau marquant le début du plateau du Ponthieu. Le dénivelé atteint près de 90 m. Un vallon, nommé Vallée-Saint-Aubin, s’enfonce vers la vallée, à l’est de la commune.
Au nord du coteau, le plateau du Ponthieu se caractérise par ses grandes cultures céréalières, principalement du blé. Cependant, son sol limoneux fertile permet également une grande diversité de productions, telles que le lin, la pomme de terre, la betterave, le colza et d'autres céréales. Cet ensemble de cultures façonne un paysage ouvert, typique des plaines céréalières. L’horizon dégagé est ponctué de quelques éléments verticaux isolés, dont un moulin et trois éoliennes situées sur le territoire de la commune.
Implantation du bâti
Eaucourt-sur-Somme est traversé par la route principale qui relie Abbeville à Pont-Remy, appelée dans cette commune route du Val-de-Somme. Plusieurs habitations sont bâties le long de cette rue, mais le centre du village se situe au sud de cette voie. Il se compose de la mairie, construite entre la rue secondaire du Pont et la rue principale du Mellier ; de l’école primaire, bâtie à l'angle des rues secondaires du 11-novembre et de la Fontaine. L’église n’est pas bâtie dans le cœur de la commune : elle est isolée à l’est, entourée de champs.
Une partie conséquente des bâtiments se concentre autour d’un carré, constitué de la route du Val-de-Somme au nord, sa parallèle la rue du Mellier au sud, la rue du 11-Novembre qui les relie, à l’ouest et la rue des Jongleurs à l’est. Sur la route du Val-de-Somme et la rue du 11-Novembre, les maisons ou leurs granges sont principalement construites le long des rues, tandis que sur la rue des Jongleurs, les habitations sont perpendiculaires à la rue.
La rue principale du Mellier s’étend vers le sud-est du territoire communal. Cette rue concentre une partie importante des bâtiments du village. Elle rappelle la présence de l’ancien hameau du Mellier, qui dépendait d’Eaucourt-sur-Somme. Le long de cette voie, l’implantation du bâti est diversifiée, mais les maisons anciennes restent principalement construites le long de la rue, les bâtiments annexes étant bâtis dans la cour. Une grande ferme à l’est de cette rue délimite l'extrémité du village (IA80011117).
Le cœur historique de la commune se situe au sud de la route du Val-de-Somme. la plupart des maisons construites au nord n’ont été élevées que récemment. La rue secondaire du 8-Mai monte sur le coteau et donne accès au plateau. Le bâti est peu présent à cet endroit - un petit lotissement d’une quinzaine de maisons s’y est implanté, et quelques rares édifices sont construits sur les hauteurs où le bâti ne se compose que d’un moulin et d’un restaurant à l’emplacement de l’ancienne maison de meunier.
Forme du bâti
Plusieurs typologies de bâti sont visibles à Eaucourt-sur-Somme. Tout d’abord, de petites maisons en rez-de-chaussée sont construites le long de la rue. Elles sont, de rares fois, complétées par une porte charretière, rappelant leur ancienne fonction de ferme. C’est aussi parfois la grange qui est construite le long de la rue, soit parallèle pour fermer la cour, soit perpendiculaire. Quelques grandes fermes, ou anciennes fermes, se démarquent par leur taille plus conséquente (IA80011116 et IA80011117).
Également, cinq maisons sur la commune présentent les caractéristiques des habitations moyennes ou modestes, construites dans la seconde moitié du XIXe siècle. Élevées en brique, elles possèdent des ouvertures à arc segmentaire et un jeu de brique particulier au niveau de leur corniche. Trois grandes demeures bourgeoises de la seconde moitié du XIXe siècle, construites sur un étage, se démarquent le long de la route du Val-de-Somme. Une quatrième maison à étage se distingue à l’extrémité est de la rue du Mellier, c’est la demeure d’une grande propriété agricole.
Quelques destructions ont marqué le village lors de la Seconde Guerre mondiale, deux maisons reconstruites après ce conflit se situent sur la rue du Pont, à proximité directe de la mairie, et une troisième est construite au nord de la route du Val-de-Somme.
Les formes de bâti ancien ont généralement beaucoup évolué, effaçant les traces des typologies constitutives du territoire. Beaucoup de nouvelles maisons de type pavillonnaire, entourées de leurs jardins, ont été construites à partir des années 1970. Une bonne partie se situe au nord et à l’ouest de la route du Val-de-Somme, mais plusieurs ont également été construites dans le cœur historique du village, marquant une rupture avec la forme du bâti traditionnel.
