Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France
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Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté d'agglomération de la Baie de Somme - Abbeville
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Commune
Abbeville
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Adresse
place du Saint-Sépulcre
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Cadastre
2025
TX
133
À la suite des travaux d'agrandissement dont l'église fait l'objet au cours du XIXᵉ siècle, un réaménagement liturgique important est engagé. Celui-ci témoigne à la fois de la préservation partielle d’objets antérieurs à ces travaux et de l’introduction d’un ensemble mobilier nouveau, issu de cette phase majeure de transformation de l’édifice.
Les ensembles de vitraux s’inscrivent également dans la succession des interventions, marquées par des campagnes distinctes, ponctuées de destructions. Ils sont aujourd’hui principalement connus à travers l’œuvre d’Alfred Manessier (1911-1993) , qui correspond à l’état le plus récent de cet aménagement (IM80002122).
L’aménagement liturgique jusqu'à la seconde moitié du XIXᵉ siècle
Des éléments de mobilier aujourd’hui dispersés
Une aquarelle réalisée par Oswald Macqueron (1821-1899) en 1862 présente le chœur de l’église juste avant son agrandissement, intervenu entre 1863 et 1865 (ill.). À l’occasion de ces travaux, une partie du mobilier qui y est représenté est alors dispersée ou a été vendue. Ce document constitue un témoignage précieux, permettant de restituer à la fois l’emplacement d’objets désormais déposés hors de l’édifice et l’existence d’un mobilier aujourd’hui disparu.
En vue des travaux déjà engagés à la date du 29 novembre 1863, le conseil de fabrique décide en effet de vendre les boiseries du chœur et des chapelles, ainsi que d’autres objets situés dans les zones concernées par les interventions. Des visuels de ces boiseries nous sont connus grâce à des dessins d’Oswald Macqueron datés de janvier 1863 (ill.).
Parmi les éléments dispersés figure notamment, au-dessus de l’arc du chœur, une gloire (ornement composé de rayons émanant généralement d’un nuage) représentant le Triomphe de la Religion. Cette sculpture du XIXᵉ siècle présente une statue en pied de l’allégorie de la Religion, tenant d’une main une croix et de l’autre un calice, et émergeant d’un nuage peuplé d’angelots. Elle orne aujourd’hui le sanctuaire de l’église Saint-Martin de Caours (IM80002132).
L’aquarelle permet également de localiser certains tableaux aujourd’hui déposés. Au-dessus du maître-autel, se trouve une peinture de Claude Guy Hallé (1652-1736), datée de la fin du XVIIᵉ siècle ou du début du XVIIIᵉ siècle, commandée par les marguilliers de l’église du Saint-Sépulcre pour l’orner. Représentant la Résurrection du Christ, l’œuvre est saisie à la Révolution, puis replacée dans l’église en 1872. Protégée au titre des Monuments historiques en 1983, elle est déposée et mise en réserve au Beffroi Musée Boucher-de-Perthes–Manessier depuis 1981.
Sur cette même aquarelle apparaissent, autour du tableau de Hallé, deux tableaux ovales, dits "médaillons", exécutés à la même époque par le peintre abbevillois Nicolas de Poilly (1675-1747). L’un représente saint Jean l’Évangéliste (1894.4.1), l’autre saint Pierre (1894.4.2). Ces œuvres sont alors disposées au-dessus des portes de la sacristie.
Elles demeurent en place jusqu’en 1863, date de la destruction du chœur. Mises en vente à cette occasion, elles sont acquises par l’abbé Dairaine, important collectionneur local. Après cette cession, aucune trace de ces tableaux n’est connue jusqu’à leur redécouverte à la fin du XIXᵉ siècle, moment où ils intègrent les collections du Musée d’Abbeville et du Ponthieu (aujourd'hui Beffroi et musée Boucher-de-Perthes–Manessier). Les deux œuvres ont été restaurées en 2011.
