Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France
Chercheur associé à l'Inventaire pour l'étude sur Abbeville (2018).
- inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
-
Monnehay-Vulliet Marie-LaureMonnehay-Vulliet Marie-LaureCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
Communauté d'agglomération de la Baie de Somme - Abbeville
-
Commune
Abbeville
-
Adresse
place du Saint-Sépulcre
-
Cadastre
2025
XT
133
-
Dénominationséglise paroissiale
-
VocablesSaint-Sépulcre
De la tradition des origines à l’église du XVe siècle
L’histoire de la fondation de l’église du Saint-Sépulcre d’Abbeville est longtemps demeurée enveloppée de mythes, largement relayés par certains historiens locaux tels que Formentin, et partiellement repris par le R. P. Ignace ou encore par l’abbé Coyette dans son histoire de la paroisse. La tradition rapporte en effet que Godefroy de Bouillon, chef croisé des premières guerres saintes, aurait réuni ses chevaliers aux portes d’Abbeville avant leur départ pour la première croisade, en 1098. Selon cette hypothèse, remise en question par l’historien Ernest Prarond, l’église aurait été élevée par Guy de Ponthieu à l’endroit même où les chefs croisés prirent la route pour délivrer le tombeau du Christ.
Si Prarond émet des réserves quant à cette tradition, il admet toutefois que la première église ait pu être érigée à proximité d’un ancien campement de croisés. Les historiens du XIXe siècle s’accordent à considérer que la première église fut construite en charpente et en placage de bois, et en situent la réalisation entre la fin du XIᵉ siècle et le début du XIIᵉ siècle. Toutefois, la plus ancienne source écrite parvenue jusqu’à nous ne remonte qu’au début du XIIIᵉ siècle : une charte datée de 1206 atteste en effet la "fondation de vingt livres parisis de cens, plus trente pains et trente chapons, faite par Guillaume de Visme, curé du Saint-Sépulcre et doyen d’Abbeville, en faveur du prieuré de Saint-Pierre" (Prarond,1872). En effet, jusqu’à la Révolution, la paroisse demeure sous l'autorité du vicomté Saint-Pierre (P. Ignace. Histoire ecclésiastique, chap. XLVIII, p.165).
Au XIIe siècle, le premier édifice et sa paroisse se trouvent hors des fortifications de la ville, dans un secteur alors cultivé ou réservé au pâturage, surplombant la source du Scardon. L’église est alors encadrée à l’est par un bois, et dominée au nord-ouest par le château des comtes de Ponthieu, établi à l’emplacement approximatif de l’actuel lycée Saint-Pierre. Toutefois, selon l’archéologue Raphaël Clotuche (Revue archéologique de Picardie, n°3-4, 1997), à cette période les comtes avaient probablement déjà transféré leur résidence à l’intérieur du castellum, à l’ouest de la ville, près de la rivière Somme - le château ayant alors laissé place au prieuré de Saint-Pierre-et-Saint-Paul, fondé vers 1100 (Jaminon-Boinet, 2008).
L’église, telle que nous la connaissons partiellement aujourd’hui, a remplacé vers 1450 l’édifice en charpente. Tout porte à croire que ce dernier, vraisemblablement endommagé pendant la guerre de Cent Ans, bénéficie du renouveau économique de l’après-conflit pour être reconstruit en maçonnerie. L’abbé Coyette rapporte qu'un notable abbevillois, "Jean de la Warde (...) donna mille livres tournois en 1459 pour achever le chœur et l’autel" (p. 264). Par ailleurs, le style gothique flamboyant qui caractérise l’architecture de l’édifice vient confirmer cette datation. À cette époque, la tour-clocher était coiffée d’une flèche en bois recouverte de plomb (ill.). Une chapelle latérale conserve également, depuis cette période, un gisant représentant le Christ dans son tombeau.
