Dossier d’œuvre architecture IA59002815 | Réalisé par
Oger-Leurent Anita
Oger-Leurent Anita

Chercheur au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

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  • inventaire topographique, Condé-sur-l'Escaut
Château de Bailleul, puis musée communal et bibliothèque communale, actuellement logement
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération Valenciennes Métropole
  • Commune Condé-sur-l'Escaut
  • Lieu-dit Condé-sur-l'Escaut centre
  • Adresse 15 à 39 rue de la Cavalerie , 1 à 13 rue de la Bibliothèque , 1 à 31 boulevard des Ecoles , 6 à 10 rue du Munitionnaire , rue Faidherbe , rue du Maréchal-de-Croy
  • Cadastre 1826 D1 474 à 495, 503, 512 à 514 ; 1875 D2 643 à 658, 660 à 662, 674 à 676, 679, 680 ; 2010 AP AP 45 à 49, 57 à 64, 118 à 124, 153 à 157, 161 à 198, 216 à 218 AP 45 à 49, 57 à 64, 118 à 124, 153 à 157, 161 à 198, 216 à 218
  • Dénominations
    château
  • Appellations
    château de Bailleul, hôtel de Bailleul
  • Destinations
    musée communal, bibliothèque communale, logement
  • Parties constituantes non étudiées
    jardin

Deux seigneuries se partageaient la ville de Condé au Moyen Âge, la seigneurie "gagère" ou "du château" et la seigneurie "propriétaire", dite aussi "de Bailleul", qui releva des familles de Condé-Bailleul-Moriamez jusqu'en 1391 - nom sans lien avec la ville de Bailleul en Flandre, mais plutôt d'une étymologie commune avec celui du château de Belœil, en Hainaut belge -, puis de La Hamaide jusqu'en 1485, de Roghendorf en 1531, de Lallaing (ou Lalaing) à partir de 1559 (date à laquelle les deux seigneuries ont été réunies) et enfin de Croÿ à partir de 1608 et jusqu'à la Révolution.

Un premier château dépendant de cette seigneurie a probablement préexisté. Le corps de bâtiment médiéval encore en place, donnant en angle sur la place Verte, a été édifié pour Jean de la Hamaide (mort à Azincourt en 1415) dans les années qui précèdent la date de 1411 autrefois portée en façade avec les armes de cette famille sur un écu toujours visible mais dont les reliefs ont été bûchés. Cette résidence est qualifiée "d'hostel" dès la fin du XVe siècle (cité par le Rapport sur les antiquités..., p. 39, note 17). En 1544, Christophe de Roghendorf crée une orangerie et des jardins qui s'étendent jusqu'au rempart médiéval, mais dont l'organisation n'est pas connue. Cependant, le plan cavalier aquarellé de la ville dressé par le géographe Jacques de Deventer vers 1550 (édité en 1911 dans l'Atlas des villes de Belgique au XVIe siècle) semble indiquer la présence de bâtiments conséquents en cœur de parcelle : faut-il y lire la survivance d'une ensemble castral plus ancien ? De même, l'une des gouaches réalisées par Adrien de Montigny entre 1595 et 1610 pour Charles duc de Croÿ (publiées dans les Albums de Croÿ en 1986-87) et présentant des vues cavalières de la ville, paraît indiquer la présence d'une haute tour à l'arrière de l'hôtel aisément reconnaissable - à moins qu'il ne s'agisse là d'une tour d'enceinte figurée de façon hypertrophiée. Par ailleurs, c'est dans le courant du XVIe siècle que sont édifiées l'aile de la rue de la Bibliothèque puis celle de la rue de la Cavalerie (DAUVERGNE), qui poursuivent le corps de bâtiment médiéval.

Dans les années 1640, le couple Jeanne de Lallaing - Jean de Croÿ fait modifier l'aile de la rue de la Cavalerie, dont la façade arrière porte les armoiries des Lallaing et la date de 1643. Dans cette aile, les plafonds conservés attestent une datation de la 2e moitié du XVIIe siècle et un grand escalier (dit "escalier de Louis XIV" en souvenir du séjour du roi en 1691) y est construit à la fin du siècle. La famille de Croÿ fait aussi construire les trois ailes intérieures en retour, délimitant ainsi trois cours ; l'aile en retour nord-est disparaît des plans entre 1727 (plan de Claude Masse) et 1754 (Plan des rues qui composent la ville de Condé).

