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Ancien peignage de laine, puis filature et tissage de jute Saint Frères de Flixecourt

Dossier IA00076451 inclus dans La ville de Flixecourt réalisé en 1985

Fiche

Du premier peignage de laine à l'installation des frères Saint (1830-1857)

Le 15 décembre 1829, un terrain nu, bordant la route d'Amiens à Abbeville, et dépendant du domaine du château de Ville-Saint-Ouen (aujourd'hui Ville-le-Marclet) est vendu à Alexandre Laurent et Crépin Morant, industriels textiles à Amiens. Les deux industriels créent dans la foulée un peignage de laine. L'emplacement est identifié en 1834 sur le plan cadastral, dit plan napoléonien, qui distingue de part et d'autre de l'actuelle rue Deladerrière "La Fabrique" et "Le Pavillon" qui en dépend. D'après ce plan, le peignage se compose d'un logis longeant la route et de six autres bâtiments délimitant la cour. Mais cette aventure est de courte durée pour les industriels qui revendent leur peignage en 1835 à Alexandre Deladerrière, également industriel notoire à Amiens. Perpendiculairement aux ateliers existants, Deladerrière fait construire un nouveau peignage de laine de 51 m de long sur 13 m de large, représenté schématiquement sur un document annexé à la vente de 1841 et décrit à cette occasion comme "pouvant contenir 250 peigneurs qui se trouvent facilement dans la commune et celles voisines". Entraîné dans la faillite de son entreprise, l'industriel est contraint de vendre ses ateliers de Flixecourt en 1841. Jusqu'en 1857, plusieurs autres industriels se succèdent et adaptent les bâtiments à leur activité ou complètent le site, à l'image de Pierre Cordier qui, entre 1847 et 1851, fait construire plusieurs ateliers. Le recensement de population effectué en 1851 souligne l'importance de premier établissement industriel, où travaillent 141 peigneurs de laine. A la mort de Pierre Cordier en 1856, le site est vendu par adjudication et acquis en janvier 1857 par les frères Saint, négociants et fabricants textiles à Beauval. Ils trouvent à Flixecourt l'emplacement idéal pour développer de manière industrielle le tissage mécanique du jute, qu'ils viennent de mettre au point.

Le développement industriel de Saint Frères (1858-1914)

Lorsque les frères Saint achètent le peignage de laine, il semble, d'après l'état actuel des connaissances, que le peignage de laine soit d'abord transformé en "fabrique à métiers". Les frères Saint installent un premier atelier de tissage manuel de toile de chanvre et de lin et le complètent rapidement par un atelier de tissage mécanique de jute, où les métiers à tisser sont actionnés par une machine à vapeur, installée en septembre 1857. En 1859, les ateliers font l'objet d'agrandissements. Au cours de la décennie suivante, l'entreprise développe son activité sur les sites d'Harondel et de Saint-Ouen, où se concentrent la majeure partie des capitaux. Néanmoins, l'usine de Flixecourt manque de place. En 1873, l'entreprise projette alors de construire de nouveaux ateliers de tissage qui remplacent les précédentes dispositions. L'usine reste cependant cantonnée sur les hauteurs de Flixecourt et trouve ses extensions sur les parcelles à l'est, vers Ville-le-Marclet. D'après les matrices foncières, les bâtiments neufs sont imposés à partir de 1875.

Après le décès de Jean-Baptiste Saint, en 1881, une impulsion nouvelle est amorcée par Charles Saint, qui décide d'accroître encore la surface des bâtiments et d'augmenter le nombre d'ouvriers. L'ambition nécessite désormais d'investir la partie basse de la déclivité pour rejoindre la ligne de chemin de fer, construite à l'initiative de l'entreprise en 1867. Toutefois, l'autorisation tardive de la municipalité de Flixecourt sur la suppression d'un chemin existant ajourne le projet jusqu'en 1887. Les extensions du tissage de toiles et la construction de la bâcherie sont très vraisemblablement réalisées par l'ingénieur et architecte roubaisien, Victor Dubreuil, qui est mentionné en 1889 comme auteur de plans (aujourd'hui disparus). Dubreuil, qui avait fondé son agence d'architecture industrielle à Roubaix en 1873, était notamment réputé pour avoir mis au point un système de structure métallique à longue portée, particulièrement adapté aux nouveaux ateliers de tissages et à la bâcherie de Flixecourt. Il aurait été secondé localement par Abel Caron, ingénieur en charge des constructions pour l'entreprise depuis 1883. Ces travaux d'extension sont menés de 1891 à 1895. Au cours de la même période, les ateliers, construits en 1873, sont démontés et laissent place à de nouveaux ateliers, reliés à ceux "du bas" par un système de tunnel abritant un large escalier. Cette phase importante d'agrandissement est sensible sur l'évolution du personnel de l'usine qui augmente d'environ 20 % et atteint 520 salariés en 1895.

