Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme
- inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
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Lefébure ThierryLefébure ThierryCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Photographe au Service régional de l'Inventaire des Hauts-de-France (2023).
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Rue
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Commune
Vron
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Lieu-dit
Hallots,
Callenges
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Dénominationsmaison, ferme
Développement du village
En 1823 (plan du cadastre napoléonien) l’habitat du village de Vron se concentre principalement autour des édifices communaux (église, école, mairie et presbytère), et du périmètre entre la place publique et la rue principale qui s’étend vers l’est (actuelle rue Léon-Ternisien). À cette date, la commune est traversée par la route qui relie Paris à Calais : cet axe de circulation très emprunté justifie la présence d’une halte pour les chevaux. Quelques édifices se situent le long de cette rue d’envergure, ainsi que sur trois autres rues secondaires au sud de la place (rue Montgreux, rue Louis-le-Grand, rue du Montauban). À cette époque, le village de Vron se compose également des hameaux de Callenges et des Hallots au sud ; des fermes de Moismont, Balance et du Bodoage à l’est et du hameau d’Avesnes, de la ferme de Hémencourt et de Pendé à l’ouest. Le village est assez important pour le secteur, avec déjà plus de 1000 habitants en 1793.
La population de Vron augmente au début du XIXe grâce à l’installation de la manufacture de faïence, passant de 1094 habitants en 1800 à 1370 en 1831. Pour accueillir ces nouveaux habitants, 310 maisons sont recensées dans le village et ses hameaux en 1836 (AD Somme ; 6 M 815).
La population diminue ensuite de manière constante jusqu’en 1881 pour atteindre le nombre de 925 habitants (445 personnes en moins en 50 ans), sûrement à la suite de la fermeture de la faïencerie (IA80011219), puis réaugmente légèrement, probablement grâce à l’implantation d’une sucrerie en 1883 (IA00076641). Le nombre d’habitations qui composent le village diminue tout au long du XIXe siècle (283 en 1872 ; 268 en 1881), puis stagne à partir des années 1880 jusqu’au début du XXe siècle.
Le nombre d'habitant atteint son niveau le plus bas en 1975 avec 676 Vronais et Vronaises, puis réaugmente petit à petit avec 839 résidents, à la faveur de la construction de nouveaux quartiers pavillonnaires et à l’installation de l’usine Pasquier dans la commune au début des années 1990. Les nouvelles maisons sont construites à partir des années 1980 en majorité le long de la rue qui relie le hameau de Callenges au village, réunissant définitivement les deux localités. Le village s’étend également à l’est et au sud de la rue Montgreux, avec la construction à cet endroit d’une nouvelle école à la fin des années 2010.
Les typologies de bâtis
Les fermes – le patrimoine vernaculaire
Les fermes et maisons "modestes"
En 1823, la majeure partie du bâti de Vron est formée de petites exploitations agricoles. Ces dernières, construites sur des parcelles en lanières, se composent d’une maison et d’un à trois bâtiments complémentaires dédiés au stockage ou à l’élevage. Sur la rue principale du Bout (actuelle rue Léon-Ternisien), les maisons sont construites en retrait de la rue, précédées d’une petite cour généralement ouverte. Sur la place publique, la forme des fermes est plus variée. Ce sont des exploitations de petite ou moyenne taille : quinze maisons sont édifiées directement le long de la place, et douze sont construites perpendiculairement à l’espace central.
Les exemples de maisons de cette typologie conservées jusqu’à aujourd’hui sont des édifices en rez-de-chaussée et en pans de bois et torchis. La couverture en chaume qui couvrait autrefois les toits à pans raides a été remplacée par des tuiles. C’est le cas des maisons 8 rue Maréchal-Leclerc, ou de la maison à gauche de la parcelle au 50 place Friez, toutes deux déjà représentées sur le plan de 1823 (ill.).
Les grandes fermes dans le cœur du village
Il existe plusieurs grandes fermes dans le village de Vron, dont certaines sont déjà représentées sur le plan de 1823 (49 route Nationale). D’autres sont de petites ou moyennes exploitations, agrandies au cours du XIXe siècle (33 et 35 rue du Maréchal-Leclerc) ; d’autres encore ont été entièrement bâties à partir du XIXe et au cours du XXe siècle (ferme du Bois-Thomas). L'une de ces grandes fermes, déjà présente sur le plan du cadastre napoléonien, appartenait au seigneur de Vron-en-Franchise, ce qui explique ses dimensions et la présence d’un haut mur en pierre calcaire délimitant sa parcelle (IA80011224). Les autres appartenaient à de grands cultivateurs terriens qui embauchaient des journaliers pour cultiver leurs terres.