Au XVIIIe siècle, le château est régulièrement habité par la famille de Croÿ ; Emmanuel de Croÿ (1718-1784), futur duc et maréchal, y nait. Le décès de sa femme, Angélique-Adélaide d'Harcourt (1719-1744), donne lieu en 1745 à un inventaire qui énumère les parties constituantes du château, en donne la distribution intérieure et détaille l'ameublement (commenté par DAUVERGNE) ; une grande partie de celui-ci est ensuite déménagé vers le château de l'Hermitage.

L'édifice abrite alors plusieurs appartements, les archives de la famille, des cabinets de curiosités ; la bibliothèque est conséquente, l'aile qui l'abrite fait l'objet d'un agrandissement de six pieds aux dépends de la rue adjacente, à laquelle elle donne son nom en 1784 (DION). Les appartements princiers se situent dans l'aile de la rue de la Cavalerie, "l'appartement du Roy" cité dans l'inventaire de 1745 s'étendait probablement au 1er étage du corps de logis médiéval. En 1748-49, des "réparations" (cité par DAUVERGNE) sont dirigées par l'ingénieur militaire Louis Franquet, ingénieur en chef de la place de Condé : s'agit-il des percements de la façade et du rehaussement du comble du corps de bâtiment médiéval, et de la reprise des ailes, modifications dont le style atteste le XVIIIe siècle ? Est-ce alors que les tourelles reçoivent un niveau supplémentaire et que disparaissent les mâchicoulis dont l'existence est supposée par l'historien de la fortification Nicolas Faucherre (communication orale) ?

Le jardin, dont le dessin figure sur le Plan des rues qui composent la ville de Condé en 1754, est adjoint d'une orangerie et d'une pépinière ; on y pénètre depuis le passage traversant le château médiéval, qui donne accès à la cour d'honneur séparée du jardin par une clôture de plan cintré. Les communs se répartissent autour des cours occidentales. Une brasserie est mentionnée.

Déclaré Bien national en 1793, le château est acheté le 24 Vendémiaire an V (15 octobre 1796) par le sr. de Saint-Moulin. Le mobilier est placé sous séquestre en 1793 et les manuscrits, les objets précieux, tableaux, estampes, rapidement envoyés à Valenciennes, où ils sont rejoints par le contenu de la bibliothèque en 1796.

En 1829 une ordonnance royale autorise la ville à acquérir "divers bâtiments avec dépendances pour servir à l'élargissement de la rue de la Bibliothèque". L'aile longeant cette rue est alors diminuée en épaisseur, mais le sr. Mention, propriétaire du château depuis 1827, conserve la propriété et l'accès des caves situées sous la partie démolie. Un plan de 1841 montre l'organisation du jardin. Deux actes de vente en date du 14 septembre 1883 entérinent la cession à la ville par le sr. Mention et Mme Lefebvre, sa fille, du château, de ses dépendances et des terrains qui, précisait le procès-verbal de la séance du Conseil municipal du 28 décembre 1882, "représentent en superficie la neuvième partie de la ville". L'année suivante, le rapport de M. Cavel, rapporteur de la commission des travaux, sur la "modification de l'alignement de la rue de la Cavalerie" signale "le souvenir historique" de l'édifice et "son cachet monumental incontestable" pour préconiser sa conservation. Les terrains libres derrière le château, correspondant à l'emprise du jardin, sont cédés, pour partie à l'administration des hospices dès 1884 afin de permettre la construction d'un hospice, et pour l'autre partie à des particuliers, par vente aux enchères, de 1884 à 1903. L'ensemble de la cession donne lieu à l'établissement d'un plan concerté de percement de rues (rues Faidherbe et du Maréchal-de-Croÿ) et de lotissement. Les anciens communs (écuries ?) qui constituaient la deuxième moitié, vers le sud-ouest, de l'aile de la rue de la Cavalerie, actuellement n° 27 à 33, ont été cédés et transformés dès 1884. Les bâtiments qui délimitaient le fond de la grande cour de service disparaissent rapidement.

