Dossier d’œuvre architecture IA80011215 | Réalisé par
Montauban Suzelle (Rédacteur)
Montauban Suzelle

Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)

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Abelé Céline (Rédacteur)
Abelé Céline

Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme

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  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Fermes de Balance
Œuvre repérée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Baie de Somme - Trois Vallées

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Rue
  • Commune Vron
  • Lieu-dit Balance
  • Adresse Chemin de Balance
  • Cadastre 1823 C 18, 19, 33 plan du cadastre napoléonien ; 2025 OC 30, 33, 34, 79 à 82, 91
  • Dénominations
    ferme
  • Appellations
    grange abbatiale de Balance, ferme abbatiale de Notre-Dame de Valloires
  • Autres parties constituantes
    pigeonnier

Aujourd’hui simple lieu-dit, le site de Balance a accueilli au XIIe et XIIIe siècles les prémices de l'abbaye cistercienne avant qu’elle ne se déplace à Valloires. Le site est ensuite devenu grange abbatiale dépendante de l’abbaye du XIVe siècle jusqu’à la Révolution française. Après la Révolution, la grange abbatiale disparaît au profit de la construction de trois nouvelles fermes ; certains bâtiments des XIX-XXe siècles qui en dépendent ont été conservés.

Origine de l’abbaye cistercienne

L’abbaye cistercienne est fondée en 1137 par le comte Guy II de Ponthieu. La charte de fondation est signée par lui et son épouse Ida, en présence de deux religieux de Cîteaux. Les moines s’installent dans un premier temps à Bonance (IA80007329), sur le territoire actuel de Port-le-Grand, à proximité d’un grand bois et du fleuve Somme.

De Bonance à Balance

Peu de temps après sa fondation, en 1140, la communauté déménage à Balance, sur le territoire de Vron, "un endroit plus accueillant et plus fertile que le site primitif d’implantation de Bonance" (Jaminon, 2006).

De Balance à Valloires

Les auteurs ayant étudié l’abbaye se contredisent sur la date d’installation définitive de la communauté religieuse au lieu-dit Valloires sur le territoire d’Argoules (IA80011229).

Pour François-Irénée Darsy (note dans l’ouvrage Bénéfices de l'église d'Amiens, 1730), la communauté obtient les terres de Balance dès 1138, données par Raoul de Beaurain, seigneur d’Argoules. Elle récupère ensuite les terres de Valloires en 1143, données par le comte Guy de Ponthieu. Il estime cependant, en se référant au répertoire des diocèses Gallia Christiana et à la chronique manuscrite du monastère, que les moines ne se déplacent sur ce troisième site qu’en 1226. Les chartes de l’époque antérieure à cette date mentionneraient en effet encore l’abbaye sous le nom de Balance et non de Valloires.

Pour Florence Charpentier et Xavier Daugy (Sur le chemin des abbayes de Picardie, 2008), les moines cisterciens s’installent à Valloires dès 1143, seulement trois ans après leur arrivée à Balance. Cette date coïncide avec l’obtention des terres rapportée par Darsy. Les auteurs indiquent également que les travaux pour la construction de l’église abbatiale de Valloires débutent en 1150.

D'après Albert Leroy (Les vieilles fermes du pays de Montreuil, 1972) les moines se sont bien installés en 1143 à Valloires, mais l’abbaye a conservé le nom de Balance jusqu’au XIVe siècle. Il reprend ainsi la datation la plus ancienne tout en soulignant, comme Darsy, l’incohérence du nom de la communauté.

Enfin, Raphaële Jaminon (Les granges de l’abbaye de Valloires, 2006) évoque la date de 1158, mais indique également que les moines se seraient déplacés vers Valloires en 1226 car "le local était trop élevé et trop peu spacieux".

La date de 1226 correspond à la fin de la construction des bâtiments abbatiaux à Valloires. Il est donc probable que le site de Balance ait pu coexister avec celui de Valloires le temps que l’intégralité de la nouvelle abbaye soit construite, expliquant ainsi les hypothèses contradictoires des différents auteurs.

Les granges abbatiales

Une fois la communauté déplacée, les bâtiments de Bonance et Balance restent propriété de l’abbaye. Ils sont transformés en granges abbatiales : des fermes dont dépendent des terres, des bois et des pâtures et dont le bénéfice revient aux moines.

Les religieux participent largement au défrichement des bois près de Balance.

Lors de la guerre de Cents Ans, la pénurie de main-d’œuvre (mortalité et exode rural) oblige les moines à affermer les granges : "la grange de Balance était baillée à ferme contre huit muids et quatre septiers de grains, moitié blé, moitié avoine" (Jaminon, 2006). La grange abbatiale perdure jusqu’à la Révolution française, date à laquelle l’abbaye de Valloires est dissoute.

Transformations en plusieurs fermes

Après l’abandon du site par les cisterciens trois fermes s’implantent au lieu-dit de Balance. En 1823, les propriétaires mentionnés dans l’état de section du cadastre napoléonien sont : Hecquet d’Orval fils, Auguste Barré cultivateur à Balance et Jacques Augustin Caroulle, propriétaire à Balance.