Les grandes fermes isolées
Le village est également composé de plusieurs fermes isolées qui se distinguent par leurs dimensions et qui structurent le paysage de la commune. Certaines d’entre elles rappellent l’existence d’anciennes seigneuries (Hémencourt, Bodoage). D’autres ont été entièrement bâties au XIXe siècle ( IA80011217). Les deux fermes du lieu-dit de Balance, bien que construites aux XIXe siècle, rappellent l’emplacement de l’ancienne ferme abbatiale qui dépendait de l’abbaye de Valloires (IA80011215). Enfin, certaines conservent un patrimoine remarquable (pigeonnier de la ferme de Pendé - IA80011218 ; maison de la ferme de Moismont - IA80011216).
Les châteaux, les demeures et les villas - le patrimoine de villégiature
Le château d’Avesnes, à l’écart du reste du village, est l’ancienne résidence des seigneurs d’Avesnes. L’édifice a été transformé par ses propriétaires à la fin du XIXe siècle sur les plans de l’architecte Paul Delefortrie (1843-1910) (IA80011214) et profite d’un cadre naturel entre les étangs du Pendé et des espaces boisés.
Dans le village, plusieurs maisons se démarquent par leurs dimensions. Tout d’abord, le long de la route principale, une grande demeure, construite en 1770, a servi de manufacture de faïence entre 1798 et 1840 (IA80011219). L’édifice à étage est construit en pierre calcaire, ce qui le distingue des maisons en rez-de-chaussée (brique ou pans de bois et torchis) majoritaires dans la commune.
Une autre maison, plus tardive (vraisemblablement deuxième moitié du XIXe siècle) reprend les codes des demeures bourgeoises de cette époque (28 route de Callenges). Construite en brique, peinte en blanc, elle possède une cave, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré. Un escalier couvert d’un porche amène à l’entrée, fermé par une porte à double vantail et imposte vitrée. Les agrafes des ouvertures sont sculptées. Les demeures bourgeoises de cette période sont également construites le long de la route Nationale, tirant profit de l'axe passager (51 route Nationale).
Enfin, quelques maisons, plus modestes, se démarquent tout de même des autres habitations par la présence sur leur façade de lambrequins par exemple. C’est le cas de celle au 13 rue Léon-Ternisien.
Même si la demeure bourgeoise existe à Vron, elle reste cependant assez rare par rapport aux maisons plus modestes.
Maisons de bûcheron
Sur le plan de 1823, le hameau de Callenges est composé de petites habitations construites sur les parcelles en lanières. Au vu de la proximité du hameau avec les bois environnants, et les nombreux habitants qui exerçaient le métier de bûcherons dans les recensements de population de 1836 et 1851, ces maisons de dimensions modestes servaient vraisemblablement à les loger (AD Somme ; 6 M 815). Il ne reste plus d'exemple de ce type d'habitation aujourd'hui.
Les matériaux
Il existe encore à Vron de nombreux exemples de maisons ou de granges édifiées en pans de bois et torchis. Ces constructions possèdent parfois un ou plusieurs pignon(s) maçonné(s) (en brique ou en pierre calcaire) pour les rendre plus résistants aux intempéries. Cependant, ce matériau qui demande un entretien et un savoir-faire particulier se voit de plus en plus remplacé par des murs en parpaings recouverts (ou non) d’un enduit.
La brique est également très présente dans le village. Ce matériau a servi à la construction des édifices communaux, comme les écoles ou le presbytère ; il se généralise dans la construction des habitations à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. La brique a aussi été utilisée pour la construction d’édifices plus anciens mais plus nobles, à l’image du château d’Avesnes. Elle est également parfois mélangée à la pierre calcaire pour former une maçonnerie de type rouge barre, comme à la ferme du Pendé ou celle de Moismont. Enfin, elle sert aussi dans l’industrie - la sucrerie de Vron ayant entièrement été construite en brique.
À Vron, la pierre blanche se limite à quelques édifices, comme l’église, l’ancienne manufacture de faïence ou une partie de l’ancienne halte pour chevaux. Le calcaire, parfois accompagné du silex et brique, se retrouve également dans plusieurs murs de clôture qui délimitent certaines parcelles. Ces hauts murs (église, ferme Le Clos du Moulin, ferme 68 route Nationale) rappellent généralement l’ancienneté et la richesse des lieux qu’ils délimitent.
Le matériau de couverture privilégié à Vron est la tuile, mais l’église, les bâtiments communaux, le château d'Avesnes et quelques maisons sont couverts en ardoise.
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Période(s)
- Principale : Moyen Age
- Principale : Temps modernes
- Principale : Epoque contemporaine
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
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- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
Documents d'archives
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AD Somme. Série M ; Sous-série 6 M : 6 M 815. Recensements de population de Vron, 1836-1936.
Documents figurés
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Plan parcellaire de Vron, dit cadastre napoléonien, Section I, 1823 (AD Somme ; 3 P 1503/11).
Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)
Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme
Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)