Le musée et la bibliothèque de la ville (fondée en 1874) sont installés vers 1890 dans le corps de bâtiment médiéval qui est classé au titre des Monuments historiques en 1904 ; mais les ailes, dont la qualité patrimoniale est moins reconnue, ne sont inscrites qu'en 1987 (arrêté rectificatif en 1988). Les anciens communs (n° 27 à 33 rue de la Cavalerie) ne sont pas concernés par la protection au titre des Monuments historiques. Ces ailes, actuellement identifiées par les n° 35-37 rue de la Cavalerie donnés en location par la ville dès la fin du XIXe siècle, et 1-3 rue de la Bibliothèque, ont nécessité leur appropriation pour l'habitation. L'architecte Edmond Lemaire est chargé du chantier. Il propose en 1906-08 un aménagement intérieur, un percement et habillage complet de la façade sur la rue de la Bibliothèque restée nue et quasiment aveugle depuis le reculement de 1829. Puis, en 1911-12, il procéde à une division de l'aile rue de la Cavalerie en deux logements de rapport, en en distrayant l'escalier dit "de Louis XIV" pour la desserte du musée - le cloisonnement de ces logements présente par ailleurs quelques différences avec celui indiqué par le projet de l'architecte. C'est peut-être lors de ces travaux que disparaissent les pas-de-moineaux qui sommaient le pignon séparant les n°35-37 des anciens communs.

La façade de l'immeuble n° 35-37 rue de la Cavalerie a été revêtue de briquettes de parement, vers 1960 ; il a été vendu en 1988 à l'office des HLM de Valenciennes (actuellement Val Hainaut Habitat). La cession du 1-3 rue de la Bibliothèque à un propriétaire privé est intervenue en 1995.

Des restitutions d'une partie des percements "d'origine" des tourelles du corps de bâtiment médiéval ont été tentées par Etienne Poncelet, architecte en chef des Monuments historiques, en 1987-88.

Le musée semble avoir été fermé au public dès les années d'entre-deux-guerres ; les collections y ont été conservées jusqu'à leur transfert dans l'hôtel de ville vers 1970 (quelques œuvres sont cependant encore en place dans le château). La bibliothèque municipale a quitté le château vers 1990. Actuellement (2008), l'édifice est sans affectation sinon l'utilisation des salles du 1er étage par l'association Archéolocale. Les couvertures sont en mauvais état, des étais renforcent l'escalier et l'une des salles du 1er étage.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 15e siècle
    • Principale : 17e siècle
    • Secondaire : milieu 16e siècle
    • Secondaire : milieu 18e siècle
    • Secondaire : limite 19e siècle 20e siècle
  • Dates
    • 1411, daté par source, daté par travaux historiques, porte la date
    • 1643, daté par travaux historiques
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Franquet Louis
      Franquet Louis

      FRANQUET Louis, ingénieur militaire.

      Condé-sur-l'Escaut, 1697 - Condé-sur-l'Escaut, 1768.

      L'intervention de Franquet dans sa ville natale, Condé-sur l'Escaut, est limitée mais la qualité du personnage incite à la situer dans l'ensemble de sa carrière.

      Fils de Jean-Baptiste Franquet (Orchies, 1663 - Bruxelles, 1705), ingénieur militaire ; frère de deux ingénieurs militaires, N. Franquet (avant 1692 - ?), et Charles-Joseph Franquet de Chaville (Condé-sur-l'Escaut, 1696 - La Rochelle, 1775).

      Franquet fait d'abord un parcours classique dans les armées du roi.

      - de 1709 à 1720, sert dans les régiments d'infanterie de Franclieu, Miromesnil et Piémont

      - en 1720, est admis dans le corps du Génie (ingénieur ordinaire du Roi) ; affecté à Condé, puis à Douai en 1726

      - de 1733 à 1736 (1734-35, d'après BLANCHARD) : participe aux campagnes d'Italie de la guerre de Succession de Pologne

      - 1738 : nommé ingénieur en chef à Condé

      - 1741 (1740, d'après BLANCHARD) : chevalier de Saint-Louis

      - de 1742 à 1748 : campagnes de la guerre de Succession d'Autriche en Allemagne et aux Pays-Bas ; lieutenant-colonel en 1747

      - 1750 : ingénieur en chef à Saint-Omer.

      Commence alors la seconde partie de sa carrière, qui le mène au Canada de 1750 à 1758.

      - mission d'inspection des ouvrages de défense de la colonie de l'Île Royale (île du Cap-Breton), en particulier de la ville de Louisbourg

      - 1751 : promu colonel

      - 1752-53 : visite du Canada, inspection des ouvrages fortifiés de Québec, Trois-Rivières, Montréal et autres lieux

      - automne 1753 - printemps 1754 : retour en France

      - printemps 1754 : retour à Louisbourg avec le grade de brigadier d'infanterie et le titre de directeur des fortifications de la Nouvelle-France (de l'île Royale, d'après BLANCHARD)

      - de 1754 à 1758 : perfectionnement des défenses de Louisbourg (contre les Anglais)

      - octobre 1758 : prisonnier à la suite de la chute de Louisbourg, et retour définitif en France.

