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Ancienne demeure d'Alice Saint, dite Château blanc à Flixecourt

Dossier IA00076686 inclus dans La ville de Flixecourt réalisé en 1985

Fiche

Á rapprocher de

Appellations Château blanc
Parties constituantes non étudiées cour, jardin
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Picquigny
Adresse Commune : Flixecourt
Adresse : 14 rue Courbet , rue de Chanzy

À la suite du mariage de son fils René en 1912, Alice Saint (1858-1940), veuve d'Henri Saint, principal administrateur de l'entreprise familiale de 1890 à 1907, décide de laisser la demeure dite Château Rouge, où elle réside, au jeune couple, et entreprend de faire construire une nouvelle demeure, en contrebas dans la même rue. Elle en confie la réalisation à l'architecte tourquenois Charles Bourgeois (1878-1941), dont la signature figure à droite de l'entrée sur rue. L'immeuble est achevé en 1913. Bien que formé auprès des architectes modernistes bruxellois Paul Ankar et Victor Horta, Charles Bourgeois, réputé comme l'un des chefs de fil de l'Art Nouveau de la région lilloise, choisit à Flixecourt un style architectural très classique, voire académique, que l'on retrouve également dans la distribution et le décor intérieurs. Seuls quelques éléments de décor floral (encadrement des baies des élévations, verrières, rampe d'escalier), timide influence du style Art nouveau, ainsi que le sobre décor boisé de l'ancienne salle à manger, trahissent une construction du début du 20e siècle.

Construit principalement en pierre de taille, le château prend très vite le nom de Château Blanc, en opposition au Château rouge, construit en brique. Il demeure la résidence d'Alice Saint Jusqu'à son décès en 1940. Après cette date, l'immeuble est repris par la société Saint Frères qui procède à quelques aménagements intérieurs et le rebaptise en Résidence, destiné aux dirigeants de l'entreprise, tels que Henri Pelcé, ou l'ingénieur Malafosse, à l'origine du métier à tisser circulaire.

Vers 1975, le château est transformé en hôtel, avant d'être revendu en 1990. Il devient alors un foyer de vie pour personnes en situation de handicap psychique stabilisé. En 2005, le bâtiment est victime d'un incendie qui affecte particulièrement les combles et les étages supérieurs. L'ensemble est restauré et complété en 2007 par un bâtiment d'hébergement pour les résidents. Depuis janvier 2013, le site est géré par l'ADEPEI (Association départementale de parents et amis de personnes handicapées mentales).

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Dates 1913, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Saint Alice, commanditaire, attribution par source
Auteur : Bourgeois Charles,
Charles Bourgeois (1878 - 1941)

Charles Bourgeois (1878-1941) est un architecte formé d'abord aux côtés de son père, Jules Bourgeois, puis de Paul Saintenoy, architecte moderniste Bruxellois. De son séjour bruxellois, il côtoie régulièrement Victor Horta et Paul Hankar. Il s'installe ensuite à Tourcoing en 1905 et travaille aux côtés de son père, qui lui fait profiter d'une large clientèle bourgeoise. Charles Bourgeois devient l'un des chefs de file de l'Art Nouveau à Tourcoing. Il devient, en parallèle de son activité, directeur de l'école des Beaux-Arts de Tourcoing en 1906.

Ses réalisations s'étendant dans toute la métropole lilloise ainsi que sur la cote d'Opale (Wimereux).

Son intervention dans la Somme est plus exceptionnelle.


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architecte, signature

Le Château blanc est implanté sur une vaste parcelle située entre la route nationale, qui fournit l'accès officiel, et la rue de Chanzy qui prolonge la rue Gambetta, et qui permet un autre accès, plus domestique, au jardin et à l'arrière de la propriété.

