Dossier d’œuvre architecture IA60005455 | Réalisé par
Chamignon Lucile (Rédacteur)
Chamignon Lucile

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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  • inventaire topographique, Communauté de communes Oise Picarde
Le village de Bacouël
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de l'Oise Picarde - Saint-Just-en-Chaussée
  • Commune Bacouël
  • Dénominations
    village
  • Parties constituantes non étudiées
    mairie, école, croix de chemin, monument aux morts

La commune de Bacouël regroupe deux sections : l’écart de Bacouël proprement dit, et l’écart de Breteuil-Embranchement où se trouve la gare. Ce dernier fait l’objet d’un dossier à part entière [IA60005456]. Lors de la création des communes en 1789, Bacouël est rattaché à Chepoix. L’écart devient une commune indépendante en 1867 en raison du développement de la section de Breteuil-Embranchement, créé à la suite de l’implantation de la gare dans les années 1840.

Origine

 D’après le dictionnaire topographie publié par Émile Lambert (1982), la première occurrence de "Bascoe" apparait dans une charte de Raoul de Clermont datée de 1180, issue du Cartulaire du prieuré de Wariville. Selon Maurice Lebègue (1994), deux hypothèses sur l'origine de ce toponyme peuvent être formulées : d'après la première, "Bacouel" serait formé du nom masculin gaulois bascos et du suffixe ialos ("clairière") ; d'après la seconde, ce nom serait dérivé de l'ancien français "baschoe" ou "bachoue" ("cuve", "bassin") et correspondrait à la topographie du terrain formant une vallée.

Dans sa Notice sur Chepoix (1898), l'abbé Seillier retrace l'histoire de Bacouël depuis le Moyen Âge. Bien que cette localité soit alors rattachée à la paroisse de Chepoix, la seigneurie en est distincte. Au début du XVIe siècle, elle appartient à Charles de Paillart, seigneur de Choqueuse, qui possédait également la seigneurie de Catheux, elle-même rattachée à celle de Crèvecœur. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle la seigneurie de Bacouël est partagée entre plusieurs seigneurs : Antoine de Guillebon (branche de Beauvoir), A. de Hemon et M. de Pronleroy.

Après la Révolution en 1789, les communes sont créées et Bacouël est naturellement rattaché à Chepoix, paroisse dont elle faisait partie. En 1831, dans le premier recensement de population détaillé disponible, l'écart de Bacouël compte déjà 351 habitants. En comparaison, celui de Chepoix en rassemble 475. Il faut attendre les années 1840 et la construction de la gare de Breteuil à environ 1 km au nord de Bacouël pour que ses habitants revendiquent leur indépendance. En effet, le quartier de la gare se développe, le nombre d'habitants augmente et l'école de Chepoix devient trop éloignée pour les élèves. Bacouël est érigé en commune par la loi du 19 juin 1867.

 

Évolution de la morphologie et du parcellaire

 Sur la carte de Cassini (1757), Bacouël apparait comme un hameau, situé à proximité de la chapelle Saint-Éloi dont la reconstruction remonterait au XVIIe siècle (Louis Graves, 1843). L'étude du cadastre napoléonien levé dans le premier tiers du XIXe siècle permet d'apprécier plus précisément la morphologie du hameau à cette période. Il se divise en deux quartiers distincts : le bâti du premier est établi le long de la route qui relie Chepoix à la route royale entre Breteuil et Montdidier ; tandis que le second noyau d'habitat est réparti dans la section dite "Les Mazures" dans les recensements de population, située un peu plus à l'ouest de la première. Les maisons longent l'actuelle rue des Mazures et le début de la rue Heudin. Enfin, quelques logements sont implantés entre ces deux zones, le long de la rue Saint-Antoine.

Environ un siècle plus tard, sur le cadastre de 1934, la trame bâtie reste la même, la densité de l'habitat et son implantation demeurent inchangées. Cette analyse cartographique est confirmée par les recensements de population qui démontrent que la démographie évolue peu. En 1936 Bacouël compte 91 maisons pour 223 habitants tandis qu'en 1831 94 maisons y étaient implantées pour 351 habitants.  

La construction de pavillons neufs accompagne la hausse démographique du dernier quart du XXe siècle en particulier à l'extrémité ouest de la rue des Mazures, dans la rue Saint-Antoine, et au nord de la rue Yves-Maréchal (anciennement "chemin d'Amiens" sur le cadastre napoléonien).

Le parcellaire ancien est toujours bien visible et caractéristique des villages du plateau picard. Il comprend de fines lanières juxtaposées, les "trinquettes", sur lesquelles sont établies les fermes picardes, constituées d'une grange avec entrée charretière sur la rue et d'un logis en fond de cour.