      - mis à la retraite d'office, retiré à Condé jusqu'à sa mort en 1768.

      Quant à sa mission au Canada, "on se rappelle Franquet encore de nos jours particulièrement pour les rapports qu'il soumit en 1751, 1752 et 1753, pour ses nombreux plans et cartes et la part qu'il prit dans la construction du Louisbourg de la première époque. [...] [Il] était un observateur perspicace et ses constatations ne se limitèrent pas aux fortifications mais embrassèrent la situation économique, les ressources naturelles, la démographie et le caractère des gens. Ses écrits sont une utile introduction à l'étude de la société canadienne des années 1750" (F. J. THORPE).

      Sources :

      - Dictionnaire Biographique du Canada en ligne. Notice Franquet, Louis, par F. J. Thorpe. [en ligne] [référence du 16 octobre 2008]. Accès Internet : <URL : http : //www.biographi.ca>.

      - BLANCHARD, Anne. Dictionnaire des ingénieurs militaires, 1691 - 1791. Centre d'histoire militaire et d'études de défense nationale de Montpellier, coll. Etudes militaires, Dehan impr., 1981.

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      ingénieur militaire, maître d'oeuvre attribution par travaux historiques
    • Auteur :
      Lemaire Edmond
      Lemaire Edmond

      Architecte. Domicilié à Amiens, 34 rue Caumartin et à Paris 3 rue de Valenciennes (annuaire 1919-1920).

      LEMAIRE Edmond, architecte.

      Anzin, 1853 - Bayonne, 1918

      Formation 

      - Ecoles académiques de Valenciennes, professeur Emile Dusart (1865-1870) ; nombreux prix.

      - Ecole des beaux-arts de Paris (1871-1883), atelier Coquart, atelier Laloux : prix Rougevin, prix Abel Blouet, 1er prix (1878 ?) pour un monument à Couverts-Dauplex, exécuté au cimetière du Père-Lachaise ; logiste pour le Prix de Rome (1877, 1879, 1880, 1882).

      - Architecte diplômé par le gouvernement (1883).

      Carrière 

      - D'abord installé à Paris : lauréat, avec l'architecte Charles Edouard Naudin, d'un concours ouvert en 1889 pour la construction d'un groupe scolaire à Levallois-Perret (92) qui sera finalement érigé par un autre architecte.

      - Puis à Valenciennes, épouse la fille d'Emile Dusart (1887), reprend une partie de la clientèle de l'architecte Alexandre Canu, décédé, puis prend la suite de son beau-père. Concourt au projet de musée des Beaux-Arts (1903). Administrateur des Ecoles académiques (1907 à sa mort) et du musée (à partir de 1911). Projet pour un nouvel hôtel-Dieu (vers 1914).

      - Architecte agréé des communes et du département du Nord par arrêté préfectoral du 19 janvier 1888.

      Réalisations repérées :

      - Valenciennes : hôtel de M. Lefrancq-Claisse, faubourg de Lille (1898) ; clinique du Dr. Mariage (dite Pavillon Jeanne-de-Flandre, 1900) ; chambre de commerce (1913).

      - Avesnes-sur-Helpe : école communale de garçons, en collaboration avec l'architecte Charles Edouard Naudin, vers 1890-1900 ; église, importants travaux.

      - Condé-sur-l'Escaut : grille de clôture du monument commémoratif de la tragédienne Hippolyte Clairon (1902-1904) ; manège de cavalerie (1904-1906) ; aménagement et nouvelle façade de l'aile du château de Bailleul située rue de la Bibliothèque, actuellement n° 1 - 3 (1906-08) ; aménagement de l'aile du château de Bailleul située rue de la Cavalerie, actuellement n° 35 - 37 (1911-12) ; divers travaux d'appropriation de bâtiments communaux.

      Sources :

      - AD Nord. Série 4N (Bâtiments départementaux), 7 : Architectes agréés des communes et du département, candidatures, ajournements, nominations (1883-1890).

      - Habitation de Monsieur L...., faubourg de Lille, à Valenciennes. L'Architecture et la Construction dans le Nord, août 1898, p.108 (avec planche).

      - Ecole communale de garçons à Avesnes (Nord) MM. Lemaire et Naudin architectes. Monographies de bâtiments modernes [s.d., vers 1890-1900].

      - Les Dictionnaires départementaux. Nord. Dictionnaire biographique illustré. Paris : librairie Flammarion, 1909, p. 678-679 (signalé par M. Poinsignon).