Matériaux de construction
Même si la brique est très présente dans la commune, elle est cependant moins visible que dans d’autres villages du territoire. Ce matériau est caché sur plusieurs édifices soit par du bardage en PVC (comme le garage, route du Val-de-Somme, par exemple) ou par un enduit. La brique est cependant visible sur l’élévation des murs, et sur le soubassement de quelques édifices - les bâtiments communaux témoignent de ce dispositif, la mairie étant en brique apparente et la brique de l’école étant cachée derrière un enduit de ciment.
De rares exemples d’édifices construits en pans de bois et remplissage torchis subsistent sur la commune. Pour certains d’entre eux, le torchis a été remplacé par de la brique.
La pierre calcaire est également utilisée sur le territoire communal. Tout d’abord, elle se retrouve sur les édifices les plus anciens de la commune, comme les vestiges du château ou l’église Saint-Aubin. Également, elle est mélangée avec de la brique dans les maçonneries dite à "rouge barre" (alternance entre des assises de brique et des assises de pierre calcaire). Sept exemples, récents ou anciens, sont visibles sur les murs-pignons ou les soubassements de la commune. Ces deux matériaux sont également mélangés dans la construction des grandes demeures de la route du Val-de-Somme. La brique sert pour l’élévation des murs et la pierre calcaire est utilisée pour les encadrements des ouvertures, les angles, ou encore les corniches, créant ainsi un jeu de polychromie.
Plus généralement, les bâtiments anciens du village ont parfois perdu leur caractère authentique par des restaurations plus récentes, qui font disparaître leurs matériaux ou organisation d’origine.
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
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Documents d'archives
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AD Somme. Série M ; Sous-série 6 M : 6 M 262. Recensement de population, Eaucourt-sur-Somme, 1836-1946.
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AD Somme. Série P : Sous-série 3 P : 3 P 262/3. État de section d'Eaucourt-sur-Somme, [s.d.].
-
AD Somme. Série P ; Sous-série 3 P : 3 P 262/4. Matrice des propriétés foncières d'Eaucourt-sur-Somme, 1828-1914.
-
AD Somme. Série P ; Sous-série 3 P : 3 P 262/7. Matrice des propriétés bâties d'Eaucourt-sur-Somme, 1911.
-
AD Somme. Série S ; Sous-série 99 S : 99 S 262. Chemin de fer, canal, Eaucourt-sur-Somme, [s.d].
-
AD Somme. Série W ; Sous-série W 1272 : 1272 W 416. Dommages de guerre (1939-1945) à Eaucourt-sur-Somme, mairie, école et logement, effets des sapeurs-pompiers, 1940-1960.
-
AD Somme. Série W ; Sous-série 26 : 26 W 838. Statistiques des destructions par communes [1942-1953].
Bibliographie
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BACQUET, Gérard. Le Ponthieu. Auxi-le-Château : Gérard Bacquet, 1992.
p.293-294 -
BELLEVAL, René de. Les Fiefs et les seigneuries du Ponthieu et du Vimeu : essai sur leur transmission depuis l'an 1000 jusqu'en 1789. Saint-Pierre-de-Salerne (27800 Brionne) : Gérard Monfort, 1975. 352 p.
[Reprod. en fac-sim. de l'éd. originale]. Paris : Dumoulin, 1870.
p.119-122 -
BEN REDJEB, Tahar. Carte archéologique de la Gaule : La Somme, 80-2. Paris : Académie des Inscriptions et Belles-lettres, 2012.
p.352-354 -
GARNIER, J. Dictionnaire topographique du département de la Somme. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, 3e série. Paris, Amiens, t. I, 1867.
p.315 -
PRAROND, Ernest. Histoire de cinq villes et de 300 villages, hameaux ou fermes. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt. Paris, Abbeville : Dumoulin/Grave/Prévost, 1861-1868.
[rééd : Saint-Pierre-de-Salerne : G. Monfort, 1980].
L'édition complète comprend : 1re partie. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt ; 2e partie. Canton de Rue ; 3e partie. Saint-Valéry et les cantons voisins. - 2 vol. ; 4e partie. Saint-Riquier et les cantons voisins. - 2 vol.
p.204-216
Périodiques
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MOUNY, Sandrine. Le château d’Eaucourt-sur-Somme [en ligne]. Lille : Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2018.
Documents figurés
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Plan parcellaire d'Eaucourt-sur-Somme, dit cadastre napoléonien, Tableau d'assemblage, [s.d.] (AD Somme ; 3 P 1336/1).
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Plan parcellaire d'Eaucourt-sur-Somme, dit cadastre napoléonien, section A, [s.d.] (AD Somme ; 3 P 1336/2).
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Plan parcellaire d'Eaucourt-sur-Somme, dit cadastre napoléonien, section B, [s.d.] (AD Somme ; 3 P 1336/3).
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Ancien café Sannier-Pelletier sur le route du Val-de-Somme, carte postale, 1916 (AD Somme ; 134 J 276).
Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)
Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme
Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)