L’église médiévale accueillait de nombreux malades venus y accomplir des neuvaines : prières de neuf jours consécutifs, destinées à demander une grâce particulière. Cet afflux important entraîna l’installation de baraquements au sein même du cimetière, alors situé autour de l’édifice, afin de leur offrir un abri et un espace de prière (Louandre, 1834). Un registre des délibérations de l’échevinage révèle qu’en 1472, la ville fait don de deux chênes à l’église pour permettre la construction de "la maison ou chambre (...) où les malades font leur neuvaine".
De l’édifice des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, nous ne connaissons que peu de choses. Il ne semble pas avoir subi de transformations architecturales majeures durant cette période. Les interventions relèveraient davantage d’un programme ornemental limité, à en juger par quelques éléments décoratifs installés à cette période, tels que les clefs pendantes en plâtre des voûtes des bas-côtés, installées respectivement en 1622 pour le collatéral gauche et en 1625 pour le collatéral droit.
À la fin du XVIIᵉ siècle et au cours du XVIIIᵉ, plusieurs œuvres d’importance font leur entrée au sein de l’église du Saint-Sépulcre. En 1658, celle-ci reçoit un tableau offert par le cardinal Mazarin, à la suite de son passage à Abbeville en compagnie du roi et de la reine-mère. L’œuvre, aujourd’hui non identifiée, portait les armes du cardinal ; or, aucun autre tableau conservé à Abbeville ne présente actuellement cette marque distinctive.
On signale également, au XVIIIᵉ siècle, l’accrochage dans l’église du Saint-Sépulcre d’un tableau de Noël Hallé représentant La Résurrection (D1981.1.1), accompagné de deux médaillons peints par Nicolas de Poilly, représentant Saint Jean (1894.4.1) et Saint Pierre (1894.4.2). Ces derniers sont aujourd'hui conservés au Beffroi-Musée Boucher de Perthes-Manessier, alors que le tableau de Noël Hallé y est en dépôt (IM80002121).
De la période révolutionnaire aux grands travaux du XIXe siècle
À la Révolution, l’église perd une partie de son mobilier, dispersé par la vente ou détruit par le feu. C’est ainsi que plusieurs œuvres ayant appartenu à la paroisse se retrouvent aujourd’hui dans des paroisses voisines (IM80002121).
L’église perd même sa fonction liturgique durant la Révolution : en 1792, elle est réaffectée en salle de réunion publique, notamment pour l’élection des députés à la Convention. L’année suivante, elle est transformée en fabrique de poudre, accueillant des ateliers de salpêtriers. C’est également en 1793 que la flèche est dépouillée du plomb qui la recouvrait, lequel est revendu pour être fondu. La structure elle-même sera finalement détruite en 1798.
L’édifice est rendu au culte en 1795, à la faveur du rétablissement des pratiques religieuses. Après la Révolution, l’église retrouve ses objets épargnés des flammes et de la dispersion mais doit tout de même s’astreindre à quelques réparations dues aux troubles révolutionnaires. Il s'agit par exemple en 1809 de réparer l’horloge du clocher.
En 1856, une verrière est installée dans la chapelle du Saint-Sépulcre, représentant Godefroy de Bouillon à Abbeville, peu avant son départ pour la Terre sainte. Ce vitrail fut exécuté sous la supervision de l’archéologue et historien de l’art Adolphe Napoléon Didron, spécialiste de l’iconographie médiévale. Peu de temps après l’installation de ce vitrail, le bas-côté droit de la nef se voit lui aussi doté d’un vitrail sur le thème de la charité, don du curé Carpentier ainsi que du vitrail sur le thème de la foi placé à sa droite la même année (IM80002122).
Le 18 décembre 1861, l’abbé Carpentier, curé de la paroisse du Saint-Sépulcre, présente au conseil de fabrique son souhait de voir l’église restaurée et agrandie. L’édifice du XVe siècle s’avère alors trop exigu et nécessite une restauration. Le curé établit un plan de travaux d’agrandissement et de restauration, estimé à environ 80 000 francs. Le projet est favorablement accueilli par le conseil : bien que la dépense soit considérable, l’église est en mesure d’y faire face grâce aux économies accumulées par la fabrique, complétées par la générosité des paroissiens appelés à souscrire. Le conseil s’engage en outre à ne solliciter aucune subvention auprès de la municipalité.
