Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Cité ouvrière Mariolle à Saint-Quentin

Dossier IA02002914 inclus dans Les établissements industriels du faubourg d'Isle réalisé en 2005

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Appellations Mariolle
Dénominations cité ouvrière
Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
Adresse Commune : Saint-Quentin
Lieu-dit : faubourg d' Isle
Adresse : 59 à 81 rue de La Fère
Cadastre : 2004 BX 188, 353 à 356, 366, 370, 371, 329 à 350

En 1924, Henry Mariolle fait édifier cette cité ouvrière de quatorze logements, en face de son usine de construction mécanique implantée dans ce quartier à partir de 1910. Henry Mariolle fonde à cette occasion une société immobilière, la Société Somme - Aisne - Oise, et fait appel à l'architecte Georges Dechard. Les établissements Mariolle ferment à la fin des années 1930 ; leur succède l'entreprise de construction de wagons Georges Mariage. Les logements ouvriers sont les seuls témoins de ce site industriel, dont les ateliers ont été rasés entièrement dans les années 1990.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1924, daté par source
Auteur(s) Auteur : Dechard Georges, architecte, attribution par source
Personnalité : Mariolle Henry, commanditaire, attribution par source

Cette cité ouvrière est composée de quatorze logements répartis en deux groupes, de onze et trois logements, bâtis suivant deux types. Le groupe de onze logements est formé de deux habitations de six pièces construites en brique silico-calcaire, à un étage carré et étage en surcroît percé de lucarnes (salle à manger, salon, cuisine, quatre chambres dont une dans les combles), formant pavillon et cantonnant huit habitations de quatre pièces (deux par niveau) construites en brique d'argile rouge, à un étage carré. Au centre, l'axe de symétrie est marqué par un traitement en ressaut du logement central, à cinq pièces (pièce supplémentaire aménagée dans les combles) construit lui aussi en brique silico-calcaire, à un étage carré et étage en surcroît, faisant ainsi écho aux grandes habitations latérales. Une lucarne-pignon en façade, avec enduit en faux pan de bois et demi-croupe, accentue l'axialité. Afin d'atteindre l'effet de symétrie, la façade de chacun des plus petits logements étant percée au rez-de-chaussée d'une porte et d'une baie qui interdisent de fait une composition de symétrie, ce ressaut intègre la travée de la porte d'entrée du sixième logement. Ce artifice créé ainsi un décrochement au niveau de la chambre sur rue de ce logement. Le groupe de trois logements est formé de deux habitations de six pièces formant pavillon, similaires aux deux du groupe précédent (brique silico-calcaire, etc.), encadrant une habitation en brique rouge, non pas du même type que les huit du groupe précédent, mais plus vaste, de six pièces réparties sur deux niveaux, avec une composition symétrique de la façade antérieure (deux travées de baie encadrant une porte). Entre ces deux groupes, alignés sur la rue de La Fère, est aménagé un large passage donnant accès aux jardins, à l'arrière des cours de logements. Les deux pavillons encadrant cet accès sont traités en pan coupé. Le rez-de-chaussée de l'un d'entre eux est aujourd'hui occupé par un magasin de commerce. Les toitures sont soit en tuile mécanique, soit en fibro-ciment.

Murs brique
brique silico-calcaire
enduit partiel
Toit tuile mécanique, ciment amiante en couverture
Étages sous-sol, 1 étage carré, étage en surcroît
Couvertures toit à longs pans
Typologies dispositif mitoyen sur rue, 14 logements de deux types
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Les ateliers de construction mécanique Mariolle, de 1824 aux années 1930

    (Historique extrait de l'exposition "La métallurgie à Saint-Quentin avant 1914" - Automne 2005 - Bibliothèque municipale de Saint-Quentin - Panneau n°4 - Réalisation : F. Pillet).

    En 1824, Désiré Mariolle-Agisson fonde un atelier de mécanique, rue Saint-Jean, actuelle rue Raspail, qu´il transfert dans les années 1830 à l´angle de la rue Jacques-Lescot et de l´avenue Faidherbe. De simple installateur et réparateur de machines à destination de l´industrie textile, il devient en 1846 le premier constructeur de machines agricoles à battre de la région. Son fils, Charles Mariolle-Pinguet, ingénieur des Arts et Métiers, lui succède à partir de 1848-1850.

    Il réoriente peu à peu la production, se spécialisant dans l´équipement des sucreries, tout en conservant une certaine diversité. Ainsi, à l´ Exposition Internationale de 1855, il présente une machine à vapeur, produite déjà à plus de 20 exemplaires. En 1868, alors associé à son frère Louis Mariolle, Charles construit les premiers métiers français pour la fabrication de la broderie mécanique : en dix ans, on passe des « simples » copies de métiers suisses introduits à Saint-Quentin par Hector Basquin à des machines brevetées Mariolle Frères. Lors de l´Exposition Universelle de 1878, une machine à vapeur du système Zimmermann et des métiers à broder sont exposées, aux côtés de machines à destination de l´industrie sucrière.

    Charles Mariolle-Pinguet, maire de Saint-Quentin de 1871 à 1885, s´associe à son fils Henry Mariolle à partir de 1891.

    Depuis 1888, les ateliers se multiplient, par l'acquisition en 1888 de la fonderie Havequez, située boulevard Faidherbe et rue Jacques-Lescot (étudiée), puis en 1891 des ateliers de construction mécanique Schreiber (étudiés), sur l'actuel boulevard Léon-Blum, que Mariolle transforme en chaudronnerie.

    En 1913, Henry Mariolle regroupe et transfert l´activité sur un nouveau site, route de la Fère, dans des ateliers construits à partir de 1910. Détruits en 1914-1918, ces derniers sont reconstitués dès 1920. Suit la construction de la cité ouvrière, en vis à vis de l'usine. Les ateliers de construction mécanique cesse toute activité à la fin des années 1930. Ils sont repris par Georges Mariage, constructeur de wagons pour les chemins de fer, succédé par les Ateliers Ferroviaires de l'Aisne vers 1967, puis NAFTANK Industrie.

    Les locaux industriels ont été entièrement rasés, laissant place à une supermarché.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Saint-Quentin. Service de l'Urbanisme ; Permis de construire : casier sanitaire. Dossier n° 647 - Chemin Clastrois.

    1924 - Société Somme - Aisne - Oise
Documents figurés
  • Société Somme - Aisne - Oise - Cité ouvrière à St-Quentin - rue de la Fère - 237. Plan, tirage, 1 : 100, 110 x 67 cm, [1924], par Dechard Georges (architecte). (AC Saint-Quentin. Service de l'Urbanisme ; Permis de construire : casier sanitaire. Dossier n° 647 - Chemin Clastrois).

  • [Vue aérienne]. Photogr. pos., coul., n° 20, 17,5 x 24,5 cm, [1989] (BM Saint-Quentin. Fonds local : photographies aériennes).

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin - Pillet Frédéric