Dossier de présentation du mobilier IM59003940 | Réalisé par
Girard Karine (Rédacteur)
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France.

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Biencourt Caroline (Contributeur)
Biencourt Caroline

Conservatrice diocésaine du patrimoine, diocèse de Cambrai.

Conservatrice Départementales des Antiquités et Objets d'Art pour le département du Nord.

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  • opération ponctuelle
  • patrimoine de la Reconstruction
Le mobilier de l'église paroissiale Saint-Martin, Église paroissiale Saint-Martin
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération de Cambrai - Cambrai
  • Parties constituantes non étudiées
    chemin de croix, autel, statue, peinture monumentale, tabernacle, clôture de choeur, clôture de chapelle, verrière, bassin des fonts baptismaux, chaire à prêcher

À la fin de la Première Guerre mondiale, de nombreux artistes participent à la décoration des églises reconstruites. La plupart d'entre eux souhaite rompre avec le style saint-sulpicien en vogue au siècle précédent. Cette volonté de renouveau est également présente au sein des instances religieuses et de celles validant les projets de reconstruction des églises.

Plusieurs groupements d'art religieux voient le jour à la fin de la Première Guerre. C'est le cas de l'Arche, fondée en 1917 par Valentine Reyre et par l'architecte Maurice Storez (à qui l'on doit l'église de Comines dans le Nord), ou encore des Ateliers d'Art Sacré, fondés en 1919 par Maurice Denis et Georges Desvallières auxquels Valentine Reyre participe également.

Ils souhaitent revenir à des productions qui associent spiritualité et création contemporaine et retrouver l'esprit des artisans du Moyen Âge en mettant leur savoir-faire au service d'une œuvre collective pour parvenir, sous la houlette de l'architecte, à la réalisation d'une œuvre totale où tous les éléments architecturaux et décoratifs se répondent et répondent au message liturgique. Ils privilégient un art figuratif et naturaliste (mais pas réaliste) assez décoratif, l'utilisation pour les statues de matériaux nobles (pierre, bois, métal) que seul le travail de taille ou de modelage vient mettre en valeur. La peinture monumentale à fresque qui vient recouvrir les absides ou est mise en œuvre pour réaliser les chemins de croix est une des productions caractéristiques des membres de ces différents groupes qui contribuent également au renouveau du vitrail. Outre la particularité du travail en équipe, relativement rare dans les années d'entre-deux guerres, on peut relever le nombre important de femmes parmi ces groupements artistiques.

Ce mouvement ne dure pas au-delà des années 1940. Il se heurte à l'absence d'engouement du public comme du clergé de l’époque qui préfère recourir aux fabricants et fournisseurs habituels. Cet art novateur fait également l'objet de critiques des tenants d’un modernisme plus affirmé.

L'église de Fontaine-Notre-Dame est un manifeste des idées défendues par ce mouvement : abside décorée de peintures murales, vitraux, utilisation de matériaux bruts (comme le chêne ou le calcaire) et de la taille directe pour les statues, du marbre pour les autels et le bronze pour les bas-reliefs des tabernacles..., auxquels il faut ajouter l'utilisation du béton, matériau moderne par excellence, pour les statues extérieures. Toutes ces productions sont l'œuvre d'artistes se revendiquant du mouvement de renouveau de l'art sacré : Valentine Reyre en premier lieu mais également Marcel Bouraine, Henri Charlier ou Alfred Cazaubon. Certains d'entre eux ont d'autre part travaillé ensemble à d'autres chantiers : ainsi, celui de l'église de Flesquières (Nord) réunit de nouveau Valentine Reyre (chemin de croix) et Marcel Gaumont (statuaire).

L'intervention d'artistes de l'Arche ou des Ateliers d'Art sacré est assez rare dans les églises reconstruites du Nord. Elle rend donc encore plus remarquable l'église Saint-Martin de Fontaine-Notre-Dame. Enfin, il est important de noter que Valentine Reyre a également réalisé pour l'église de Fontaine-Notre-Dame un ensemble de six bannières de style Art déco. En raison de la rareté de tels ensemble, en particulier dans la production de l'Arche, ces dernières sont protégées Monuments historiques au titre objet depuis le 27 août 1987 (notices Palissy consultables sur POP : PM59006336).

L'église ayant été entièrement détruite en 1917, la quasi-totalité de son mobilier date de la Première Reconstruction. L'intérieur de l'église avant guerre n'est connu que par des photographies (ill.).

En juin 1925, une indemnité de 109 900 francs pour la reconstitution du mobilier de l'église est accordée à la commune qui avait adhéré à la société coopérative diocésaine de Cambrai dès mars 1922. C'est donc cette dernière qui lui propose les artistes qui pourront réaliser les décors, la statuaire et le mobilier. Les marchés de gré à gré avec les artistes choisis par la municipalité parmi ceux suggérés par la coopérative diocésaine sont signés en septembre-octobre 1927 pour les vitraux et en mars 1928 pour les statues (AD Nord ; 3Z58).