C’est Victor Delefortrie (1810-1889), architecte amiénois et acteur majeur de l’essor du néo-gothique dans la Somme, qui élabora les plans de cette reconstruction partielle (ill.). Ceux-ci furent ensuite approuvés par Viollet-le-Duc, alors inspecteur général des édifices diocésains .
L’objectif de ces plans est "d’achever" l’église du XVe siècle en lui donnant de nouvelles proportions. Le chœur est considérablement agrandi, tandis que les transepts, prolongés de part et d’autre, accueillent la chapelle de la Vierge au nord et celle du Sacré-Cœur au sud. On note également l’adjonction d’une sacristie, située au nord du chœur.
Finalement, de l’ancienne église subsistent la tour-clocher, la nef avec ses bas-côtés nord et sud, ainsi que la chapelle du Saint-Sépulcre.
À partir de 1861, l’architecte Delefortrie fait abattre le chœur médiéval pour le remplacer par un transept et un nouveau chœur néo-gothique, correspondant à la partie orientale actuelle de l’édifice. Quant aux frères Duthoit, architectes et décorateurs amiénois, ils signent une partie du mobilier du chœur (IM80002189).
Les interventions menées après ces modifications, c'est-à-dire à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, sont aujourd’hui difficiles à documenter. L’étude comparative des cartes postales anciennes permet toutefois d’attester d’une nouvelle campagne de vitraux, en particulier pour les baies de la façade principale, jusque-là garnies de verre blanc. La baie du bas-côté nord, sur la façade occidentale, a également été dotée d’un remplage néo-gothique.
L’ornementation néo-gothique de la façade est par ailleurs poursuivie avec l’ajout de pinacles à fleurons et de crochets sur les rampants du pignon correspondant au bas-côté nord. Une horloge est remise en place sur la tour-clocher, et une statue du Christ tenant dans sa main droite l’étendard de la Résurrection est installée sur le tympan au-dessus de la porte de la façade occidentale.
Enfin, il semble qu’une partie de la place ait été décaissée et repavée, comme en témoigne l’ajout de deux marches supplémentaires pour accéder au portail principal.
L’église dans la seconde moitié du XXe siècle
Les deux guerres mondiales n’épargnent pas cette église. Lors de la Première Guerre mondiale, de nombreux vitraux sont soufflés, tandis que des explosions endommagent gravement l’orgue et sa tribune. Bien qu’une indemnité pour dommages de guerre soit allouée à la restauration de l’instrument, l’entrepreneur chargé des travaux juge la somme insuffisante et l’orgue ne sera finalement jamais réparé.
En mai 1940, les bombardements achèvent de détruire le grand orgue et aggravent les dommages déjà subis par les vitraux. L’édifice lui-même souffre de destructions structurelles importantes, notamment l’effondrement partiel de la charpente et l’endommagement du sommet de la tour-clocher (ill.).
Les dossiers d’indemnité pour dommages de guerre attestent qu’après la Seconde Guerre mondiale, la majorité des vitraux étaient abîmés et certains totalement détruits. Ces documents mentionnent également l’existence d’un ancien cycle verrier, dont il ne subsiste aujourd’hui presque rien. Pour pallier les destructions, du verre cathédrale est alors mis en place en remplacement provisoire, en attendant la restitution des vitraux figurés.
Il faut attendre les années 1970 pour que l’église fasse l’objet d’une restauration d’ensemble et soit rendue au culte. La voûte de la nef de 1863 n’ayant pas été reconstruite, une voûte en berceau de bois est réalisée pour la remplacer. Dans le même temps, la vitrerie provisoire est remplacée par des vitraux losangés réalisés par les ateliers Cagnard à Amiens, vraisemblablement pour le chœur et les chapelles latérales.
