Photographe au Service régional de l'Inventaire des Hauts-de-France (2023).
- enquête thématique départementale, vitrail dans le département de l'Aisne (XIXe et XXe siècles)
- opération ponctuelle, Avesnois-Thiérache
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes des Portes de la Thiérache - Vervins
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Commune
Dohis
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Adresse
rue Principale
,
route d'Iviers
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Cadastre
1823
B2
715, 716
;
2026
ZC
1
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Dénominationséglise paroissiale
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Précision dénominationéglise fortifiée
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VocablesNotre-Dame
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Autres parties constituantescimetière
La date de fondation de la paroisse de Dohis n’est pas connue. Les plus anciens documents consultés s’y rapportant remontent à la première moitié du XIIe siècle, période à laquelle la cure de Dohis est remise à l’évêque de Laon, Barthélemy de Joux – nommé parfois "de Jur" – (1113-1151), pour être confiée au chapitre de la collégiale de Rozoy-sur-Serre. Pendant tout l’Ancien Régime, ce chapitre va être titulaire du droit de présentation à la cure de Dohis et toucher, entre autres bénéfices, les deux tiers de la dîme, le troisième tiers revenant à l’abbaye de Saint-Michel-en-Thiérache (BNF, ms fr 14589). Ce partage est sans doute ancien (XIe ou XIIe siècle) car, en 1169, le pape Alexandre III confirme les biens de l’abbaye de Saint-Michel-en-Thiérache, parmi lesquels figurent déjà l’alleu de Dohis, ses revenus et la sixième partie de la dîme (Piette, 1883).
L’église médiévale
Telle qu’elle se présente aujourd’hui, l’église Notre-Dame de Dohis paraît légèrement postérieure à ces documents. Les parties les plus anciennes, tels le clocher-porche et la façade occidentale bâtis en calcaire blanc, pourraient remonter à la fin du XIIe siècle, comme l’indiqueraient le profil de l’arcade nord du porche ainsi que l’encadrement d’une fenêtre en partie murée, visible depuis l’intérieur du porche au-dessus de la porte de la nef. Néanmoins, le style des chapiteaux à crochets saillants de la porte de la nef, et la ressemblance qui existe entre le décor de cette porte et celui de la porte de la nef de l’église Notre-Dame d’Aubenton (Aisne) renvoient plutôt à l’architecture de la première moitié du XIIIe siècle. En l’absence d’archives, il est donc difficile de savoir si l’église de Dohis, bâtie vers la fin du XIIe siècle, a reçu une nouvelle porte d’entrée quelques décennies plus tard, ou bien si ce monument, quoique édifié au début du XIIIe siècle, n’en présente pas moins quelques caractères archaïsants.
Peu d’éléments nous sont parvenus de cet édifice et il est impossible d’en reconstituer la composition d’origine. L’existence de la fenêtre murée, mentionnée ci-dessus, plaide en faveur d’une nef plus élevée qu’aujourd’hui et sans doute éclairée par des fenêtres hautes. Toutefois, nul ne sait avec certitude si l’église possédait des bas-côtés dès cette époque, ni quelle était la composition du chœur. L’opinion généralement admise est que l’édifice avait alors reçu un plan allongé, sans bas-côtés, ni chapelles saillantes (Mien, 1887). En revanche, il est possible que le monument ait déjà atteint la longueur qui est encore la sienne, ce que suggère la présence d’une maçonnerie de calcaire blanc à la partie inférieure du chevet.
Selon l’étude de Christian Corvisier, le clocher-porche aurait subi de graves dommages pendant la guerre de Cent Ans. Quelles qu’en soient les raisons, la partie occidentale de cette tour est rebâtie vers la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle, et sans doute allongée quelque peu vers l’ouest, faisant passer la tour-porche d’un plan rectangulaire à un plan carré. C'est ce que suggèrent le décentrement des grandes portes latérales du porche, aujourd’hui murées, et l’absence de colonnes dans les angles rentrants nord-ouest et sud-ouest du rez-de-chaussée de la tour, alors que les angles rentrants nord-est et sud-est les conservent toujours. Il faut encore attribuer à cette même campagne de travaux la construction du niveau supérieur de la tour, que l’étude mentionnée ci-dessus propose d’identifier comme l’ancienne chambre des cloches.