 

Lieux partagés et structurants

               Les limites du village : tour de ville et croix de chemin 

Traditionnellement, les villages du plateau picard sont ceinturés par le tour de ville, ce sentier qui délimite nettement la zone habitée de la zone cultivée. Il est situé à l'arrière des jardins des habitations et permet notamment la circulation des troupeaux pour le pâturage et des attelages pour les travaux des champs qui se trouvaient juste de l'autre côté. À Bacouël, le tour de ville à l'arrière de la rue Yves-Maréchal côté ouest est toujours conservé (aujourd'hui sentier de l'Empire) tout comme une section de l'autre côté de la rue Heudin. Il est également toujours praticable entre l'église et l'extrémité ouest de la rue des Mazures en s'étirant parallèlement à cette rue et à la rue Saint-Antoine.

Les limites du village, en particulier les entrées et les sorties, sont souvent matérialisées par des croix de chemin. À Bacouël, il n'en reste qu'une seule, située à l'entrée sud en provenant de Chepoix, à l'intersection entre les rues Yves-Maréchal, Saint-Antoine et du Pont Papillon. D'après les travaux de l'Association pour la Connaissance et la Conservation des Croix et Calvaires du Beauvaisis, cette croix est nommée "calvaire Vaconsin", du nom de celui qui l'a érigée au XVIIIe siècle, et se trouvait à l'origine à un autre emplacement, plus au nord-ouest. Un nouveau Christ est rétabli par François Vaconsin, après que le premier a été dérobé pendant la période révolutionnaire. Volé une nouvelle fois quelques décennies plus tard, il est de nouveau remplacé en 1843, bien qu'aucune source ne puisse confirmer qu'il soit celui aujourd'hui visible.

 

               Gérer et partager l'eau : ru, mares et puits

Bacouël est implanté au creux d'une petite vallée traversée par le ru qui passe à Rouvroy-les-Merles et rejoint la Noye. Ce cours d'eau passe le long de la rue de L'Empire et du sentier du tour de ville de la rue Yves-Maréchal. La présence d'un point d'eau est précieuse dans une région où cette ressource est le plus souvent rare en raison de la nature sèche et poreuse des sols calcaires.

Les mares communales sont des infrastructures fréquentes dans les communes de l'Oise picarde. Ces équipements permettent de stocker l'eau en cas d'incendie, d'abreuver les troupeaux et de contenir les eaux des fortes pluies. Quatre mares sont identifiables aujourd'hui à Bacouël. Toutefois, aucune n'est visible sur le cadastre napoléonien levé dans le premier tiers du XIXe siècle. L'une se situe dans la rue Heudin, en face du n°2, une autre dans la rue Yves-Maréchal, en face du n°47, à l'entrée du sentier du tour de ville. Une troisième est localisée dans la rue des Mazures, en face du n°16. Enfin, la dernière se trouve dans la rue Saint-Antoine, en face du n°11. Aucune n'était en eau lors de la visite du village au mois de juillet 2024.

Dans la Notice descriptive et statistique sur le département de l'Oise datée de 1902, la notice sur Bacouël, qui inclut également le hameau de Breteuil-Embranchement, compte 6 mares et 90 puits. Toutefois, aucun puits n'a été repéré lors de la visite de terrain.

 

               Les écoles et la mairie

Bien que rattaché à Chepoix, Bacouël est doté d'une première école en 1845 en raison de son éloignement par rapport au chef-lieu. Elle est établie dans une maison louée par la commune dans l'actuelle rue Yves-Maréchal. Cette dernière décide de l'acheter pour reconstruire une nouvelle école à son emplacement (plan du terrain en ill.). Un premier projet, abandonné par la suite, est établi par l'architecte Désiré Dercheu en 1851 (voir en ill.). Ce dernier propose un second projet en 1853 dans lequel il prévoit que les matériaux de l'ancien bâtiment serviront à construire le nouveau.

L'année suivante, le projet est modifié (voir les plans et élévations en ill.) après des remarques émises par le Ministre de l'Instruction publique et des Cultes (ajout d'un puits, séparation de la cour entre garçons et filles, déplacement du bûcher et des latrines). L'entrepreneur et marchand de bois Louis Martin, domicilié à Ansauvillers, est chargé d'exécuter les travaux, qui sont réceptionnés en 1856. Malheureusement, aucun plan n'a permis de confirmer avec exactitude l'emplacement de cette école mixte. D'après le tableau d'assemblage du cadastre complété vers 1881 par la localisation des deux écoles existantes à cette date (une de filles, une de garçons), elle se trouvait dans l'actuelle rue Yves-Maréchal, entre la rue Heudin et la rue Saint-Antoine (voir ill.), probablement au n°45 actuel.