En 1982, François Enaud, inspecteur des Monuments historiques, dresse le constat d’une église encore profondément marquée par les destructions de la Seconde Guerre mondiale. Soucieux de lui restituer un cycle de vitraux, il envisage de confier cette mission au peintre et maître-verrier Alfred Manessier (1911-1993), originaire d’Abbeville, déjà auteur de nombreux vitraux pour des édifices religieux en France et en Europe. La commande s’étend de 1982 à 1993 : les deux dernières verrières sont inaugurées le 5 décembre, jour anniversaire de l’artiste, disparu prématurément quatre mois plus tôt.
Cette commande réinvente la physionomie de l’église, désormais largement reconnue pour abriter l’un des ensembles les plus significatifs de l’œuvre d’Alfred Manessier.
Parmi les autres interventions notables, on peut signaler dans les années 2010 la restauration d'une partie de la couverture et la restauration de la toiture du clocher de l’édifice.
L’église est classée au titre des Monuments historiques depuis le 11 octobre 1907.
-
Période(s)
- Principale : 3e quart 15e siècle
- Principale : 3e quart 19e siècle
-
Dates
- 1458, daté par source
- 1865, daté par source
-
Auteur(s)
-
Auteur :
Delefortrie Victor , dit(e) Delefortrie Victor Louisarchitecte attribution par sourceDelefortrie VictorCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
"Victor Louis Joseph Deleforterie naît à Lille le 29 août 1810. Avec son fils Paul, ils contribua grandement par l'importance de leur production à l'essor de l'architecture néogothique dans le département de la Somme durant la seconde moitié du XIXe siècle. Ils œuvrèrent également hors du département. Paul et Victor Delefortrie devinrent membre de la Société des Architectes du Nord en 1883. La démarche fonctionnaliste de Victor Delefortrie montre qu'il a subi l'influence d'Eugène Viollet-le-Duc. Il était proche des Frères Duthoit avec qui il collabora."
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Delefortrie [consulté le 21/11/2024]
1862 : architecte et entrepreneur, domicilié 2 esplanade de Noyon à Amiens (annuaire).
-
Auteur :
Manessier AlfredManessier AlfredCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Alfred Manessier, né le 5 décembre 1911 à Saint-Ouen (Somme) et mort le 1er août 1993 à Orléans (Loiret), est un peintre non figuratif français, considéré comme un des maîtres de la nouvelle École de Paris.
Profondément imprégné dès son enfance par les paysages et la lumière de la Baie de Somme, il consacre de nombreuses toiles aux méandres et reflets du fleuve, au littoral picard, aux ports du Nord.
À partir de 1947, le vitrail occupe une grande partie de son œuvre. Il en réalise un grand nombre, sur demande de la Commission diocésaine d'art sacré de Besançon aux Bréseux d'abord, à Pontarlier (église Saint-Bénigne) puis des dominicains du Saulchoir. Mais à partir des années 1960, les vitraux et leur conservation le préoccupent assez pour qu'il crée en 1964 l'Association pour la défense des vitraux de France avec un groupe d'amis.
S'il est en bonne place dans les lieux de culte et les couvents par ses tapisseries, peintures, vitraux, Manessier refuse l'étiquette de « peintre religieux », et à partir de 1956, date de l'insurrection de Budapest, il réalise un grand nombre de toiles « politisées », en rapport avec les violences du monde [...].
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Manessier [consulté le 24/10/2025]
-
Auteur :
L’église du Saint-Sépulcre est implantée au nord-est du centre-ville d'Abbeville, à proximité de la chaussée du Bois, axe de circulation principal assurant son accès. L’édifice se situe légèrement en retrait de cette artère, au cœur de la place du Saint-Sépulcre, desservie au sud par les rues du Saint-Esprit, du Saint-Sépulcre et Charlet, et à l’est par la rue Alfred-François ainsi que par la rue de la Briolerie, qui remonte vers le nord. L’ensemble de la place est ceinturé d’un bâti hétérogène, comprenant des constructions conservées des XVIIIe et XIXe siècles, ainsi que des édifices issus de la Première et de la Seconde Reconstruction de la ville.