À la même période, l’aquarelle permet également d’identifier la chaire à prêcher, représentée en bas à gauche de la composition. Elle y apparaît adossée au pilier de la voûte entre la nef et le collatéral nord. Datée de la fin du XVIIᵉ siècle, cette chaire en chêne est ornée de six panneaux sculptés représentant des scènes bibliques. Le panneau central figure la Résurrection du Christ, inscrite dans une couronne de lauriers s’élevant au-dessus du Saint-Sépulcre, iconographie qui indique que la chaire a été conçue spécifiquement pour cette église. Elle est aujourd’hui conservée dans les réserves du service Patrimoine de la Ville .
D’après les sources, l’église conserve également deux peintures du XVIIᵉ siècle qui étaient disposées de part et d’autre du transept. Dans le bras sud (à droite) se trouvait Le Repas d’Emmaüs, tandis que le bras nord (à gauche) accueillait Le Christ montrant ses plaies à saint Thomas. Les deux œuvres sont conservées en dépôt depuis 1981 au Beffroi Musée Boucher-de-Perthes–Manessier. Celles-ci ont été classées Monuments historiques au titre objet en 1983. Leur analyse stylistique conduit à les attribuer à un même artiste d’inspiration caravagesque qui demeure anonyme. Ces deux tableaux sont offerts simultanément à la paroisse par son curé, l’abbé Cauchye, en 1826, à l’occasion de la bénédiction des cloches. Enfin, une partie du patrimoine d’orfèvrerie provenant de l’église est aujourd’hui conservée en dépôt au Carmel-Maison du Patrimoine d’Abbeville. L’église du Saint-Sépulcre apparaît comme l’une des plus richement dotées en matière d’orfèvrerie, constituant un témoignage supplémentaire de la générosité et de l’aisance de certains de ses paroissiens.
Parmi les ensembles les plus remarquables figure celui composé d’un calice et d’une patène provenant de la confrérie Saint-Honoré des boulangers. Réalisé en argent fondu et richement décoré, cet ensemble est classé Monuments historiques au titre objet depuis 1983. Il est déposé au Beffroi Musée Boucher-de-Perthes–Manessier depuis 1981. Les objets portent la date de 1683 et sont aujourd’hui présentés au dépôt d’art sacré du Carmel-Maison du Patrimoine.
D’autres pièces d’Ancien Régime, remarquablement préservées, sont également conservées en dépôt au Carmel. Il s’agit notamment d’un ostensoir daté de 1768, en argent, strass et opale, ainsi que d’une couronne d’ostensoir du XVIIIᵉ siècle. Un coffret aux saintes huiles, classé également Monuments historiques au titre objet depuis 1983 complète cet ensemble présenté au dépôt d’art sacré du Carmel-Maison du Patrimoine.
La conservation de cet ensemble d’orfèvrerie est d’autant plus remarquable qu’il n’a pas été vendu ni fondu au cours de la période révolutionnaire.
Survivances de l’ancien aménagement liturgique
Bien qu’à la Révolution l’église ait perdu une partie de son mobilier, dispersé par la vente ou détruit par le feu, certaines œuvres sont demeurées en place de manière continue, y compris après les travaux d’agrandissement du XIXᵉ siècle. Elles constituent aujourd’hui les principaux témoins de l’aménagement liturgique antérieur.
Du chœur figuré sur l’aquarelle d’Oswald Macqueron précédemment évoquée, l’état actuel ne conserve plus que les stalles du XVIIIᵉ siècle disposées de part et d’autre, ainsi que deux sculptures placées autour du maître-autel, ce dernier ayant été profondément transformé au XIXᵉ siècle par les frères artistes Aimé (1803-1869) et Louis (1807-1874) Duthoit.
Ces deux statues placées en pendant, sculptées en bois, probablement au XVIIIᵉ siècle, représentent à droite saint Augustin, tenant son cœur dans la main, et à gauche saint Athanase, foulant aux pieds la tête d’un hérétique.