La forte déclivité du terrain entre ces deux axes de circulation a incité l'architecte à adopter des traitements différents pour chacune des façades, donnant l'impression de deux volumes accolés : une impression renforcée par le traitement des toitures différenciées. La façade qui borde en léger retrait la route nationale, face à la bâcherie du tissage de jute Saint Frères qu'elle domine, présente une élévation ordonnancée à quatre niveaux de sept travées, avec une travée centrale plus large. Le rez-de chaussée en pierre de taille est surmonté de deux étages carrés en briques et d'un étage de comble, couvert d'un toit en ardoise, à longs pans brisés en pavillon. De ce côté, les baies occupent une travée sur deux. Elles sont encadrées de chambranles en pierre de taille et ornées de coquilles en agrafe et guirlandes de laurier. Elles sont en plein cintre au rez-de-chaussée, cintrées au premier étage et rectangulaire avec fronton triangulaire au second. Les travées aveugles des étages sont ornées de niches avec pots-à-feux sur consoles à crossettes au premier étage, et de niches vierges au second étage. La travée centrale, qui accueille l'entrée principale est traitée entièrement en pierre. L'étage de comble est éclairé par une série de lucarnes de toit.

La façade postérieure, dite sur jardin, se distingue par la présence d'un étage de soubassement qui porte l'élévation à cinq niveaux, et par un percement de baies beaucoup plus régulier de chaque travées. L'axe est une nouvelle fois souligné par une largeur plus importante et la présence de l'entrée principale accessible par un escalier à volée double et repos de perron. L'étage de comble, couvert d'un toit en ardoise à longs pans brisés en pavillon, distinct de celle couvrant la partie sur rue. Cet étage de comble est éclairé de six lucarnes de toit en pierre de taille à fronton triangulaire, encadrant la lucarne centrale, qui elle, est beaucoup plus large et reçoit un couronnement à fronton cintré.

À l'image de l'architecture classique de la demeure, l'aménagement présente un certain nombre de caractères propres à l'architecture domestique de la fin du 19e et du début du 20e siècle (distribution en enfilade, escalier de pierre tournant, vastes espaces de distribution et de réception, décor architectural).

Bordant le jardin au nord, les anciens communs forment un bâtiment en brique et pierre à deux niveaux avec façade symétrique à sept travées.

Murs calcaire moyen appareil
brique
Toit ardoise
Étages sous-sol, 2 étages carrés, étage de comble
Couvertures toit à longs pans brisés croupe brisée
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier en équerre
Techniques ferronnerie
menuiserie

sculpture
vitrail
Précision représentations

Les éléments architecturaux des élévations extérieures sont soulignés d'une ornementation végétale (frontons, corniches, clefs des baies). les vestibules haut et bas ont conservé pour l'un des colonnes cannelées en calcaire, pour l'autre ses menuiseries architecturales (ancadrement de baies, corniches, niches).

Les verrières de l'escalier et de l'actuelle salle de réunion sont des compositions à motifs floraux, que l'on retrouve également sur la rampe en fer forgé.

L'ancienne salle à manger a conservé un décor de menuiserie (lambris de demi-hauteur, cheminée) formé de panneaux carrés de chêne clair.

Demeure élevée dans le style historiciste classique de la fin du 19e et du début du 20e siècle, avec une discrète incursion dans le décor du style Art nouveau.

Ce dossier de repérage du patrimoine industriel établi en 1986 a été mis à jour et enrichi en 2008 dans le cadre de l'inventaire topographique du Val-de-Nièvre.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • DEBRIE, Christine. Flixecourt. In : THIEBAUT, Jacques (dir). Dictionnaire des châteaux de France. Artois, Flandre, Hainaut, Picardie. Paris : Berger-Levrault, 1978.

    p. 147
  • FOURNIER, Bertrand. Van Robais et Saint Frères, l'héritage de deux dynasties industrielles de la Somme. VMF n°234. Septembre 2010 : La Somme.

    p. 42-49
  • LEBLAN, Perrine. Charles Bourgeois (1878-1941), architecte. Mémoire de maîtrise. Paris, Université Paris IV Sorbonne, 1987.

  • PICARDIE. Inventaire général du patrimoine culturel. Le Val de Nièvre, un territoire à l'épreuve de l'industrie. Réd. Frédéric Fournis, Bertrand Fournier, et al. ; photogr. Marie-Laure Monnehay-Vulliet, Thierry Lefébure. Lyon : Lieux Dits, 2013. (Images du patrimoine ; 278).

    p. 84
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Dufournier Benoît - Fournier Bertrand