Traditionnellement orientée selon un axe est-ouest, l’église adopte un plan en croix latine, articulé autour d’une nef de quatre travées flanquée de collatéraux, légèrement inférieurs en élévation au vaisseau central. La quatrième travée du bas-côté nord s’ouvre sur une chapelle couverte d’une toiture indépendante à deux pans. La nef est prolongée par un transept dont l’élévation est équivalente à celle du vaisseau central. Le chœur est entouré de deux chapelles latérales, dont la hauteur correspond à celle des bas-côtés. L’abside qui prolonge le chœur donne accès à la sacristie, située au nord. Le clocher s’élève au niveau de la première travée de la nef. Sa tour, de plan carré, domine l’ensemble. Une tourelle prend place entre cette tour et l'entrée de la nef.
L’édifice est construit en pierre calcaire, provenant des carrières de Pont-Remy pour les parties restaurées par l'architecte Delefortrie. La sacristie du XIXe siècle, quant à elle, est réalisée en brique.
La façade principale, à l’ouest, est formée par les murs-pignons de la nef et de son collatéral nord, ainsi que, légèrement en saillie, l’une des façades de la tour-clocher. De la façade médiévale il ne subsiste que très peu d’éléments. L’ensemble, largement remanié par Delefortrie, nous apparaît aujourd’hui sous un aspect néo-gothique. La façade est précédée par un soubassement délimité dans sa partie supérieure par une retraite à larmier qui court tout le long de l’édifice.
Le pignon central, encadré par deux contreforts néo-gothiques sculptés de pinacles à fleurons, s’organise autour de trois baies. Précédée d’une volée de quatre marches, la porte de l’église présente une ouverture en anse de panier, ornée d’un gâble en arc brisé dont les rampants sont décorés de choux frisés et surmontés d’un pinacle orné des mêmes motifs végétaux.
Le tympan s’organise autour d’une niche centrale abritant une statue en ronde-bosse du Christ tenant dans sa main droite l’étendard de la Résurrection. Cette effigie se dresse sur un culot orné et est surmontée d’un dais néo-gothique sculpté. L’arrière-plan est animé par un réseau flamboyant composé de mouchettes et de soufflets, encadrés de formes trilobées ajourées.
Au-dessus du tympan, la grande baie en arc brisé est composée de cinq lancettes surmontées d’un remplage néo-gothique. La partie supérieure du pignon est quant à elle percée d’une rose. Plus haut encore, les rampants du pignon sont garnis de choux frisés et couronnés par un fleuron.
Le pignon du collatéral nord reprend le même vocabulaire décoratif, avec une large baie composée de cinq lancettes et d’un remplage flamboyant néo-gothique, elle aussi décorée de choux frisés et d’un fleuron. Au-dessus, une baie vide s’ouvre dans la partie haute du pignon. Le décor des rampants reprend les mêmes éléments que précédemment décrits.
Dans le redent formé entre le mur-pignon de la nef et la tour-clocher, une tourelle s’élève jusqu’à mi-hauteur de la tour, assurant l’accès aux niveaux supérieurs grâce à l'escalier en colimaçon. La tour elle-même, encadrée sur chaque face par deux contreforts, présente sur sa façade occidentale une baie à deux lancettes au rez-de-chaussée, et, plus haut, une longue baie garnie d’abat-sons. Sous ces ouvertures se trouve une horloge, tandis qu’un écusson sculpté occupe la partie supérieure. Celui-ci présente à senestre la croix potencée de l'ordre du Saint-Sépulcre cantonnée de quatre croisettes et à dextre une escarboucle fleurdelisée.