Une autre œuvre, présente dans l’église depuis le début du XIXᵉ siècle, a fortement attiré les fidèles : il s’agit de la peinture de Notre-Dame de Guadalupe, datée du XVIIᵉ siècle et toujours conservée in situ (IM80002188).
Divers objets disséminés dans l’édifice témoignent également de l’aménagement antérieur aux travaux du XIXᵉ siècle, parmi lesquels des confessionnaux, un aigle lutrin, des châsses-reliquaires (celui de Saint Foillan provient du prieuré Saint-Pierre et Saint-Paul (IA80010586)), une crédence et un bas-relief représentant la Résurrection du Christ (ill.).
Les confessionnaux, au nombre de trois aujourd’hui, sont en chêne ciré puis verni et placés dans le collatéral nord. Deux d’entre eux, classés au titre des Monuments historiques depuis 1983, datent du XVIIIᵉ siècle et présentent un décor plus élaboré que le troisième, situé à proximité du transept. Ces deux confessionnaux classés sont très proches dans leurs modes de construction : ils comportent chacun une porte centrale ajourée, ornée en son centre d’une fleur, ainsi que des panneaux sculptés dans la partie supérieure. Le décor associe divers symboles (ancre, fouets, balance, clefs). L’un d’eux se distingue toutefois par la présence, dans son panneau central, d’un trophée de la papauté composé d’une tiare soutenue par des clefs, d’une triple croix et de branches d’olivier. Les sources indiquent qu’un quatrième confessionnal existait à l’origine ; décrit par l’abbé Coyette dans son Histoire de la paroisse (1880) comme étant de style rocaille, il a aujourd’hui disparu.
Un aigle lutrin du XVIIIᵉ siècle est actuellement placé dans le chœur de l’église. En l’absence de mentions dans les sources du XIXᵉ siècle, rien ne permet toutefois d’affirmer qu’il était dans cette église à l’origine. Il est inscrit au titre des Monuments historiques depuis 1981.
Un bas-relief en bois doré représentant la Résurrection, conservé sur le mur nord du chœur, date du XVIIIᵉ siècle et était déjà en place avant l’agrandissement de l’église. Lui aussi inscrit Monument historique en 1981, il est de forme octogonale et représente le Christ s’élevant de son tombeau, sous le regard surpris des soldats chargés de le garder. En vis-à-vis, sur le mur sud du chœur, un autre panneau en bois présente le monogramme du Saint-Sépulcre "SS", couronné, sur fond bleu et encadré de rameaux de laurier. Sur ce même mur, une huile sur toile inscrite au titre des Monuments historiques en 1981 représente La Communion donnée à un jeune saint par un ange.
Au-dessus, sous les verrières du chœur se déploie une série de châsses-reliquaires contenant les nombreuses reliques de l’église. La majorité adopte une forme de tombeau ; deux autres, conservées dans la sacristie, prennent la forme de bustes reliquaires. Les socles sculptés des châsses disposées dans le chœur ont été réalisés par M. Cana, sculpteur abbevillois, lors de la reconstruction du chœur en 1861. La première châsse située sur le mur sud se distingue des autres par sa forme. En effet, elle représente Marie-Madeleine en prière, couchée sur une natte de paille, sculptée au XVIIᵉ siècle. Elle est inscrite au titre des Monuments historiques depuis 1981.
Enfin, dans la chapelle de la Vierge, située dans le collatéral nord, se trouve une crédence du XVIIIᵉ siècle, de style Louis XV. Dorée et dotée d’un plateau en marbre dit “brèche d’Alep”, elle était autrefois placée dans le chœur, à proximité du maître-autel, afin de recevoir les objets liturgiques nécessaires à la célébration de la messe. Elle est classée Monuments historiques au titre objet depuis 1983.