      - FROMENTIN, Edouard Désiré. Lemaire (Edmond), architecte 1853-1918. Hommes et choses. T. 2, Ms, Bibliothèque de Valenciennes (communiqué par M. Poinsignon).

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      architecte attribution par travaux historiques
    • Personnalité : commanditaire attribution par travaux historiques
    • Personnalité :
      Croÿ Anne-Emmanuel (duc de)
      Croÿ Anne-Emmanuel (duc de)

      Anne-Emmanuel-Ferdinand-François de Croÿ, prince de Solre et du Saint-Empire, est un militaire et député français né le 10 septembre 1743 à Paris et mort le 15 décembre 1803 au château du Rœulx, (Belgique).

      source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne-Emmanuel_de_Cro%C3%BF [consulté le 12/06/2024]

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      habitant célèbre attribution par travaux historiques

Avertissement : les références cadastrales renvoient à l'ensemble de l'emprise du château et de ses jardins tels que figurés sur le plan de 1754. Les bâtiments conservés sur la rue de la Bibliothèque (n° 27 à 39) et la rue de la Cavalerie (n° 1 à 5), c'est-à-dire le château et ses ailes, sont identifiés sous les références cadastrales 2008 AP 153 à 157, 179, 216 à 219.

Le propos descriptif est ici recentré sur le corps de bâtiment médiéval et les ailes sur les rues de la Cavalerie et de la Bibliothèque.

Corps de bâtiment médiéval, à l'extrémité nord-ouest de la rue de la Cavalerie, façade donnant sur la place Verte : de plan massé, flanqué de quatre tourelles couvertes par des toits coniques (trois d'entre elles sont en encorbellement), il est édifié en grès, de moyen appareil sur les faces tournées vers la ville, en moellons sur l'arrière. Les voûtes décrites plus loin sont aussi en grès.

L'encadrement des ouvertures et les croisées sont en pierre calcaire (pierre de Bavay ?). En façade principale, les baies du rez-de-chaussée et du 1er étage sont closes par des châssis à petits bois ; celles du 2e étage, des fenêtres à croisées de pierre, étant par contre articulées par des meneaux et traverses.

La toiture à longs pans et croupes brisés se termine par un égout retroussé qui repose sur des corbeaux de pierre. Trois lucarnes en menuiserie à piédroits à volutes, couvertes par une croupe débordante, s'ouvrent vers la place Verte. L'ensemble des couvertures est en ardoise, à l'exclusion du côté vers place Verte, en feuilles bitumées.

Un passage couvert, pavé, traverse le rez-de-chaussée en son centre. Voûté, dans sa section antérieure en berceau plein cintre puis, dans sa section postérieure, en berceau brisé, il comporte un assommoir côté place Verte et conserve le dispositif d'accrochage des vantaux de porte. Les deux pièces du rez-de-chaussée, voûtées de berceaux plein-cintre, s'ouvrent de part et d'autre dans le passage, l'une d'entre elles est la "chambre du portier" de l'inventaire de 1745. Ce passage débouche sur ce qui est maintenant une courette, vestige croupion de la cour d'honneur. L'accès à la cave et aux étages n'est possible qu'à partir de l'arrière du bâtiment. Une petite cave voûtée en berceau dont l'accès originel se faisait depuis la cour s'étend sous une partie de l'arrière du bâtiment.

Un escalier en vis abrité par la tourelle ouest, la seule qui part de fond, assurait la desserte exclusive des étages jusqu'au début du XXe siècle. Son emmarchement est réalisé en pierre calcaire marbrière à l'exception du niveau d'accès au comble, en bois.

Les étages du bâtiment sont planchéiés. Le 1er étage est composé de deux pièces principales et d'une antichambre (qui conserve les corbeaux ayant supporté le plafond médiéval), ce qui pourrait correspondre à la composition du troisième "appartement" cité dans l'inventaire de 1745. Le 2e étage abrite une unique et vaste salle à poutres apparentes, dont les dimensions avoisinent 5 m en largeur et 14 m en longueur. Plusieurs couches d'enduit recouvrent les murs. Une cheminée monumentale est adossée au mur-pignon nord-est (IM59002507) ; la tourelle nord abrite les latrines saillant en encorbellement au-dessus de la chaussée de la rue de la Bibliothèque. Les tourelles (hors celle de l'escalier), dallées de carreaux de céramique rouge, sont couvertes par des voûtes coniques.

L'étage de comble est dallé de carreaux de céramique.