La longue période des guerres et le retour de la paix (XVIe-XVIIIe siècles)
D’après une tradition rapportée par Christian Corvisier – tradition non étayée par la documentation consultée – l’église aurait été incendiée dans le courant du XVIe siècle, soit pendant les campagnes menées par la France contre les armées de Charles Quint et de Philippe II, soit au cours des guerres de Religion. Le chœur est assurément reconstruit dans le courant de ce siècle, comme le prouvent la modénature de la fenêtre murée du chevet et la disposition décorative en damier des briques surcuites ou vitrifiées de la maçonnerie qui avoisine cette baie. La tour et l’échauguette qui cantonnent le chevet sont vraisemblablement contemporaines de ces travaux, de même que la condamnation des ouvertures du clocher-porche par l’élévation de murs de brique.
La nef est, elle aussi, rebâtie ou fortement modifiée, peut-être au XVIe ou au XVIIe siècle, bien qu’il soit difficile de dater cette partie du monument dont la maçonnerie est entièrement masquée par un enduit. Il faut sans doute attribuer aussi à cette large période l’édification du pavillon qui renferme l’accès principal au cimetière.
La date de 1706, lisible sur le pignon de la chapelle sud, incite à placer l’édification des deux chapelles du faux transept en cette année-là, à moins qu’il s’agisse seulement d’une importante restauration de leur gros œuvre. En revanche, une délibération du Conseil municipal (1866) associe à cette campagne de travaux du début du XVIIIe siècle la construction des deux bas-côtés de la nef. Ces précédents collatéraux, plafonnés, étaient de moindre hauteur que les actuels et leurs fenêtres étaient donc plus petites, ne procurant à l’intérieur de l’édifice qu’une faible clarté. Par ces ajouts, le monument atteint alors sa composition quasi-définitive, qui va peu varier jusqu’à nos jours, ce que confirme le plan-masse du bâtiment inclus dans le plan cadastral de 1823.
L’église, qui exige néanmoins des soins réguliers, est entretenue jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. En 1765, Pierre Douce, entrepreneur à Bucilly, vient constater les grandes réparations à effectuer à la tour du clocher, préconisant de remplacer les pierres les plus calcinées par de la brique. Ces travaux doivent être complétés par la révision de la toiture de la nef et la consolidation des murailles du cimetière. Il faut attendre une vingtaine d'années pour que soient réalisées ces interventions dont l'urgence s'est accrue, car l'étage du clocher qui porte la charpente menace alors ruine. Les travaux sont réalisés en deux campagnes distinctes, en 1784 et 1785, sous la direction d'un dénommé Jean-Louis Blin (1747-1825), entrepreneur à Aubenton. Des tirants sont posés au-dessus de la voûte du clocher, les lézardes sont obturées, les pierres les plus calcinées sont retirées et remplacées par de la brique. Enfin, les baies de l'étage qui laissaient passer la pluie et la neige sont fermées par une maçonnerie de brique, en ne conservant qu'un petit jour. La maçonnerie des bas-côtés de l'église est elle aussi réparée en brique, la charpente de la nef est restaurée et reçoit une nouvelle couverture en ardoise de Rimogne (Ardennes). À l'intérieur de l'édifice, le revêtement de sol en brique est rétabli et les plafonds en bois de la nef et des bas-côtés sont révisés. Enfin, le sol du cimetière est creusé contre le flanc nord du monument, pour faciliter l'évacuation des eaux de pluie et limiter l'humidité. Le pavillon d'entrée du cimetière - qui fait partie du presbytère - profite simultanément de travaux de réfection, portant sur sa façade sur rue qui menace ruine, et sur l'arc de la porte (AD Aisne, C 123, C 172). Quant au chœur de l'église, dont l'entretien relève des décimateurs, il fait sans doute l'objet d'une intervention au cours de la même période, comme semble le prouver une pierre qui paraît datée de 1781 ( ? ), encastrée dans le pignon en brique du chevet.