Les commandes du XIXᵉ siècle
Le réaménagement mobilier de l’église au XIXᵉ siècle fait intervenir plusieurs acteurs majeurs du renouveau néo-gothique dans la région. Il mobilise notamment les sculpteurs amiénois Louis et Aimé Duthoit, ainsi que l’ébéniste lillois Charles Buisine-Rigot (1820-1893). Une autre partie du mobilier est réalisée par M. Cana, sculpteur abbevillois, dont l’activité demeure encore peu documentée.
D’autre part, la paroisse commande en 1852, au facteur d’orgues Charles Lefèvre, un orgue à installer à l’entrée de la nef. L’instrument prenait place sur une tribune en chêne, dont les traces sont toujours visibles aujourd'hui bien que l’instrument et la tribune aient disparu lors des bombardements de 1940. Un dessin de cet ensemble, exécuté par Oswald Macqueron, est conservé à la bibliothèque de la ville d’Abbeville (ill.).
L’intervention des frères Duthoit
À la fin de la première moitié du XIXᵉ siècle, le conseil de fabrique passe très certainement commande aux frères Duthoit afin de remanier le maître-autel du XVIIIᵉ siècle alors en place dans le chœur. Les sculpteurs amiénois Louis et Aimé Duthoit sont chargés de compléter cet autel par l’adjonction d’éléments sculptés, comprenant notamment un tabernacle, un gradin, une exposition et des anges céroféraires, c’est-à-dire porteurs de cierges ou de flambeaux.
Lorsque le chœur est considérablement agrandi dans les années 1860, l’hypothèse d’un remplacement du maître-autel par un autel néo-gothique est d’abord envisagée. Un architecte, dont le nom ne nous est pas parvenu, propose alors la réalisation d’un nouvel autel néo-gothique. Le conseil de fabrique décide finalement de conserver et de restaurer l’autel du XVIIIᵉ siècle, estimant que celui-ci présentait un dessin de qualité et était exécuté dans un marbre dont la valeur aurait rendu regrettable son abandon. La qualité d’exécution des sculptures réalisées par les frères Duthoit contribue également très certainement à ce choix.
Le maître-autel adopte la forme d’un tombeau en marbre de Sarrancolin, extrait des Pyrénées, reconnaissable à sa teinte rouge sombre mêlée de gris jaunâtre et de veines blanches. Sa partie inférieure est ornée d’une moulure centrale décorée d’un motif d’agneau couché. À l’arrière, un blason reste aujourd'hui non identifié. La partie supérieure est remaniée par les frères Duthoit, qui y ajoutent un tabernacle, un gradin ainsi qu’une exposition destinée à recevoir un ostensoir et qui prend la forme d’une gloire peuplée d’angelots, et présente de fortes analogies avec celle exécutée par les mêmes artistes pour la chapelle du Carmel d’Abbeville.
Les frères Duthoit réalisent également des anges céroféraires destinés au maître-autel. Les dessins préparatoires de ces aménagements, aujourd’hui conservés au musée de Picardie à Amiens (cahier 5 du fonds Duthoit), permettent de dater le remaniement du maître-autel de 1832 et de confirmer la date de 1839 pour les sculptures d’anges céroféraires (ill.). Elles sont d’autant plus remarquables qu’elles comptent parmi les rares œuvres signées des frères Duthoit.
Les artistes exécutent en outre deux candélabres aujourd’hui disparus, dont l’un est toutefois visible sur une photographie ancienne de l’autel de Notre-Dame de Guadalupe (IM80002188). Ces éléments étaient placés dans la chapelle de la Vierge jusqu’au début du XXᵉ siècle.
Enfin, en 1855, l’abbé Carpentier conçoit un projet de restauration de la chapelle du Saint-Sépulcre et fait de nouveau appel aux sculpteurs amiénois pour intervenir sur la voûte d’entrée, ainsi que pour la réalisation d’un autel en chêne surmonté d’un retable en pierre dont l’album 12 du fonds Duthoit conservé au Musée de Picardie présente un dessin préparatoire (ill.).
