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Le hameau de Neuville à Estréboeuf

Dossier IA80007311 réalisé en 2004

Fiche

Dénominations écart
Aire d'étude et canton Somme - Saint-Valery-sur-Somme
Adresse Commune : Estrébœuf
Lieu-dit : Neuville

D´après Garnier, Neuville est indiqué dans les textes en 1231 sous le vocable « nova villa ad boscum ».

Tout au long du Moyen Age, et ce, jusqu´à la Révolution, la seigneurie relevait de l´abbaye de Saint-Valery. Au 17e siècle, d´après Clovis Brunel, le hameau était relativement pauvre et les terres étaient pratiquement inoccupées. Elles furent concédées en 1657 à un dénommé Roussel.

Il semble que l'église du hameau fut brûlée au 17e siècle par Balthazar de Fargues (BM Amiens : Ph 1189 C). En 1660 l´abbaye se trouva dans l´obligation de procéder à sa réparation en échange de l´abandon de la dîme. Une délibération de la commune de Neuville-Drancourt précise qu´en 1806, l´édifice religieux était dépourvu de toiture et que le village ne possédait d´oratoire de secours. La paroisse dépendait alors de Saint-Valery. Le 20 octobre 1810, Neuville fut réuni à la succursale d´Estréboeuf. Il y existait encore à cette date « une partie de l´église et un vieux presbytère qui tombe en ruine et dont bientôt il ne restera plus rien. La vente de ces deux objets permettrait de construire un nouveau presbytère ». En effet, sur la demande de la Fabrique d´Estrébeouf, les restes de ces bâtiments religieux furent vendus en 1813 (« Renseignements sur les presbytères »).

Par ordonnance du 7 juillet 1819, la commune Neuville-Drancourt fut donc réunie à celle d´Estréboeuf. La paroisse de Neuville, placée sous le patronat de saint Etienne, fut alors supprimée et perdit son église. Il semble que cette dernière était construite à l'emplacement du jardin de l´actuel rendez-vous de chasse et probablement entourée d'habitations (le propriétaire aurait retrouvé quelques pierres et le cadastre napoléonien en indique l´emplacement : au nord, un lieu-dit est intitulé « les Bas-Champs de l´Eglise »). Il existait également un bâtiment communal, probablement le presbytère, situé dans l´ancienne rue de l´Eglise menant à Pinchefalise. En 1821, les habitants ne pratiquaient plus d´inhumations dans le cimetière depuis longtemps. En 1822, les objets provenant de l´église de Neuville furent rendus à la Fabrique d´Estréboeuf. En 1865, les biens des deux fabriques furent réunis.

La seigneurie était composée de 15 habitants en 1698. Le recensement de la population (Archives Départementales, 2MI_LN 234) indique qu´en 1851, le hameau comprenait 74 habitants. Vingt ans plus tard, les douze maisons abritaient 56 âmes. La décennie suivante comptait dix habitants de moins. Au début du 20e siècle, Neuville avait encore perdu dix habitants. En 1921, on comptait de dix maisons pour 41 habitants. En 1936, il ne restait plus que 28 habitants. Nous ignorons les raisons de cette diminution progressive de la population de la population, probablement liée à l´exode rurale.

La carte de Cassini (vers 1756) et le cadastre napoléonien (1832) indiquent que Neuville possédait un moulin à eau, une justice maison et une église. Auparavant, jusqu'à une date inconnue, la mer venait jusqu'au pied de Neuville. Les habitants allaient y faire paître leurs moutons. Le cadastre napoléonien indique la présence exclusive d´exploitations agricoles (1832) aux parcelles larges et peu profondes. Les fermes, distribuées le long de la Grande Rue, étaient toutes à cour carrée, indépendantes, avec logis en retrait. Le château occupait toute la partie orientale du hameau. Les deux chemins nord et est menaient à Pinchefalise, et au sud, à Drancourt.

Période(s) Principale : République romaine

Situé au pied de la falaise morte, le hameau de Neuville, dont le sol est exclusivement composé de craie, s´est installé dans la vallée d´Amboise au nord du territoire d´Estréboeuf. Le bâti, presque exclusivement constitué de fermes implantées le long de la voie, est peu développé. L´architecture agricole y a conservé son aspect d´origine, avec cour fermée et bâtiments en bordure de l´espace public. Au pied de la falaise, les anciennes molières sont encore remplies de vases et sont pour cela impraticables. Elles sont donc destinées au pâturage des bêtes.

Statut de la propriété propriété privée (?)

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série V ; 3 V 4. Etat des communes, chef lieux de cures ou de succursales pourvues de presbytères, circulaire de M. le Préfet du 23 avril 1816.

  • AD Somme. Série V ; 2 V 276. Comptes de la fabrique d'Estréboeuf, [19e siècle].

  • AD Somme. Série M ; 6 M 2032. Enquête auprès des maires. Recensement du bétail existant au 30 juin 1918 et disponibilité pour la boucherie ou la vente. Tableau récapitulatif communal,[1918].

  • AD Somme. Série O ; 99 O 1579. Estréboeuf. Biens communaux (avant 1869).

  • AD Somme. Série M ; 2MI_LN 234. Recensement de population, Estréboeuf, [1851-1936].

Documents figurés
  • Estréboeuf. Plan cadastral, 1832 (AD Somme : 3 P 1345).

Bibliographie
  • BRUNEL, Clovis. Inventaire analytique du fonds de l'abbaye de Saint-Valery aux Archives Départementales de la Somme. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, 1905-1907.

    p. 315-320
  • GARNIER, J. Dictionnaire topographique du département de la Somme. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, 3e série, 1878, tome 2.

    p. 107
  • GUERVILLE, André. Chapelles et oratoires en pays de Somme. Abbeville : F. Paillart éditeur, 2003.

    p; 39-40.
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