La ferme "Hecquet d’Orval fils" correspond à la parcelle 18 du plan du cadastre napoléonien. Elle se compose de quatre bâtiments construits autour d’une vaste cour dans laquelle prennent place trois autres constructions plus petites (dont vraisemblablement un pigeonnier) et une mare. D’après Albert Leroy, la ferme appartient en 1972 à la famille Garry depuis déjà quatre générations. Elle est ensuite rachetée par la famille Carlier qui possède déjà la ferme voisine. Les quatre bâtiments autour de la cour, déjà représentés sur le plan du cadastre napoléonien, ont été conservés jusqu’à aujourd’hui. L’espace de la mare existe encore également mais ne contient plus d’eau.

La seconde ferme, qui appartient à Auguste Barré en 1823, est la plus petite des trois (parcelle 19 du cadastre napoléonien). Sur le plan du cadastre napoléonien, deux bâtiments principaux encadrent une cour, et trois autres petites constructions complètent l’ensemble. Même si l'un des bâtiments a été conservé jusqu’à aujourd’hui (ses dimensions ont été transformées), cette deuxième ferme n’existe plus.

La troisième ferme, propriété de Jacques Caroulle, est la plus grande des trois exploitations agricoles (parcelle 33 du cadastre napoléonien). De nombreux bâtiments prennent place autour d’une vaste cour dans laquelle il y a deux mares et un pigeonnier. En 1869, le propriétaire fait construire une nouvelle maison encadrée d’écuries et d’étables (AD Somme ; 3 P 815/4). Au début des années 1930, la ferme appartient à Bernard Dubos. Elle est rachetée avant 1936 par Raoul Carlier (AD Somme ; 6 M 815). Les bâtiments qui ferment la cour au nord sont détruits lors d’une tempête en 1968 (témoignage oral). La famille Carlier rachète la ferme voisine mais l’exploitation est alors divisée en deux propriétés distinctes dans le dernier quart du XXe siècle. Une partie des granges, la maison construite en 1869 et le pigeonnier ont été conservés jusqu’à aujourd’hui.

D’après l’instituteur du village, il reste au début du XXe siècle quelques vestiges de la grange abbatiale "sous les bâtiments de l’une des fermes actuelles, et dans l’enclos qui l’entoure" (Prévost, s.d.). Par ailleurs, les traces de fondations de différents bâtiments au sud des fermes actuelles, qui correspondent sûrement à l’ancienne abbaye, ont été repérées par Roger Agache lors de ses prospections aériennes.

Le lieu-dit de Balance se situe à plus de deux kilomètres de la sortie du village. Il s’y trouve aujourd'hui deux fermes isolées, et quelques maisons, au bout du chemin de Balance. L’ancienne ferme de l'abbaye se situe dans le champ à l’ouest de ces fermes, à l’emplacement de l’actuel calvaire.

La ferme "Hecquet d’Orval fils" se compose de quatre bâtiments construits autour d’une cour (maison, grange, ancienne étable, ancienne bergerie). Une mare est aménagée au centre.

La ferme "Caroulle" possède encore la maison en brique et pierre, encadrée à droite d’une ancienne écurie et à gauche de bâtiments de stockage, tous deux en brique. Une imposante grange en pans de bois et torchis est construite à droite de cet ensemble. Un pigeonnier construit en brique, silex et pans de bois se dresse au milieu de la cour, à côté de la mare. Le torchis a été remplacé par un bardage de bois.

  • Murs
    • brique
    • torchis pan de bois
    • silex
  • Toits
    ardoise, tuile
  • Étages
    1 étage carré, en rez-de-chaussée surélevé, sous-sol
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • pignon couvert
  • État de conservation
    détruit
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • AD Somme. Série M ; Sous-série 6 M : 6 M 815. Recensements de population de Vron, 1836-1936.

  • AD Somme. Série P ; Sous-série 3 P : 3 P 815/3. État de section de Vron, [s.d.].

  • AD Somme. Série P ; Sous-série 3 P : 3 P 815/4. Matrice des propriétés foncières de Vron, 1828-1914.

Bibliographie

  • CHARPENTIER, Florence, DAUGY Xavier. Sur le chemin des abbayes de Picardie : histoire des abbayes picardes des origines à nos jours. Amiens : Encrage, 2008.

  • DARSY, François-Irénée. Bénéfices de l'église d'Amiens ou État général des biens, revenus et charges du clergé du diocèse d'Amiens en 1730. Amiens : E. Caillaux, 1869-1871. (Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie ; t. VII-VIII).

    Titre alternatif : État général des biens, revenus et charges du clergé du diocèse d'Amiens en 1730. 2 vol. (LXVI-510, 549 p.). Notes.

  • LEROY, Albert. Les vieilles fermes du pays de Montreuil. Montreuil : Bibliothèque des éditions locales, 1972-1973. 2 vol.

  • PRÉVOST. Commune de Vron. [non publié], 1905.

    Monographie du village réalisée par l'instituteur en 1905.

    AD Somme

Périodiques

  • JAMINON, Raphaële. Les granges de l'abbaye de Valloires dans le Ponthieu. Quadrilobe, 2006, n° 1.

Documents figurés

  • Extrait du plan parcellaire de Vron, dit cadastre napoléonien, Section C, 1823 (AD Somme ; 3 P 1503/4).

Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
Montauban Suzelle
Montauban Suzelle

Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)

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Abelé Céline
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