En 1900, l'usine est complétée de magasins d'expédition et de la sacherie, dont la façade donnant sur la route nationale est animée d’inscriptions énumérant, sous le nom de l'entreprise, les diverses productions de l’entreprise. A l'époque, Saint Frères atteint la production annuelle de 8 millions de sacs. A la veille de la Première Guerre mondiale, le site de production de Flixecourt couvre une superficie de 9 ha.

De la crise des années 1930 à la fermeture de l'usine

A partir de 1930, l'entreprise peine à se renouveler et dans un contexte de crise, la production tourne au ralenti. Si le site de Flixecourt n'est pas menacé, plusieurs ateliers sont arrêtés au cours de cette période. L'important atelier de tissage est mis au chômage en 1934. A la suite de la destruction, le 5 juin 1940, de l'atelier de recherche sur un métier à tisser circulaire, dit atelier Rotatiss, qui avait été établi à l'usine de Longpré-les-Corps-Saint, et du démontage en urgence des quelques métiers prototypes qui avaient échappé au bombardement, Saint Frères décide de remonter cet atelier de recherche à Flixecourt à partir de 1942. De cet atelier sort une innovation technique majeure : le métier à tisser circulaire. L'entreprise équipe d'abord le tissage de Beauval avant d'étendre ce nouveau métier aux autres usines et de le commercialiser par la suite. Dans cette dynamique, l'atelier de recherche est d'ailleurs transformé en Atelier de Construction Mécanique (ACM) à partir de 1945. D'autres investissements importants sont engagés par l'entreprise après la Seconde Guerre mondiale, notamment dans le secteur des matières plastiques. Entre 1945 et 1955, plusieurs ateliers de polyéthylène et d'enduction PVC pour bâches sont créées, ainsi que la Compagnie industrielle des textiles et emballages plastiques (CITEP). En 1963, Saint Frères retrouve le premier rang du secteur en France, avec le dynamisme qui le caractérise. Pourtant, quelques années après, Christian Saint, actionnaire majoritaire, est contraint de vendre ses parts au groupe Willot. En 1978, le capital Saint Frères sert à racheter Boussac et entraîne progressivement les usines de la vallée de la Nièvre vers la liquidation. Après une lutte sociale importante, l'usine de Flixecourt ferme ses portes en 1990. Une petite partie du site est reprise par une entreprise familiale belge, spécialisée dans la confection de bâches enduites de très grandes largeurs. Après la destruction de certains ateliers secondaires et la construction d'un nouvel espace industriel, afin de permettre la poursuite de l'activité, le site a été inscrit Monument historique en 1998.

Équipement industriel et machines

En 1857 : machine à vapeur actionnant les métiers à tisser le jute (les premiers en France). En 1890, l'usine fonctionne avec trois générateurs. En 1893 : 5 générateurs. En 1896 : 6 chaudières à vapeur pour les seuls ateliers de teinturerie. En 1920 : installation de chaudières Babcock et Wilcox. 19e et 20e siècles : mention de matériel anglais et de matériel fabriqué sur place. Étudiées en 1983 : presse à calandre de 1909 et presse hydraulique Urquhart Lindsay Dundee de 1894.