Le clocher est coiffé d’un toit en pavillon, précédé d’une corniche ornée de larges feuilles sculptées. La couverture est percée d’une lucarne qui supporte une armature de campanile abritant les trois cloches du carillon. Au sommet, l’épis de faîtage est orné d’une croix et surmonté d’un coq girouette
La façade sud dispose de l’entrée la plus usitée, aménagée au rez-de-chaussée de la tour-clocher. Cette porte, bien plus sobre que celle de la façade principale, s’ouvre sous un arc en anse de panier, surmonté d’un gâble en arc brisé dépourvu de décor. Au-dessus, une niche accueille une sculpture en ronde-bosse représentant le Christ au roseau. Plus haut, un abat-son de dimensions plus réduites précède l’horloge, identique à celle de la façade occidentale, puis une série d’abat-sons occupe la partie supérieure de la tour. L’écusson sculpté de ce côté est orné de trois fleurs de lys, symbole du roi. Sur les deux autres faces, les blasons représentent, pour l’une, une croix, et pour l’autre, les armoiries du dauphin de France : un écu chargé de deux dauphins affrontés et de plusieurs fleurs de lys disposées en orle.
Le reste de la façade sud permet de lire clairement l’organisation des différents volumes de l’édifice et son augmentation dans les années 1865. Directement accolé à droite de la tour, le bas-côté sud est éclairé par deux baies néo-gothiques à cinq lancettes, surmontées d’un remplage en forme de flammes. La couverture à double versant du collatéral, plus basse que celle de la nef, vient s’appuyer contre le transept. Le pignon de celui-ci est percé d’une vaste baie reprenant le même type de réseau flamboyant que celles du collatéral, mais de dimensions plus importantes. Cette baie est surmontée d’une sculpture en ronde-bosse posée sur un culot orné. L’œuvre, abritée sous un dais en forme de pinacle à crochets, représente le chevalier croisé Godefroy de Bouillon, en armes. Le faîtage de ce pignon est nu, bien que couronné d’un fleuron.
De l’autre côté du pignon, une travée prolonge le collatéral sud : il s’agit de l’espace consacré à la chapelle du Sacré-Cœur. Plus en retrait, dans l’alignement de la nef, l’abside est percée sur cette face de trois baies, chacune composée de trois lancettes. Chaque travée de la façade est délimitée par des contreforts ornés de pinacles à crochets.
De l’autre côté de l’édifice, la façade nord s’organise de la même manière que la façade sud, à l’exception d’une baie qui remplace ici l’espace occupé au sud par la tour-clocher. Par ailleurs, au niveau de la quatrième travée s’ouvre la chapelle du Saint-Sépulcre, dans une construction qui se détache du reste de l’édifice et qui, une fois encore, rend lisible l’organisation spatiale de l’église. Ce décrochage de façade est couvert d’un toit à double versant et percé, sur ses faces est et ouest, de deux baies à deux lancettes, aux proportions plus trapues.
Enfin, sur la face nord de l’abside, un bâtiment en brique, beaucoup plus bas que le reste de l’édifice, abrite la sacristie. Celle-ci est couverte d’un toit en zinc, contrastant avec le reste de la couverture en ardoise. Cette extension du XIXᵉ siècle évoque le style néo-gothique grâce à ses baies couvertes d’un gâble en accolade. Les trois baies de la façade nord sont garnies de fenêtres, celle de la façade côté est est murée, et la dernière correspond à une porte.
À l’intérieur, la nef et ses collatéraux se composent de quatre travées, séparées par une série d’arches en ogive reposant sur des colonnes dépourvues de chapiteaux. Dans les bas-côtés, les voûtes d’ogives à liernes et tiercerons, deux dans le bas-côté sud et quatre dans le bas-côté nord, reposent sur des culots sculptés de scènes bibliques. L’ensemble présente également des clés de voûte pendantes, dont certaines, en plâtre, sont ajoutées en 1722 et 1725.
Dans la nef, les voûtes, plus élevées, sont lambrissées. Au-dessus des arches qui la séparent de ses collatéraux, la nef est percée d’oculi polylobés garnis de vitraux. Elle se prolonge dans le transept et le chœur, tandis que les collatéraux aboutissent aux chapelles de la Vierge, au nord, et du Sacré-Cœur, au sud, toutes deux aménagées au XIXᵉ siècle par les architectes amiénois Aimé et Louis Duthoit.