Les boiseries en anse de panier qui dissimulaient cette voûte sont alors déposées, et les frères Duthoit restituent un décor de vigne courante ainsi que huit soldats endormis, qui devaient probablement s’y trouver antérieurement (ill.).
L’autel en chêne est connu par une aquarelle d’Oswald Macqueron datée de 1872 (ill.). Le bas-relief, représentant une Mater dolorosa entourée de soldats croisés agenouillés en prière, est également documenté par cette aquarelle ainsi que par une photographie de la même période.
Cet ensemble a disparu, probablement à la suite des bombardements de la Première Guerre mondiale.
L’ensemble du mobilier conservé, réalisé ou modifié par les frères Duthoit est inscrit Monuments historiques au titre objet depuis 1981.
Le remaniement des chapelles
En parallèle de l’installation progressive des verrières réalisées par les ateliers Didron (IM80002122), l’abbé Carpentier, en accord avec le conseil de fabrique, engage l’aménagement de deux chapelles néo-gothiques disposées de part et d’autre du chœur.
À partir de 1861, l’architecte Delefortrie fait abattre le chœur médiéval afin de le remplacer par un transept et un nouveau chœur néo-gothique, répondant au souhait de l’abbé Carpentier de voir l’église agrandie et restaurée (IA80010600). Ces transformations entraînent la destruction des anciennes chapelles latérales, l’espace du chœur étant désormais considérablement élargi.
L’église ne disposant pas jusque-là, à proprement parler, d’une chapelle spécifiquement dédiée à la Vierge Marie, l’abbé Carpentier, qui avait présidé à l’agrandissement de l’édifice, finance personnellement l’aménagement d’une chapelle mariale, installée au fond du collatéral nord.
Pour cet aménagement, il fait appel à l’atelier de l’ébéniste lillois Charles Buisine-Rigot, particulièrement réputé dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle. L’atelier réalise ainsi l’autel marial, richement orné de motifs de roses et de lys. Son retable présente différents épisodes de la vie de la Vierge inscrits dans des médaillons. Au centre et de part et d’autre de l’autel, des niches architecturées en forme de pinacles sont aménagées. La niche centrale accueille une statue de la Vierge, représentée à la fois comme reine (elle porte une couronne) et comme mère, portant l’Enfant. Les niches latérales abritent respectivement les figures de sainte Anne et de saint Joachim ; ces sculptures ne sont toutefois pas dues à Buisine-Rigot, mais à M. Cana, artiste fréquentant la paroisse.
L’entrée de la chapelle est fermée par une balustrade datant du XVIIᵉ siècle. Il s’agit d’un remploi de mobilier provenant de l’église des Carmélites, démolie à la Révolution. On y distingue le chiffre entrelacé S et Th, en référence à sainte Thérèse. Ces mêmes balustrades ferment également la chapelle du Sacré-Cœur, aménagée en pendant, de l’autre côté du chœur.
L’autel de la chapelle du Sacré-Cœur, en chêne et d’un décor plus sobre, est l’œuvre de M. Cana. Dans la partie supérieure du retable, un Christ sculpté désigne son Sacré-Cœur ; il est encadré de deux niches initialement destinées à recevoir des reliquaires. Celles-ci contiennent aujourd’hui deux bas-reliefs dus au sculpteur amiénois Albert Roze (1861-1952). Réalisées au début du XXᵉ siècle, ces œuvres représentent, pour l’une, Le Christ apparaissant à Marguerite-Marie Alacoque, et pour l’autre, Le Christ en croix au moment où le centurion lui perce le flanc.
Une sculpture en plâtre de sainte Cécile, patronne des musiciens, complète cet ensemble. Elle s’inspire du tableau L’Extase de sainte Cécile de Raphaël, conservé à la Pinacothèque nationale de Bologne (Inv. 577).
Enfin, la chapelle du Saint-Sépulcre fait l’objet d’une modification en 1899, sous l’intervention du sculpteur J. Blondin (IM80002123 ).