Approche sociale et évolution des effectifs

En 1851, le recensement de la population de Flixecourt dénombre 141 peigneurs de laine, qui travaillent logiquement dans le seul établissement industriel du bourg. En 1857, le premier tissage de jute Saint Frères emploie 150 personnes, mais bientôt l'effectif évolue de manière spectaculaire. Déjà en 1865, il compte 450 employés, puis 520 en 1874, et 700 en 1883. En 1888, l'usine emploie 738 personnes. Bien qu'elle soit considérée comme l'usine mère, l'unité de production de Flixecourt n'est pas touchée par les grèves importantes observées dans l'industrie textile en 1904. En 1914, l'usine compte 1754 salariés. En 1930, au moment des grèves de l'été, contre l'application de la loi relative aux assurances sociales qui prévoit une contribution ouvrière égale à la contribution patronale, l'effectif de l'usine est de 1424 salariés. En 1939, l'usine compte 1300 ouvriers.

Précision dénomination filature de jute
tissage de jute
Appellations Saint Frères
Dénominations filature, tissage
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Picquigny
Adresse Commune : Flixecourt
Adresse : rue Courbet , rue Deladerrière , rue Marius-Sire
Précisions oeuvre située en partie sur la commune Ville-le-Marclet
Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle , (détruit)
Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle
Dates 1857, daté par source
1884, daté par source
1886, daté par source
1891, daté par source
1895, daté par source
1901, daté par source
1905, daté par source
1910, daté par source
Auteur(s) Auteur : Caron Abel,
Abel Caron

Ingénieur des Arts et Métiers de Châlons, promotion 1874-1877.

Chef du service constructions Saint Frères de 1878 à 1912. (Sources : Lefebvre. Saint Frères. Un siècle de textile en Picardie, p. 143)


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ingénieur de l'entreprise, architecte, attribution par source
Auteur : Dubreuil Victor,
Victor Dubreuil (1842 - 1896)

Ingénieur diplômé des Arts et Métiers de Châlons (promotion 1858), Victor Dubreuil débute sa carrière comme contremaître, puis directeur de la filature de coton Delattre père et fils à Roubaix. Après la guerre de 1870, où il est mobilisé, il fonde en 1873 à Roubaix un bureau d'ingénieur et architecte industriel. Il est particulièrement réputé pour remplacer systématiquement le fer dans les constructions et établit des tabliers métalliques à grande portée. L'ensemble de ses procédés de construction lui fait obtenir l'étude d'importants établissements aussi bien dans la région Nord, en Picardie mais aussi à l'étranger. Il est notamment chargé de bâtir en Belgique, Allemagne, Autriche, Italie et Mexique de vastes ensembles. On lui doit, par exemple, la coupole métallique et toute la charpente en fer du théâtre d'Elbeuf. (sources : Patrons de France).


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architecte, ingénieur, (?), attribution par source

L'ensemble industriel de Flixecourt s'étend à mi pente du versant nord de la vallée de la Nièvre, le long de la route nationale qui mène à Abbeville. Il est délimité au nord par l'ancienne allée du château de Ville-le-Marclet, dont les pilastres qui en marquaient l'entrée sont encore partiellement présents, et au sud, par la voie ferrée construite par l'entreprise elle-même pour relier Flixecourt aux autres sites de production de l'entreprise répartis la vallée de la Nièvre. L'ensemble, qui couvrait plus de 9 ha à la veille de la Première Guerre mondiale, se compose de trois principaux groupes de bâtiments. Ils correspondent chacun à une phase d'extension. Si les bâtiments subsistants marquent encore de manière significative le paysage urbain de Flixecourt, près des deux tiers des ateliers et bâtiments ont été démolis depuis les années 1970 et plus encore depuis les années 1990. La zone la plus au sud, le long de l'ancienne voie ferrée a laissé place à de nouveaux bâtiments industriels liés à l'exploitation actuelle du site. De même, les trois hautes cheminées en brique qui ponctuaient cet ensemble ont été démontées.

La particularité du site tient à la topographie des lieux, en forte déclivité, ainsi qu'à la présence de plusieurs routes qui traversent le site et qui appartiennent au domaine public. Ces contraintes ont obligé l'entreprise à trouver des modes de communication et de circulation alternatifs, pour passer d'un bâtiment à l'autre sans devoir traverser la route. La solution a été d'utiliser une passerelle couverte suspendue (supprimée après 1992), ainsi qu'un vaste tunnel qui relie le tissage du haut à la bâcherie par un escalier droit.