L'aile correspondant aux actuels n° 35 et 37 rue de la Cavalerie comprend un sous-sol partiel, un rez-de-chaussée et un étage de comble couvert par un toit à longs pans d'ardoise. La façade sur rue, défigurée par l'application d'un parement de briquettes jaunes, ne permet pas d'approche de la mise en œuvre architecturale, qui demeure cependant appréciable en façade arrière. Sur un solin de pierre s'élève une maçonnerie de brique interrompue par les encadrements de baies en pierre calcaire. La première travée côté cour (qui correspond au pan de mur non revêtu du briquettes côté rue) a conservé la lisibilité des dispositions de la première moitié du XVIIe siècle : une porte au chambranle mouluré en pierre surmontée d'un fronton triangulaire assez fruste, au-dessus de laquelle se développe une baie aux proportions d'une porte-fenêtre. Des reprises sont cependant visibles. Depuis la fin du XVIIe siècle, cette travée correspond à l'emplacement de l'escalier "de Louis XIV", distrait en 1912 de la distribution de la maison pour permettre un accès plus commode au corps de logis médiéval abritant alors musée et bibliothèque. Cet escalier en charpente, tournant à retours avec jour, comporte une rampe d'appui à balustres plats. Il commande actuellement l'accès à la cave du bâtiment médiéval et en dessert le 1er étage. Dans cette aile, qui abritait semble-t-il "l'appartement du Roy" cité dans l'inventaire de 1745, sont aussi conservés les plafonds à compartiments recoupés par le cloisonnement intervenu lors de l'appropriation en appartements au début du XXe siècle (IM59002509).

Au-delà du mur-pignon débordant, les n° 27 à 33 rue de la Cavalerie sont bâtis dans la continuité des n° 35-37 et en reprennent le volume. Les n° 31 et 33 sont revêtus d'un enduit de ciment, les n° 27 et 29 montrent une façade de brique, mais les façades arrière, dans lesquelles domine la brique, comprennent aussi, au-dessus d'un solin de grès, des moellons de grès et de la pierre calcaire blanche. Les percements ont été repris. Les toitures à longs pans sont couvertes de tuile ou de matériau synthétique. Une corniche de pierre blanche court du n° 27 au n° 33 tant sur les façades avant qu'arrière. Le mur-pignon du n° 27 atteste bien une construction ancienne, qui semble chronologiquement cohérente avec celle des n° 35-37.

L'aile de la rue de la Bibliothèque (n°1 à 5) montre actuellement une façade résultant des aménagements des années 1906-1908. Un enduit de ciment donnant l'illusion d'un appareillage et d'une modénature de pierre dissimule la brique. L'élévation, à travées, comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage en surcroît, au n° 1-3 (ce que ne prévoyait pas le projet de l'architecte Lemaire en 1906), peut-être un 2e étage carré ou aussi un étage en surcroît plus développé au n° 5. Le toit à longs pans est couvert de "bacacier", de tuiles et d'ardoises synthétiques.

Les deux premières travées de façade correspondent sur l'arrière à une élévation qui se raccorde de façon pragmatique au corps de bâtiment médiéval (voir cliché) ; un burguet, et une porte donnant accès à un escalier demi hors-œuvre en vis, en charpente, prennent jour dans la courette du corps de bâtiment médiéval. Ces travées ont été restaurées, avec modifications des percements anciens, par l'architecte en chef des Monuments historiques (1986).

L'ensemble des façades arrière, très dégradé, est élevé en brique avec encadrement des baies en pierre blanche ; la corniche est ornée d'une frise de briques posées en dents de scie. Des lucarnes à croupe débordante et piedroits à volutes gravés ponctuent la toiture couverte en "bacacier" et matériau synthétique.

  • Murs
    • grès
    • brique
    • calcaire
    • moyen appareil
  • Toits
    ardoise, tuile, matériau synthétique en couverture, acier en couverture
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré, 2 étages carrés, étage de comble, étage en surcroît
  • Couvrements
    • voûte en berceau
    • voûte en berceau plein-cintre
    • voûte en berceau brisé
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans brisés
    • toit conique
    • toit à longs pans
    • croupe brisée
  • Escaliers
    • escalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
    • escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour en charpente
    • escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, c en charpente
  • État de conservation
    mauvais état, vestiges
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • armoiries
  • Précision représentations

    Armoiries en façade arrière du n° 37 (remontage ?) : Jeanne de Lallaing (+ 1649), épouse de Jean de Croy-Solre. Armoiries bûchées, en façade du corps de bâtiment médiéval, au-dessus du passage cocher : Jean de La Hamaide, avec la date de IIIIC et XI (d'après une source du 17e siècle citée par A. Salamagne, Châteaux et chevaliers...) Armoiries bûchées, à côté de l'accès à l'escalier demi-hors-oeuvre de l'arrière de l'aile de la rue de la Bibliothèque : Jean de Croy-Solre (1588 - 1640) époux de Jeanne de Lallaing (d'après une note de la C.R.M.H., 1975).