Le XIXe siècle et l’évolution du monument vers son apparence actuelle
Le XIXe siècle est marqué par l’exécution d’une suite de travaux, dirigés surtout par la municipalité pour l’extérieur de l’édifice et par le Conseil de Fabrique pour son intérieur. D’après les délibérations du Conseil municipal, les opérations commencent par la réparation des murs des bas-côtés en 1842, restauration qui sera jugée maladroite quelques décennies plus tard, ces murs ayant été alors affaiblis par la suppression de trois piliers de consolidation.
Puis le clocher, victime de la foudre en 1848, tombe sur la couverture de l’église et l’endommage, dégâts qui vont être réparés à la fin de la même année ou au début de l’année suivante. Néanmoins, le mauvais état général de la couverture de l’édifice, traversée par la pluie, attire l’attention de la municipalité qui décide sa réfection. Les travaux débutent par la couverture du chœur, qui est réalisée en 1857 par le sieur Xavier Daguizy ou Daguisy, couvreur d’ardoise. Dès l’année suivante, le renouvellement du reste de la couverture est décidé. Mais ce projet est plusieurs fois reporté, au profit d’interventions plus urgentes. Une sacristie est édifiée en 1859, entre la chapelle sud et la tour sud-est (Mien, 1865), et des travaux de maçonnerie sont effectués vers 1862 au pied du clocher qui menaçait ruine. Dans le courant des mêmes années, le chœur de l’église profite d’une transformation intérieure, aboutissant à la pose d’un nouveau carrelage et à l’installation d’une fausse voûte d’ogives dans le chœur et les chapelles latérales.
En 1865, la réfection de la couverture de la nef pourrait être à nouveau envisagée, mais le mauvais état des murs des bas-côtés qui "tombent" oblige à repousser le projet une nouvelle fois. Le 20 mai 1866, le Conseil municipal décide la reconstruction totale des deux bas-côtés, la fabrique se chargeant financièrement du collatéral nord et la municipalité du collatéral sud. Leurs murs sont exhaussés à la hauteur de ceux des chapelles attenantes, pour que de grandes fenêtres, dispensatrices de lumière, puissent y être percées, et pour qu’une fausse voûte d’ogives, identique à celle déjà présente dans le chœur et les chapelles, puisse être installée dans la nef et les nouveaux bas-côtés. Les travaux sont exécutés par Jean-Baptiste-Casimir Blanche, ou Blanche-Moreaux (1814-1882), maçon à Dohis, dans le courant du second semestre de l’année 1866, grâce à l’aide financière généreuse du desservant. Le mur gouttereau du collatéral sud porte la date de 1866 en briques surcuites, précédée du sigle AVM qu’il faut comprendre comme "Ave Virgo Maria" [Salut, Vierge Marie]. Cette campagne de travaux reçoit enfin son couronnement avec la réfection de la couverture de la nef. Il ne reste plus alors que la couverture de la tour sud-est à renouveler, entreprise qui prend place en 1869 grâce à un prêt du desservant.
Les interventions mentionnées par la suite au fil des délibérations du Conseil municipal concernent uniquement l’entretien régulier du bâtiment, voire quelques restaurations ponctuelles, telle celle du clocher atteint par la foudre le 30 juillet 1886.
La clôture du cimetière est réédifiée elle aussi au cours de la même période. Après des réparations réalisées en 1848 et 1850, les murs nord et est, victimes du mauvais temps, sont reconstruits en 1865 par Pierre Charlier-Gosset (1817-1881), maître-maçon à Parfondeval (Aisne), suivis par le mur ouest en 1885.