L’orfèvrerie
Le XIXᵉ siècle est également marqué par un renouvellement du patrimoine d’orfèvrerie de l’église. Parmi les pièces les plus remarquables figure une chapelle complète en argent et cuivre doré, réalisée dans la première moitié du XIXᵉ siècle par un maître orfèvre demeuré anonyme. Le terme de chapelle désigne ici un ensemble d’objets comprenant un calice, une patène ainsi que des burettes accompagnées de leur plateau.
Cet ensemble, aujourd’hui exposé au dépôt d’art sacré du Carmel – Maison du Patrimoine, a fait l’objet d’une inscription au titre des Monuments historiques en 2017, incluant son coffret.
Présenté dans les mêmes conditions, un ciboire de la première moitié du XIXᵉ siècle, en argent, orné d’un décor d’épis de blés et de têtes d’anges, est inscrit au titre des Monuments historiques depuis 1981.
D’autres objets d’orfèvrerie, non protégés au titre des Monuments historiques, sont également conservés et présentés au Carmel – Maison du Patrimoine (voir liste des objets en annexe).
Le mobilier à l'épreuve des guerres mondiales
Les deux guerres mondiales n’épargnent pas l’église du Saint-Sépulcre. Lors de la Première Guerre mondiale, de nombreux vitraux sont soufflés, tandis que plusieurs explosions endommagent gravement le grand orgue et sa tribune. Bien qu’une indemnité pour dommages de guerre soit accordée en vue de la restauration de l’instrument, l’entrepreneur chargé des travaux juge la somme insuffisante ; l’orgue ne sera finalement jamais réparé.
À l’issue de la Première Guerre mondiale, un cénotaphe éphémère en terre est installé dans le chœur de l’église afin de commémorer les pertes abbevilloises (ill.).
La Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement les bombardements de mai 1940, achèvent de détruire le grand orgue et aggravent les dommages déjà subis par les vitraux. Une vitrerie provisoire est mise en place dans les années 1970, avant l’installation, en 1993, du cycle de vitraux réalisé par l’artiste Alfred Manessier (IM80002122).
À la fin du XXᵉ siècle, de nombreuses œuvres peintes ainsi que des objets d’orfèvrerie sont déposés au musée Boucher-de-Perthes, reconstruit après la guerre, afin d’en assurer une meilleure conservation.
En dehors du cycle de vitraux, peu de commandes de mobilier sont réalisées au cours du XXᵉ siècle. On peut toutefois signaler un chemin de croix, daté de la seconde moitié du siècle et signé de l’abbevillois Metty Wilmouth, toujours en place dans l’église.
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Duthoit Aimé , dit(e) dit Duthoit frèreDuthoit AiméCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Sculpteur. Fils de Louis-Joseph Duthoit (1766-1824) et père de l'architecte Edmond Duthoit (1837-1889).
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Duthoit Louis , dit(e) dit Duthoit frèreDuthoit LouisCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Sculpteur. Fils de Louis-Joseph Duthoit (1766-1824).
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Buisine-Rigot (1850 - )Buisine-RigotCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
L'ébéniste et sculpteur sur bois Charles Buisine-Rigot (1820-1893) dirige à partir des années 1850 un important et prolifique atelier de mobilier, sculpture et décoration religieuse à Lille. Il est sans doute le successeur (et peut-être le fils) de l’ébéniste et sculpteur Désiré Buisine (1793-1881), actif durant la première moitié du 19e siècle dans le département du Nord, également dans le domaine de l’art sacré.
Son fils, l'ébéniste et sculpteur Édouard Buisine (1856-1935) lui succède dans les années 1880 à la tête de l’entreprise « Buisine et Fils », qu’il transfère ultérieurement au nord de Paris.
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Manessier AlfredManessier AlfredCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Alfred Manessier, né le 5 décembre 1911 à Saint-Ouen (Somme) et mort le 1er août 1993 à Orléans (Loiret), est un peintre non figuratif français, considéré comme un des maîtres de la nouvelle École de Paris.