L'entrée principale du premier tissage est située face à l'ancien logement patronal, dit Château Rouge. Elle débouche sur une cour rectangulaire qui distribue plusieurs bâtiments en brique. A gauche, la conciergerie avec logement au premier étage, développe une élévation sur rue de cinq larges travées, avec toit à longs pans et croupes. Le même module constructif sert à l'atelier élevé de l'autre côté de l'entrée. Avec la déclivité du terrain il présente, une élévation à trois niveaux sur sept travées bien séparées par un jeu de pilastres en brique, et éclairés régulièrement par de larges fenêtres cintrées. Ce bâtiment est couvert d'un toit en tuiles mécaniques à longs pans, pignon couvert d'un côté et croupe de l'autre, en raison d'un pan coupé de l'élévation qui donne sur la cour. Ce bâtiment est prolongé par la chaufferie, qui présente la particularité de recevoir une charpente métallique et une série d'oculus qui éclaire le niveau supérieur. Ses quatre travées à pignons de façade sont coiffées de toitures individuelles. La cheminée tronconique en brique qui l'accompagnait logiquement a été démontée. Face à la chaufferie, de l'autre côté de la cour se développent les ateliers de tissage couverts de sheds. Profitant de la déclivité du terrain, ces ateliers, en apparence de plain-pieds depuis la cour, sont en fait doublés d'un étage en sous-sol, soutenus par une série de colonnes cylindriques en fonte. Au milieu, des rails témoignent d'une utilisation de wagonnets qui permettaient d'acheminer la matière première jusqu'aux postes de travail ou d’emmener les toiles tissées vers d'autres étapes de transformation. La pente du terrain permettait à l'atelier de bénéficier d'un éclairage latéral assuré du côté sud par de hautes fenêtres rectangulaires. Un monte-charge reliait également les deux niveaux.

En contrebas de ce premier ensemble, la bâcherie est reliée au tissage par un tunnel abritant un large escalier. Elle se déploie sur deux niveaux d'élévation, avec dix-huit pignons de façade, animé par un jeu d'arcatures colossales en brique qui englobent les deux niveaux. Le rez-de-chaussée est éclairé du côté sud par deux baies verticales, à petits carreaux, inscrites dans la largeur de la travées et réunies par un linteau métallique, tandis que l'étage n'est percé que d'une seule baie, dans la partie supérieure de l'axe de la travée. Chaque travée est marquée d'un fer d'ancrage ovale qui porte les initiales SF de l'entreprise.

Le troisième et dernier ensemble de bâtiments, qui permet de rejoindre la ligne de chemin de fer, est séparé de la bâcherie par la rue de Ville-le-Marclet. Il est marqué par la construction emblématique des magasins, dont les façades en briques servent de support publicitaire à l'entreprise. Au-dessus des larges baies qui éclairent le rez-de-chaussée de la façade donnant sur la route nationale, une frise, compartimentée au rythme des travées, sert de support à décliner toute la production de l'entreprise : stores / sacs / cordages / bâches. L'angle arrondi permet de placer une des inscriptions susceptible d'être visible en venant d'Abbeville. Enfin, le toit, formé d'une terrasse en ciment, est masqué par un parapet qui sert également de support au nom même de l'entreprise Saint Frères, qui couronne ainsi toute la production.

Murs brique
Toit tuile mécanique, ardoise, ciment en couverture, verre en couverture
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans croupe
pignon découvert
shed
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier droit, en charpente
Autres organes de circulations monte-charge

Ce dossier de repérage du patrimoine industriel établi en 1985 a été mis à jour et enrichi en 2008 dans le cadre de l'inventaire topographique du Val-de-Nièvre.

Statut de la propriété propriété publique
propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables atelier de fabrication
Protections inscrit MH partiellement, 1998/12/23
Précisions sur la protection

Les bâtiments de l´usine présentés dans le dossier de protection : n° 1 (l´atelier de fabrication construit après 1901), 3, 4, 5, 6, 7 et 8 du plan de situation (cad. AD 285, 286) : inscription par arrêté du 23 décembre 1998.