Les travaux du XXe siècle
Les dégâts inhérents à la Première Guerre mondiale résultent surtout de l’occupation allemande. En particulier, l’enlèvement des cloches de l’église et de l’horloge provoque la suppression de pièces de charpente dans le clocher, ainsi que des dommages aux planchers, à la voûte et au dallage de la tour-porche. Une fois la paix revenue, la restauration de l’édifice débute par la réfection partielle de la toiture du clocher et la révision complète de la couverture de l’église, pour éviter l’extension des dégradations causées par les intempéries. La voûte du rez-de-chaussée du clocher-porche est entièrement reconstruite en brique, l’église et son escalier bénéficient de diverses réparations de maçonnerie, les enduits intérieurs de la nef – victimes de l’humidité – sont repris, et les vitraux restaurés (15 R 809). Le clocher et les tours sont inscrits au titre des Monuments historiques le 3 juin 1932.
Le second conflit mondial ne suscite que peu de détériorations, en août-septembre 1944, liées à l’établissement de postes de guet dans la toiture du clocher, ou à la recherche d’armes cachées par la Résistance (968 W 3612).
À la suite d’une campagne de sensibilisation menée en 1970-1974, un plan départemental de sauvegarde des églises fortifiées de Thiérache – voté et financé par le Conseil général de l’Aisne – est présenté en 1975, adopté pour dix ans et lancé dès 1976. Dans ce contexte, la couverture de l’église est refaite vers 1984-1985. La sacristie est détruite en 1984 et réinstallée dans le niveau inférieur de la tour sud-est, où elle se trouvait déjà avant le milieu du XIXe siècle. Le 28 juin 1989, l’inscription au titre des Monuments historiques, jusque-là partielle, est étendue aux façades et à la toiture de l’église, ainsi qu’au pavillon d’entrée du cimetière – qualifié incorrectement de "porterie" dans l’arrêté. La réhabilitation du monument s’est poursuivie au cours des années suivantes. À l’intérieur, les voûtes des bas-côtés et des chapelles qui avaient été détériorées par des infiltrations d’eau de pluie, ont été remplacées en 1994 ou 1995 par un plafond de plâtre sur les bas-côtés et un plafond de bois sur solives apparentes au-dessus des deux chapelles latérales, tandis qu’étaient restaurés les enduits muraux.
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Période(s)
- Principale : 2e moitié 12e siècle, 1ère moitié 13e siècle , (incertitude)
- Secondaire : limite 15e siècle 16e siècle
- Principale : 16e siècle
- Principale : 16e siècle, 17e siècle , (incertitude)
- Secondaire : 1er quart 18e siècle
- Secondaire : milieu 19e siècle
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Dates
- 1706, porte la date, daté par source
- 1866, porte la date, daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
Blin Jean-Louisentrepreneur attribution par sourceBlin Jean-LouisCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Jean-Louis Blin est né le 5 mai 1747 à Bay, commune de Blanchefosse-et-Bay dans les Ardennes. Il s'installe à Aubenton où il est entrepreneur et exerce le métier de couvreur en ardoises. Il meurt à Aubenton le 2 février 1825.
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Auteur :
Blanche ou Blanche-Moreaux Jean-Baptiste-Casimirmaçon attribution par sourceBlanche ou Blanche-Moreaux Jean-Baptiste-CasimirCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Jean-Baptiste-Casimir Blanche, maçon, est né à Dohis le 15 septembre 1814. Il est le fils de Jean-Antoine Blanche, maçon à Dohis. Il épouse Julie-Florentine Moreaux le 12 avril 1842. Il décède à Dohis le 26 août 1882.
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Auteur :
L'église Notre-Dame de Dohis et le cimetière qui l'entoure se dressent sur une éminence au nord de la voie qui traverse longitudinalement la commune. Elle est construite en brique, pour l'essentiel, à l'exception des parties les plus anciennes (clocher-porche, façade ouest de la nef, partie basse du chevet) qui sont édifiées en pierre de taille de calcaire blanc, avec des assises d'inégales hauteurs. À l'intérieur de l'édifice, la maçonnerie est entièrement dissimulée par un enduit peint à faux joints. Le monument est protégé par une couverture en ardoise.