La chapelle du Saint-Sépulcre est, quant à elle, accessible depuis la dernière travée du collatéral nord par une arche brisée ornée d’une frise végétale. Construite sous une voûte en croisée d’ogives, elle est décorée d’un ensemble sculpté représentant le tombeau du Christ, visible sur le mur nord (IM80002123). La clé de voûte porte la représentation de l’agneau Pascal.
Le chœur, qui accueille l’autel central, donne accès aux chapelles latérales ainsi qu’à l’abside, où se trouve le maître-autel. De part et d’autre, des stalles sont disposées, devant lesquelles s’ouvre, sur le mur nord, une porte menant à la sacristie. Sous chacune des sept verrières qui éclairent le chœur et l’abside, reposent des châsses reliquaires.
-
Murs
- calcaire moyen appareil
- brique
-
Toitsardoise, zinc en couverture
-
Plansplan en croix latine
-
Étages3 vaisseaux
-
Couvrements
- voûte d'ogives
- lambris de couvrement
-
Élévations extérieuresélévation à travées
-
Couvertures
- toit à longs pans pignon découvert
- toit à deux pans de plan massé pignon découvert
- toit en pavillon
-
Énergies
-
Typologies
-
Statut de la propriétépropriété de la commune
-
Intérêt de l'œuvreà signaler
-
Protectionsclassé MH, 1907/10/11
-
Précisions sur la protection
Classé Monument historique par arrêté du 11 octobre 1907.
-
Référence MH
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville - Archives et Bibliothèque patrimoniale
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville - Archives et Bibliothèque patrimoniale
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville - Archives et Bibliothèque patrimoniale
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville - Archives et Bibliothèque patrimoniale
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville - Archives et Bibliothèque patrimoniale
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville - Archives et Bibliothèque patrimoniale
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville - Archives et Bibliothèque patrimoniale
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) A Évêché Amiens
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) A Évêché Amiens
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) AGIR-Pic
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
Documents d'archives
-
AD Somme
AD Somme. Série O ; 99 O 15. Abbeville. Travaux communaux. Eglises et presbytères avant 1869.
-
AD Somme
AD Somme. Série W ; 1402 W. Dossiers sur les monuments historiques de la Somme.
Bibliographie
-
COYETTE, Abbé. La Paroisse Saint-Sépulcre d'Abbeville : ses dévotions, associations, œuvres, communautés, établissements d'instruction, coutumes religieuses, son église etc. Abbeville : Paillart, impr. 1880, 580 p.
-
DUSEVEL, Hyacinthe. La ville d'Abbeville : ses souvenir historiques, ses monuments et ses hommes dignes de mémoire. Amiens : Caron et Lambert, 1851.
p. 12-15. -
JAMINON-BOINET, Raphaële. Le comté de Ponthieu, XIIIe siècle-début du XVIe siècle : une principauté territoriale entre France, Flandre et Angleterre. Amiens : Université de Picardie, 2008.
Th. doct. : Histoire médiévale : Amiens: Université de Picardie Jules Verne : 2008.
-
LOUANDRE, François César. Histoire ancienne et moderne d'Abbeville et son arrondissement. Abbeville : [s.ed.], 1834.
-
PRAROND, Ernest. L'église du Saint-Sépulcre d'Abbeville. Paris : Dumoulin, 1872, 48 p.
-
SANSON, Jacques, dit R.P. IGNACE. Histoire ecclésiastique de la ville d'Abbeville et de l'archidiaconé de Ponthieu. Paris: François Pélican, 1646.
Périodiques
-
CLOTUCHE, Raphaël. Abbeville (Somme). Présentation topographique et chronologique. Revue archéologique de Picardie, n°3-4, 1997.