Annexes

  • Description de l'usine de Flixecourt. Etablissements Saint Frères. In : TURGAN. Les Grandes usines de la France, t. XV. 1883, p. 13-15.

    Là se trouvent d'abord l'administration centrale, puis des tissages et les différents services accessoires nécessaires pour donner les dernières façons aux tissus fabriqués ainsi une teinturerie, une bâcherie, des ateliers de couture mécaniques et autres spécialisés d'importance moindre.

    Le tissage n'est pas simple comme celui de Flixecourt n'est pas simple comme celui d'Harondel ; on y fabrique au contraire toute sorte de tissus, depuis les sangles de trois ou quatre centimètres jusqu'aux étoffes d'ameublement, portière et rideaux, si à la mode depuis quelques années; quelques-uns d'entre eux ont jusqu'à deux mètres de large.

    Dans l'atelier de tissage ordinaire, on fabrique des sacs sans couture, un double jeu de chaînes permet à la navette de passer tantôt en dessous, tantôt en dessus, et pour terminer le sac, il ne reste plus qu'à faire passer la canette dans la double chaîne ; l'ourlet se fait aussi mécaniquement. Il se fait à Flixecourt environ six millions de sacs par an. La couture à la main en exécute environ 7000 par jour, 13000 sont produits mécaniquement, dans un atelier très intéressant, où une longue file de couseuses reçoivent l'une après l'autre les toiles découpées mécaniquement à la dimension des sacs à faire. Les femmes n'ont qu'à accrocher et décrocher avec une extrême agilité les sacs qui passent rapidement devant elles, entrainées par un mouvement de translation. C'est un magnifique atelier, vaste clair comme tous ceux des établissements Saint Frères.

    Près de l'atelier des machines à coudre est la fabrique de bâches qui a elle seule forme une industrie importante. Là, on fabrique des toiles imperméables soit simplement passées au sulfate de fer, soit enduites d'un magma huileux et siccatif de composition plus ou moins chère. Il se fait une qualité considérable de ces bâches propres à servir de couverture dans un grand nombre de cas, soit pour créer rapidement des hangars, soit pour couvrir sur les ports et les quais de marchandises débarqués, pour servir d'abri d'abri sur les bateaux, les charrettes considérablement sur les wagons.

    Comme annexes de la bâcherie sont les salles où l'on prépare les toiles renforcées de papier, les toiles gommées, les toiles durcies avec apprêt pour couturières et tailleurs, et un certain nombre d'autres produits analogues suivant la demande.

    A côté, au bas de la vallée, parallèlement au chemin de fer sont les ateliers de teinture, très bien agencés et conduits par un personnel actif et chercheur. Dans cette teinturerie se préparent ces beaux tons bleus, jaunes, rouge et orange qui ont contribué à faire le succès des étoffes en jute pour ameublement. C'est à Flixecourt et sur des métiers très intéressants que se tissent les fils colorés dont les plus simples donnent les toiles à paillasses, quadrillées en divers écossais. Une boite à navette latérale aux métiers monte et descend, de façon à présenter alternativement, en face de l'entretoisure des fils de chaînes, soit la canette blanche, soit les canettes colorées. D'autres métiers se compliquent graduellement jusqu'au Jacquart le plus ouvragé et tissent des rideaux tout fait à couleur vive et à dessins tranchés. [...] Ils tissent également des tapis de table assortis aux rideaux, et des étoffes en pièces [...].

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série E ; 3 E 6329. Inventaire après décès de Jean-Baptiste Saint, 23 février 1881. Etude de Me Toupart, notaire à Flixecourt.

  • AD Somme. Série M ; 99 M 96834/2. Flixecourt. Établissements insalubres ou dangereux. déclaration de machine à vapeur dans la fabrique de toile Saint-Frères, 1857.

  • AD Somme. Série M ; 99 M 96838/1 : Flixecourt. Établissements insalubres ou dangereux. Déclaration de machine à vapeur dans la fabrique de toile Saint Frères, 1861.

  • AD Somme. Série M ; 99 M 96841/3 : Flixecourt. Établissements insalubres ou dangereux. Déclaration de machine à vapeur dans la fabrique de toile Saint Frères, 1868.