L'église, orientée, adopte un plan en croix latine. Elle est précédée à l'ouest par un haut clocher-porche de plan carré. Cette tour qui donnait jadis sur l'extérieur par une vaste arcade ménagée dans trois de ses côtés, ne conserve plus qu'une porte à l'ouest, les autres baies ayant été murées. Son haut rez-de-chaussée est surmonté d'un étage à usage de salle de refuge, que Christian Corvisier propose d'identifier comme étant l'ancienne chambre des cloches. Un escalier hors-œuvre en vis sans jour central, construit en calcaire, dessert l'étage du clocher et, de là, permet l'accès aux combles de l'église.
Le mur qui ferme le clocher à l'est - et qui n'est autre que le mur occidental de la nef - est percé d'une porte à trois voussures en arc brisé, qui constituait jadis l'entrée principale de l'église. Le monument est composé d'une nef de trois travées, bordée de collatéraux avec lesquels elle communique par trois arcades en plein cintre de chaque côté. Ces arcades sont séparées par des piles de section quadrangulaire. La nef et ses collatéraux sont suivis d'un faux transept saillant, surélevé d'une marche. Au centre, la "croisée" forme un avant-chœur. Elle ouvre latéralement sur les deux chapelles qui l'encadrent et donnent l'illusion de deux bras de transept. Enfin, le vaisseau central se prolonge d'un chœur liturgique à chevet plat. Dans l'angle sud-est du chœur, une porte donne accès à la tour attenante, dont le rez-de-chaussée très élevé - il réunit actuellement deux niveaux - sert de sacristie. Le niveau supérieur de la tour est accessible depuis le comble. Au nord-est du chœur, lui répond une échauguette sur contreforts, accessible elle aussi depuis le comble. La tour et l'échauguette sont toutes deux pourvues de meurtrières.
Le rez-de-chaussée du clocher est couvert d'une voûte d'ogives en brique. Le vaisseau central de l'église, depuis l'entrée jusqu'au chevet est surmonté d'une fausse voûte d'ogives. Les deux collatéraux ont reçu un plafond. Les deux chapelles bénéficient d'un plafond à solives apparentes. Enfin, le rez-de-chaussée de la tour sud-est est couvert d'une coupole en brique.
Le clocher-porche est surmonté d'un toit de forme complexe, constitué d'une flèche polygonale torse, couronnée par deux tambours polygonaux de taille décroissante. La tourelle de l'escalier qui dessert cette tour possède un toit en appentis massé. La majeure partie de l'église est protégée par un toit à longs pans, à pignon découvert sur le chevet et à pignon couvert sur les collatéraux. Chacune des chapelles a reçu un toit à deux pans et pignon découvert. Enfin, la tour et l'échauguette qui encadrent le mur-pignon du chevet sont coiffées d'un toit conique.
Le cimetière qui entoure l'église est délimité en partie par des haies et en partie par un mur de brique. On y accède par un passage qui occupe le rez-de-chaussée d'un pavillon qui se dresse au sud du cimetière, entre l'ancien presbytère, à l'ouest, et la mairie-école, à l'est. Ce pavillon est construit en brique et couvert d'un toit en pavillon en ardoise. Il semble avoir été desservi jadis par un escalier hors-œuvre, qui fait partie de la demeure attenante.
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Murs
- brique enduit d'imitation
- calcaire pierre de taille
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Toitsardoise
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Plansplan en croix latine
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Étages3 vaisseaux
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Couvrements
- fausse voûte d'ogives voûte d'ogives, en brique coupole, en brique
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Couvertures
- flèche polygonale
- toit à longs pans pignon couvert
- toit à deux pans de plan massé pignon découvert
- toit conique
- appentis massé
- noue
- toit en pavillon
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Escaliers
- escalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour escalier en maçonnerie
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État de conservationrestauré
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Techniques
- vitrail
- maçonnerie
- sculpture
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Représentations
- ornement géométrique, carré, croix, coeur symbole chrétien,
- ornement architectural, pilastre, fronton
- ornement végétal, feuillage, fruit
- représentation figurative, tête d'ange
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Précision représentations
Le décor de la maçonnerie de brique repose principalement sur le jeu chromatique de dessins en brique noire surcuite qui se détachent sur le fond de brique rouge-orangée. Comme souvent, les maçons ont représenté des croix - parfois fleuronnées - sur un socle, et des cœurs, sujets adaptés à une église puisqu’ils sont les symboles de la Foi et de la Charité (chapelle sud et chevet). Les autres motifs sont des superpositions ou des frises de carrés sur la pointe (chapelle sud et tour sud-est). La porte ouest du clocher-porche et celle du collatéral sud, ménagées au XIXe siècle, ont reçu un entourage de brique en relief consistant en deux pilastres qui supportent un entablement, puis un fronton triangulaire dominé par une croix.