D'après le même plan cadastral, une école de filles existait à Bacouël, dans la rue Saint-Antoine. Privée, elle a été créée en 1854 grâce au legs de monsieur Cauvel, curé de Cugnières qui a fait la donation des bâtiments. En 1868, l'établissement compte une quarantaine de filles. En 1881, la commune souhaite le rendre publique car la population de Bacouël a augmenté et la création d'une école de filles est requise. Le conseil municipal décide alors de louer le bâtiment au curé de Chepoix qui en est le propriétaire.

Toutefois, les habitants de Breteuil-Embranchement réclament la construction d'une école pour leur hameau. En 1883, leur population est de 107 habitants - dont 6 garçons et 10 filles en âge d'être scolarisés. Le conseil municipal leur répond dans une délibération que le chemin par lequel passent les enfants n'est impraticable que deux mois dans l'année et qu'ils ne mettent pas plus de quinze minutes pour se rendre à l'école de Bacouël. En revanche, il reconnait que l'école de filles de la rue Saint-Antoine est trop loin et qu'il est nécessaire d'en construire une plus près de la gare.

À cette date, Bacouël n'a toujours pas de mairie et les conseils municipaux se déroulent dans l'école de garçons. En 1884, il est décidé d'en construire une, provisoire, dans cette dernière. Une simple cloison en bois est prévue pour la séparer de la classe. La mairie reste à cet endroit (probablement l'actuelle maison au n°45 de la rue Yves-Maréchal) jusqu'à la construction de l'actuelle mairie-école à la sortie nord de Bacouël.

Il faut attendre 1907 pour que les plans et devis de la nouvelle école de filles soient présentés au conseil municipal. Le projet est toutefois refusé par la commission d'hygiène car l'établissement est jugé trop éloigné de certains habitants de Bacouël. Entre 1931 et 1934, une maison avec salle de classe est louée dans le hameau de Breteuil-Embranchement mais son emplacement n'a pas été identifié.

Les dossiers de la série O ne comptent pas de documents postérieurs à cette date mais il semble que cette situation reste inchangée jusque dans les années 1950 au cours desquelles la mairie-école actuelle est construite (datation d'après le style). Elle comprend un bâtiment de mairie et un logement pour l'instituteur, alignés sur la rue. Les salles de classes sont installées dans un bâtiment à l'arrière, parallèle à la rue de la Gare.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age, Temps modernes , daté par travaux historiques, daté par source
    • Principale : 19e siècle, 3e quart 19e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
    • Principale : 20e siècle, milieu 20e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
  • Dates
    • 1856, daté par source
  • Auteur(s)

Documents d'archives

  • AD Oise. Série J ; sous-série 49 J : 49 Jp 12. Bacouël. Inventaire des croix et calvaires. Archives de l'association pour la connaissance et la conservation des calvaires et croix du Beauvaisis, 2007.

    AD Oise
  • AD Oise. Série M ; sous-série 6 M : 6 Mp 168. Chepoix. Recensements de population (1820 à 1936).

    AD Oise
  • AD Oise. Série M ; sous-série 6 M : 6 Mp 38. Bacouël. Recensements de population (1872 à 1936).

    AD Oise
  • AD Oise. Série O ; sous-série 2 O : 2 O 30246. Chepoix. École de Bacouël (1853-1871).

    AD Oise
  • AD Oise. Série O ; sous-série 2 O : 2 O 27043. Bacouël. Mairie et écoles (1858-1940).

    AD Oise

Bibliographie

  • LEBÈGUE, Maurice. Les noms des communes du département de l'Oise. Amiens : Musée de Picardie, 1994.

  • LAMBERT, Émile. Dictionnaire topographique du département de l'Oise. Amiens (Musée de Picardie) : Société de linguistique picarde, 1982 (tome 23).

  • Notice descriptive et statistique sur le département de l'Oise. Paris : Imprimerie du service géographique, 1902.

  • SEILLIER, abbé. Notice sur Chepoix. In L'Annuaire de l'Oise. [s. l.] : [s. ed.], [1898-1901].

Périodiques

  • GRAVES, Louis. Précis statistique sur le canton de Breteuil, arrondissement de Clermont (Oise). Annuaire de l'Oise. Beauvais : Achille Desjardins, 1843.

Documents figurés

  • Chepoix. Cadastre napoléonien, section A, feuille 2, [premier tiers du XIXe siècle] (AD Oise ; EDT 175/1 G 1).

    AD Oise
  • Bacouël. Cadastre rénové, 1934 (AD Oise ; 1964 W 12).

    AD Oise
  • Bacouël (Oise). Grande Rue, carte postale, éd. Perrin, Paris, [premier quart du XXe siècle] (coll. part.).

    Collection particulière
  • Bacouël (Oise). La Grande Rue, carte postale, éd. Perrin, Paris, [premier quart du XXe siècle] (coll. part.).

    Collection particulière

Annexes

  • Les anciennes activités des habitants et habitantes de Bacouël
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Chamignon Lucile
Chamignon Lucile

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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