  • AD Somme. Série S ; 99 S 318/5 : Flixecourt, routes moulins et usines (1833-1889).

  • AD Somme. Série W ; 71 W 156. Archives de la direction des dommages de guerres du MRU, Flixecourt Saint Frères, 1940-1955 : créances, rapports d'expertise, état des stocks, déclaration de sinistres, plans.

Documents figurés
  • Plan de la Fabrique et du Pavillon de Flixecourt. Extrait du plan cadastral napoléonien, section A2, dite du Chef-lieu, levé par Fauvel et Merchet, géomètres, 1833 (AD Somme ; 3 P 1619/3).

  • [Plan schématique annexé à] l'annonce de la vente d’un grand établissement à usage de peignerie de laine, avec ses dépendance donnant sur la route d'Amiens à Abbeville. Encre sur papier. 6 août 1841. Étude de Me Allart, notaire à Amiens (AD Somme, 3 E 24176).

  • Plan annexé à la demande d'installation d'une machine à vapeur dans le tissage de toile Saint Frères. Commune de Flixecourt. Encre et lavis sur papier, 2 septembre 1857. (AD Somme ; 99 M 96834/2).

  • [Plan masse du tissage de jute Saint Frères, annexé à une demande de raccordement en eau d'une fontaine publique et d'un réservoir pour les locomotives, à partir de la chaudière de l'usine]. Encre sur papier. 2 mai 1876. (AD Somme ; 99 S 318/5).

  • Plan d'implantation des bâtiments de la blanchisserie et de la teinturerie Saint Frères, encre sur calque, 1881 (AD Somme ; 99 O 1708).

  • Entrée de l'usine de Maraucourt, lithographie d'après Henri Lanos. In : Hector Malot, En famille. Paris : Flammarion, 1893 (coll. part.).

    p. 191
  • Atelier de la filature de Maraucourt, lithographie d'après Henri Lanos, in Hector Malot, En famille. Paris : Flammarion, 1893 (coll. part.).

    p. 205
  • AD Somme. Série Fi ; 10 Fi 104. Plan de situation des bâtiments de l'usine de Flixecourt, [s.d.].

Bibliographie
  • DE SAINT-FOIX. Rapport sur l'exposition internationale industrielle d'Amsterdam en 1883 adressé à M. le ministre du Commerce. Paris. Imprimerie nationale, 1885.

    p. 132-133.
  • PICARDIE. Inventaire général du patrimoine culturel. Le Val de Nièvre, un territoire à l'épreuve de l'industrie. Réd. Frédéric Fournis, Bertrand Fournier, et al. ; photogr. Marie-Laure Monnehay-Vulliet, Thierry Lefébure. Lyon : Lieux Dits, 2013. (Images du patrimoine ; 278).

    p. 19-25, 96-97.
  • LEFEBVRE, François. Saint Frères. Un siècle de textile en Picardie. Amiens : Encrage, 2002.

    p. 31
  • LEFEBVRE, François. Une famille d'industriels dans le département de la Somme de 1857 à la veille de la Seconde Guerre mondiale : Les Saint. Approche d'une mentalité patronale. Lille : Atelier National de Reproduction des Thèses, 2000. Th. doct : Histoire : Amiens université de Picardie Jules Verne : 1998.

    p.362-364.
  • MALOT, Hector. En famille. Paris : Flammarion, 1893.

  • WISCART, Jean-Marie. Les patrons du Second Empire. Picardie. Picard et Cénomane, 2007.

    p. 141-145.
  • Nécrologie de Dubreuil, Victor. Société des anciens élèves des écoles nationales d'arts et métiers, Bulletin administratif, Vol. 1111. n° 3, mars 1896.

    p. 241-248.
  • Compte-rendu d'une visite faite par la commission du comité des fils et tissus aux usines de MM. Saint Frères à Flixecourt. Bulletin de la Société industrielle d'Amiens, t. XX, 1882.

    p. 525-542.
  • SAINT FRÈRES. L'activité sociale des usines Saint Frères.

    n°40. Janvier 1947
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Dufournier Benoît - Fournier Bertrand