La porte faisant communiquer le clocher-porche et la nef est bordée de six chapiteaux à crochets, sculptés dans le calcaire. La base de l'échauguette nord-est est incrustée de trois pierres calcaires porteuses chacune d'un visage très fruste en relief.
À l'intérieur de l'église, les ogives des fausses-voûtes reposent sur des culots, probablement moulés, et peints. Ces culots sont ornés de têtes de chérubins, de volutes, de feuillages et de chutes de fruits. Dans la nef, les trois clefs de voûte, elles-aussi moulées, accueillent, la première, un Cœur immaculé de Marie, la deuxième, une étoile encadrée par deux palmes au centre d'une couronne de têtes d'anges, enfin la troisième, l’Œil de Dieu.
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Statut de la propriétépropriété de la commune
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Protectionsinscrit MH partiellement, 1932/06/03
inscrit MH partiellement, 1989/06/28
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Précisions sur la protection
Les tours de défense de l'église - incluant le clocher - ont été inscrites au titre des MH par arrêté du 3 juin 1932. L'inscription a été étendue aux façades et toitures par arrêté du 28 juin 1989, ainsi qu'à la "porterie" (pavillon d'entrée du cimetière). Le décor intérieur est exclu de la protection.
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Référence MH
L’église de Dohis est représentative de ces églises médiévales de Thiérache qui ont reçu des ajouts (ici, la tour et l'échauguette) et des transformations (le bouchement des arcades du clocher-porche) dès les conflits du XVIe siècle, pour offrir un refuge à la population.
D’après certains commentateurs (Corvisier), l’édifice aurait profité d’une première ceinture de protection grâce aux murs du cimetière et au pavillon d’entrée. Il faut toutefois rester prudent sur ce point, presque rien n’étant connu sur la clôture en brique du cimetière avant le XIXe siècle, et le pavillon ne présentant actuellement aucun système défensif analysable. Il fait en outre partie du presbytère au XVIIIe siècle et abrite à l'étage le cabinet du desservant. Quant au lieu de culte, sa fortification est très partielle, centrée aujourd’hui sur le chevet et sur le clocher-porche réaménagé. Contrairement à d’autres églises - comme Burelles par exemple, où l’emplacement des postes de guet et des meurtrières a été calculé avec la plus grande cohérence -, celle de Dohis présente sur la tour et l’échauguette des ouvertures de tir disposées plus approximativement et ne semblant pas permettre la protection complète du bâtiment. Il est toutefois permis de penser que les interventions documentées à partir du XVIIIe siècle ont pu faire disparaître quelques éléments défensifs. L’abaissement du niveau du comble à une date inconnue, mais surtout l’ajout de bas-côtés en 1706 et leur renouvellement en 1866 ont profondément altéré l’apparence extérieure de la nef. Quant aux travaux effectués en 1706 à la chapelle sud et au cours de la décennie 1780 au chevet, ils n’ont probablement affecté que les pignons, effaçant peut-être la trace d’éventuelles bretèches. En l’absence d’archives ou de descriptions anciennes, il faut donc se garder d’être trop sévère envers cette intrigante église, qui ne nous est parvenue que fort modifiée.
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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Documents d'archives
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AD Aisne
AD Aisne. Série C (Administration provinciale. Intendance, subdélégations, élections, bureaux de finances) : C 123. Réparations des églises ou presbytères de Cuiry-lès-Iviers, Dohis, La Croix, Dizy-le-Gros, Dercy ; 1722-1788.