Documents figurés
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Église du Saint-Sépulcre d'Abbeville, vue prise du coin de la rue du Saint-Esprit, d'après nature, juin 1850, aquarelle, par Oswald Macqueron (Archives et Bibliothèque patrimoniale d'Abbeville ; AB P121).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Portail principal de l'église du Saint Sépulcre d'Abbeville, vue prise de la Briolerie, d'après nature, 27 août 1856, aquarelle, par Oswald Macqueron (Archives et bibliothèque municipale d'Abbeville ; AB P122).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Église du Saint-Sépulcre d'Abbeville, vue prise de la rue du puits de fer, d'après nature, 27 août 1856, aquarelle, par Oswald Macqueron (Archives et Bibliothèque patrimoniale d'Abbeville ; AB P120).
-
Archives diocésaines
Plans de coupes pour le projet de restauration et d'agrandissement de l'église du Saint Sépulcre d'Abbeville, encre et lavis sur papier, par Victor Delefortrie, architecte, 15 avril 1861 (Archives du diocèse d'Amiens ; non coté).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Portail de l'église du Saint-Sépulcre d'Abbeville, vue prise depuis l'école des frères, d'après nature 18 août 1869, aquarelle, par Oswald Macqueron (Archives et Bibliothèque patrimoniale d'Abbeville ; AB P119).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Église du Saint-Sépulcre à Abbeville. Vue prise du coin formé par la place et la rue du Saint-Esprit, d'après nature, 5 août 1881, aquarelle, par Oswald Macqueron (Archives et bibliothèque municipale d'Abbeville ; AB P118).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Abbeville, l'église du Saint-Sépulcre, carte postale, ND Phot. éditeur, [s.d.], (BM Abbeville ; fonds de cartes postales CP ABB 1-266).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Abbeville, église Saint-Sépulcre, carte postale, BF Paris éditions, [s.d.], (BM Abbeville ; fonds de cartes postales CP ABB 1-270).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Abbeville, église du Saint-Sépulcre, carte postale, [s.d.] (BM Abbeville ; fonds de cartes postales CP ABB 1-272).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
[Abbeville, côté latéral de l'église Saint-sépulcre], carte postale, Gaby éditions, [s.d.], (BM Abbeville ; fonds de cartes postales CP ABB 1-273).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Abbeville, le Saint-Sépulcre, carte postale, Gaby éditions, [s.d.], (BM Abbeville ; fonds de cartes postales CP ABB 1-274).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Abbeville, l'église du Saint-Sépulcre, l'intérieur, carte postale, [s.d.], (BM Abbeville ; fonds de cartes postales CP ABB 1-275).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
[Abbeville, vue panoramique de l'église du Saint-Sépulcre], carte postale, [s.d.] (BM Abbeville ; fonds de cartes postales CP ABB 3-170).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
[Abbeville, Vue aérienne de l'église du Saint-Sépulcre], carte postale, [s.d.], (BM Abbeville ; fonds de cartes postales CP ABB 3-190).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Chœur de l'église du Saint-Sépulcre d'Abbeville démoli en janvier 1863 pour l'agrandissement de ladite église sur une esquisse d'après nature, septembre 1862, aquarelle, par Oswald Macqueron (Archives et Bibliothèque patrimoniale d'Abbeville ; AB P127).
-
Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Flèche en bois surmontant autrefois la tour du clocher de l'église du Saint-Sépulcre d'Abbeville, d'après un dessin communiqué par M. Edmond Pannier, aquarelle, par Oswald Macqueron (Archives et Bibliothèque patrimoniale d'Abbeville ; AB P123).
Agent du patrimoine, ville d'Abbeville, depuis octobre 2025. Stagiaire du PAH Ponthieu Baie-de-somme d'avril à septembre 2025.
Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France
Chercheur associé à l'Inventaire pour l'étude sur Abbeville (2018).
Agent du patrimoine, ville d'Abbeville, depuis octobre 2025. Stagiaire du PAH Ponthieu Baie-de-somme d'avril à septembre 2025.