  • Statut de la propriété
    propriété privée
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH, 1904/02/17
    inscrit MH partiellement, 1987/07/03
  • Référence MH
  • Référence Patriarche
    reprise CC 2025, Relu KMH, 09/10/2025.

Il est difficile actuellement, du fait de la disparition des jardins et des bâtiments de service, de la dénaturation des ailes s'étendant rue de la Cavalerie et rue de la Bibliothèque et du quasi-abandon du corps de bâtiment médiéval, d'imaginer la qualité de l'ensemble du château.

Pour apprécier celle-ci, demeure l'analyse des plans - parmi lesquels ceux des jardins -, le recours à l'inventaire après décès de la princesse de Croÿ dressé en 1745, la qualité des plafonds à compartiments conservés aux n° 35-37 rue de la Cavalerie, et surtout l'analyse du corps de bâtiment médiéval, l'hôtel de Bailleul proprement dit.

La bibliographie existante s'est attachée à une lecture militaire de cet édifice, faisant le juste rapprochement avec le donjon de Bours (Pas-de-Calais) daté lui aussi du XVe siècle et significatif par son parti quadrangulaire massé flanqué de tourelles en encorbellement. Cependant la lecture de l'hôtel de Bailleul prend plus de pertinence par le rapprochement avec les demeures urbaines médiévales. En effet, les attributs défensifs apparaissent plus comme des rappels de la puissance seigneuriale, des signes ostentatoires de pouvoir. L'assommoir, les tourelles, le percement de celles-ci par des arbalétrières et des archères-canonnières qui doivent être utilisées par l'analyse comme des éléments de datation et non comme relevant d'un système défensif, l´existence originelle de mâchicoulis supposée par Nicolas Faucherre (communication orale), sont ici des éléments d'affirmation du statut social du commanditaire au même titre que le soin porté à l'appareillage de façade, les vestiges d´armoiries et la présence de la grande salle seigneuriale du 2e étage. Celle-ci a conservé son volume, son plafond à poutres apparentes, sa cheminée et ses percements d'origine, peut-être aussi des décors peints sous les nombreuses couches d'enduit. Signalons enfin que la faible épaisseur des murs (90 à 95 cm aux 1er et 2e étages) ne peut faire penser à un édifice conçu pour la défense et situé par ailleurs à l'intérieur d'une formidable enceinte urbaine.

L'hôtel de Bailleul s'impose donc comme étant une résidence seigneuriale urbaine du 15e siècle, utilisant la rhétorique de l'architecture militaire contemporaine dans un souci d'ostentation. Au-delà de son intérêt intrinsèque, la rareté d'édifices de même nature conservés dans le nord de la France est à souligner.

Documents d'archives

  • AC Condé-sur-l'Escaut. Registre de délibérations du conseil municipal : séances du 16 mai 1878 au 28 mars 1884.

    - Séance du 28 décembre 1882 : Offre de vente du château de Condé à la commune par les sr. Mention et Lefebvre. - Séance du 8 février 1884 : Vieux château de Condé, rapport de M. Cavel. Décision du conseil. - Séance du 22 février 1884 : Vente aux hospices de Condé d'une partie du terrain du vieux château [pour la création d'un nouvel hospice].

    Archives communales
  • AD Nord. Série O ; Sous-série 151 (Condé-sur-l'Escaut), 161 : Rue de la Bibliothèque. Elargissement. Achat de terrain. 1829.

    AD Nord
  • AD Nord. Série O ; Sous-série O 151 (Condé-sur-l'Escaut), 31. Acquisition du château de Condé, 1883.

    AD Nord
  • AD Nord. Série O ; Sous-série O 151 (Condé-sur-l'Escaut), 179. Rue de la Cavalerie. Modification des alignements, avec plan, 1884.

    AD Nord
  • AD Nord. Série O ; Sous-série O 151 (Condé-sur-l'Escaut), 48. Aliénation, à l'administration des hospices, d'un terrain dépendant du château de Croÿ, avec plans, 1884.

    AD Nord
  • AD Nord. Série O ; Sous-série O 151 (Condé-sur-l'Escaut), 49. Aliénation de terrains et bâtiments dépendant du château de Croÿ, avec plans, 1884-1887.