Requête adressée par le curé et des habitants de Dohis au subdélégué de l'Intendant de Justice, Police et Finances de la généralité de Soissons (1787). -
AD Aisne
AD Aisne. Série C (Administration provinciale. Intendance, subdélégations, élections, bureaux de finances) : C 172. Réparations d'églises ou presbytères ; 1752-1789.
Dossier des réparations de l'église et du presbytère de Dohis (1765-1788). -
AD Aisne
AD Aisne. Série E-dépôt (Archives communales déposées) ; sous-série E-dépôt 0122 (Dohis) : 1 D 1. Registre des délibérations du Conseil municipal de la commune de Dohis : 2 février 1849-13 octobre 1887.
Séances des 15 mai 1849 (f° 8 r°-v°), 7 août 1849 (f° 9 r°), 14 mai 1850 (f° 14 v°-15 r°), 12 novembre 1854 (f° 37 v°), 13 mai 1857 (f° 52 r°-v°), 13 mai 1858 (f° 56 v°-57 r°), 10 août 1862 (f° 81 r°), 14 mars 1865 (f° 93 v°-94 r°), 14 mai 1865 (96 v°), 20 mai 1866 (f° 104 r°-v°), 8 juillet 1866 (f° 105 v°), 9 mai 1867 (f° 111 v°-112 r°), 17 mai 1868 (f° 117 r°), 20 juin 1869 (f° 126 r°-v°), 20 juin 1875 (f° 168 v°), 3 mai 1885 (f° 256 r°), 27 septembre 1885 (f° 257 r°), 1er septembre 1886 (f° 264 v°). -
AD Aisne
AD Aisne. Série E-dépôt (Archives communales déposées) ; sous-série E-dépôt 0122 (Dohis) : 1 D 2. Registre des délibérations du Conseil municipal de la commune de Dohis : 17 novembre 1887-16 mai 1928.
Séances des 14 novembre 1901 (p. 227), 27 mai 1919 (p. 508), 3 juillet 1927 (p. 535). -
AD Aisne
AD Aisne. Série R (Affaires militaires) ; sous-série 15 R (Dommages de la Première Guerre mondiale) : 15 R 809. Commune de Dohis.
Dossier 1982 : commune de Dohis. -
AD Aisne
AD Aisne. Série W ; sous-série 968 W (Dommages de guerre de la Seconde Guerre mondiale) : 968 W 3612. Dohis ; église.
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Bibliothèque nationale de France
BnF (Cabinet des Manuscrits) : ms fr 14589. Histoire du chapitre de Rosoy, tirée de ses cartulaires et chartes, [1705].
Folios 99 v°, 104 r°, 136 r°. -
Direction régionale des Affaires culturelles
AMH Amiens. [non coté]. Étude de l'église Notre-Dame de Dohis, par Christian Corvisier (vers 1985).
Bibliographie
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MEURET, Jean-Paul. Les églises fortifiées de la Thiérache. Seconde édition. Vervins : Société Archéologique de Vervins et de la Thiérache, 1977.
p. 115-116. -
MIEN, Isidore-Philoxime. Le canton de Rozoy-sur-Serre : Histoire, géographie, biographie, statistique, notices sur les communes du canton. Saint-Quentin : imprimerie de J. Moureau, 1865. Nouvelle édition remaniée et augmentée. Paris : E. Leroux, 1887.
P. 207-208 (édition de 1865) ; p. 175 (édition de 1887). -
PIETTE, Amédée. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Michel-en-Thiérache. Vervins : Société archéologique de Vervins, 1883.
p. 57-58, 164. -
POUJOL, Robert. Les Églises fortifiées de la Thiérache. Paris : Res Universis, 1993 (réédition de l´ouvrage de 1959).
P. 47.
Documents figurés
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AD Aisne
Dohis, plan cadastral parcellaire [cadastre napoléonien], section B "du village", 2e feuille (n° 692 à 1541), encre et aquarelle sur papier, par D. Desolneux, géomètre du cadastre, 1823, 1/2500 (AD Aisne : E_Dépôt_0122_1G1_05).
Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, région Hauts-de-France jusqu'en 2022.
Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, région Hauts-de-France jusqu'en 2022.