Profondément imprégné dès son enfance par les paysages et la lumière de la Baie de Somme, il consacre de nombreuses toiles aux méandres et reflets du fleuve, au littoral picard, aux ports du Nord.
À partir de 1947, le vitrail occupe une grande partie de son œuvre. Il en réalise un grand nombre, sur demande de la Commission diocésaine d'art sacré de Besançon aux Bréseux d'abord, à Pontarlier (église Saint-Bénigne) puis des dominicains du Saulchoir. Mais à partir des années 1960, les vitraux et leur conservation le préoccupent assez pour qu'il crée en 1964 l'Association pour la défense des vitraux de France avec un groupe d'amis.
S'il est en bonne place dans les lieux de culte et les couvents par ses tapisseries, peintures, vitraux, Manessier refuse l'étiquette de « peintre religieux », et à partir de 1956, date de l'insurrection de Budapest, il réalise un grand nombre de toiles « politisées », en rapport avec les violences du monde [...].
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Manessier [consulté le 24/10/2025]
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Auteur :
Wilmouth MettyWilmouth MettyCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Metty WILMOUTH, résistant, originaire de FORBACH, fut l'interprète de la Kommandantur d'Abbeville de novembre 1940 jusqu'à la Libération. Ensuite il se maria et résida à Abbeville jusqu'à la fin de sa vie.
source : https://www.picardie-1939-1945.org/phpBB2new/viewtopic.php?t=3157 [consulté le 28/07/2026]
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- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Commune d'Abbeville
Bibliographie
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DUSEVEL, Hyacinthe. La ville d'Abbeville : ses souvenir historiques, ses monuments et ses hommes dignes de mémoire. Amiens : Caron et Lambert, 1851.
p. 12-13. -
COYETTE, Abbé. La Paroisse Saint-Sépulcre d'Abbeville : ses dévotions, associations, œuvres, communautés, établissements d'instruction, coutumes religieuses, son église etc. Abbeville : Paillart, impr. 1880, 580 p.
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PRAROND, Ernest. L'église du Saint-Sépulcre d'Abbeville. Paris : Dumoulin, 1872, 48 p.
Documents figurés
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Maître-autel du chœur de l'église d
Si tiré d'un doc d'archives ou issu d'une collection particulière
Titre de la représentation : sous-titre, nature du document, auteur, date (dépôt ; cote).
Titre de la représentation : sous-titre, nature du document, auteur ou éditeur, date (coll. part.).
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Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Chœur de l'église du Saint-Sépulcre d'Abbeville démoli en janvier 1863 pour l'agrandissement de ladite église sur une esquisse d'après nature, septembre 1862, aquarelle, par Oswald Macqueron (Archives et Bibliothèque patrimoniale d'Abbeville ; AB P127).
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Partie supérieure des boiseries reliées à la partie inférieure par des panneaux sans sculpture, d'après nature, janvier 1863. Aquarelle, Oswald Macqueron, (Archives et Bibliothèque municipale d'Abbeville ; B800016201 AB P129).
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Abbeville. L'église du Saint-Sépulcre. La descente de croix. Carte postale, LL., début XXe siècle. (Archives et Bibliothèque municipale d'Abbeville ; B800016201 AB P132C).
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Boiseries du chœur de l'église Saint-Sépulcre d'Abbeville démoli en janvier 1863 et provenant de l'église Saint-André, d'après nature, janvier 1863. Aquarelle, Oswald Macqueron, (Archives et Bibliothèque municipale d'Abbeville ; B800016201 AB P130).
Agent du patrimoine, ville d'Abbeville, depuis octobre 2025. Stagiaire du PAH Ponthieu Baie-de-somme d'avril à septembre 2025.
Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France
Église paroissiale du Saint-Sépulcre
Adresse : place du Saint-Sépulcre
Agent du patrimoine, ville d'Abbeville, depuis octobre 2025. Stagiaire du PAH Ponthieu Baie-de-somme d'avril à septembre 2025.