    AD Nord
  • AD Nord. Série O ; Sous-série O 151 (Condé-sur-l'Escaut), 51. Aliénation de bâtiments et terrains dépendant du château de Croÿ, avec plans, 1897-1903.

    AD Nord
  • AD Nord. Série O ; O 151 (Condé-sur-l'Escaut) : 151. Entretien des édifices communaux. 1828-1913.

    AD Nord
    Ancien château de Bailleul, aile rue de la Cavalerie, construction d'une buanderie, 1885.
  • AD Nord. Série O ; Sous-série O 151 (Condé-sur-l'Escaut), 53. Locations à court terme. An VII-1912.

    AD Nord
    Location des ailes du château, rue de la Bibliothèque et rue de la Cavalerie.
  • AD Nord. Série O ; Sous-série O 151 (Condé-sur-l'Escaut), 98. Appropriation de l'ancien château de la place Verte, avec plans. 1906-1908.

    AD Nord
    Concerne l'aile de la rue de la Bibliothèque. Travaux sous la direction de l'architecte Edmond Lemaire.

Bibliographie

  • Atlas des villes de la Belgique au XVIe siècle : cent plans du géographe Jacques de Deventer exécutés sur les ordres de Charles Quint et de Philippe II. Bruxelles : Institut national de géographie, 1884-1924. In-fol. 21e livraison.

  • Catalogue des tableaux et objets d'antiquités du musée de la ville de Condé-sur-Escaut (Nord), précédé d'une notice historique sur le château de Condé et sur la bibliothèque fondée en 1874. Paris : typographie Gaston Née, 1890.

  • Rapport sur les antiquités de Condé fait par le magistrat de cette ville à la fin du XVIe siècle, publié par Ernest Matthieu.- Mons : Dequesne-Masquillier et fils, 1896. 51 p.

    p. 15, 39 à 41
  • HENAULT, Maurice. Département du Nord. Ville de Condé-sur-l'Escaut. Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790. Lille : impr. Léonard Danel, 1897. L'introduction est une présentation historique de la ville et de ses monuments.

    p. XII
  • DELAME, René. Condé-sur-l'Escaut. Valenciennes : Pierre Giard libraire-éditeur, 1927.2 vol., 264 p., 80 pl.

  • DUVOSQUEL Jean-Marie (sous la direction de). Albums de Croÿ V. Comté de Hainaut II. Bruxelles : Éditions du Crédit Communal de Belgique, 1987. (collection Albums de Croÿ ; ISSN 0774-3106).

  • THIEBAUT, Jacques. Dictionnaire des châteaux de France : 4, Artois, Flandre, Hainaut, Picardie : Nord, Pas-de-Calais, Somme, Aisne. Paris : Berger-Levrault, 1978, tome 4.

    Sous la direction d'Yvan Christ.

    p. 102, 103 : notice Condé-sur-l'Escaut, château de Bailleul, par Alain Salamagne.
  • [Exposition. Valenciennes, Musée des beaux-arts. 1995]. Châteaux, chevaliers en Hainaut au Moyen-Age. Bruxelles : Crédit communal de Belgique, 1995.

    p. 100-102 : notice sur Condé-sur-Escaut, château de Bailleul, par Alain Salamagne
  • DION, Marie-Pierre. Emmanuel de Croy (1718 - 1784). Itinéraire intellectuel et réussite nobiliaire au siècle des Lumières. Bruxelles : Editions de l'Université de Bruxelles, 1987.

  • DAUVERGNE, Robert Les Résidences du Maréchal de Croy (1718 - 1784). Paris, Ivry-sur-Seine, Condé. Paris : R. Foulon impr., 1950.

    p. 115-142 : chapitre VII : Le Château de Condé-sur-Escaut et l'Hermitage.

Documents figurés

  • Le château de Bailleul et ses jardins, détail, 1841 (Service historique de la défense : Ville de Condé, projet de construction d'un bâtiment destiné à abriter une manutention et un magasin de vivres).

    Service historique de la Défense Vincennes
  • Château de Condé, vue générale depuis la place Verte, 1844-45. In : Promenades daguerriennes dans le département du Nord et la province du Hainaut (AD Nord).

    AD Nord
  • Condé-sur-l'Escaut. Château, vue générale avec l'enfilade de la rue de la Bibliothèque, carte postale, 1er quart 20e siècle (AD Nord).

    AD Nord
Date(s) d'enquête : 2008; Date(s) de rédaction : 2008
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Oger-Leurent Anita
Oger-Leurent Anita

Chercheur au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

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