L'ensemble du mobilier est produit spécifiquement pour l'église Saint-Martin. Il comprend des statues, trois bancs de communion, trois autels, un ambon, une cuve baptismale, des vitraux (IM5900398) et des peintures murales (IM59003988). Ces deux derniers ensembles sont dus à Valentine Reyre (1889-1943) et font l'objet de notices séparées. Les luminaires conçus pour l'église ne sont plus visibles que sur des photographies d'époque, en particulier celles prises par l'architecte pour documenter l'achèvement du chantier (ill.). C'est également le cas de la porte de la clôture de chœur (ill.). Pour chacune de ces œuvres, les artistes ont dû suivre les indications, et parfois même le modèle, fournis par l'architecte. Le mobilier est achevé pour l'inauguration de l'église en octobre 1928.

La statuaire a été commandée auprès de plusieurs sculpteurs. On doit à Henri Charlier (1883-1975) la statue du Sacré Cœur de Jésus et le bas-relief Saint Joseph de l'un des deux autels secondaires. Alfred Cazaubon réalise une statue de Saint Éloi et de Saint Antoine de Padoue. Marcel Gaumont (1880-1962) sculpte Notre-Dame de Grâce. Enfin, Christofle réalise le tabernacle de l'autel principal.

En 1982, les vitraux de la nef sont remplacés par des verrières réalisées par l'atelier Claude Barré d'Amiens selon les dessins de Désiré et Françoise Waret. Ces vitraux sont démontés en 2024 lors de la seconde phase des travaux de restauration et de mise hors d'eau de l'église.

Enfin, un autel et un Christ en croix (ill.) datent du XIXe siècle. Ils proviennent respectivement de l'ancienne église et d'un calvaire reconstruit en 1924 (AD Nord ; 2 O 240-18). Ce dernier, en mauvais état, a été détruit et le Christ a été remonté en 1996 sous le porche de l'église lors de la modification de ce dernier.

L'ensemble de ces éléments (hormis les vitraux des époux Waret) fait l'objet d'une protection au titre des Monuments Historiques (inscription le 27 août 1987).

  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Reyre Valentine
      Reyre Valentine

      Valentine Reyre (née à Paris (XVIe) en 1889 et décédée à Ermont (Val-d'Oise) en 1943) est une peintre française. Elle participe à la renaissance de l'art religieux en France dans la première moitié du XXe siècle. Avec Maurice Storez et Henri Charlier, elle fonde l’Arche en 1916. Ce groupe d’artistes et d'architectes catholiques a vocation à offrir un art chrétien débarrassé des académismes saint-sulpiciens, comme les Ateliers d'art sacré au lancement desquels Valentine Reyre participe aussi en 1919. Elle travaille à de nombreuses œuvres : peintures sur toile ou murales, fresques selon la technique traditionnelle sur mortier frais, mais aussi cartons pour vitraux, dessins pour des objets liturgiques. En 1940, Valentine Reyre cesse définitivement toute activité artistique pour se consacrer à des œuvres sociales, jusqu’à sa mort survenue le 22 février 1943 à Paris. Un fonds de ses œuvres est conservé au musée d'Art et d'Archéologie de Senlis.

      Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Valentine_Reyre [consulté le 21/03/2024]

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      peintre, peintre-verrier signature, attribution par source
    • Auteur :
      Bouraine Marcel
      Bouraine Marcel

      Né à Pontoise (Val-d'Oise) en 1886, il étudie la sculpture sous la direction de Joseph-Alexandre Falguière à l'École des Beaux-Arts de Paris. Capturé par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale, il est interné en Suisse. De retour à Paris, il expose au Salon des Tuileries en 1922. Après des débuts encore imprégnés par l'académisme, Bouraine se révèle dans les années 1925 comme l'un des sculpteurs les plus représentatifs de l'Art déco. Il est membre de la Société des Artistes Français et participe au Salon d'Automne. Il collabore en 1928 avec Gabriel Argy-Rousseau qui lui commande plusieurs sculptures et expose deux sculptures monumentales à l'Exposition Universelle de 1937 à Paris.

      L'essentiel de sa production est faite de statuettes pour lesquelles son sujet de prédilection est la femme, souvent représentée nue.

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      sculpteur attribution par source
    • Auteur :
      Charlier Henri
      Charlier Henri

      Né en 1883 à Paris et décédé en 1975 au Mesnil-Saint-Loup (Aube), Henri Charlier est peintre et sculpteur.

      À partir de 1903, il est l'élève de Jean-Paul Laurens à l'École des Beaux-Arts de Paris. Vers 1916, il rencontre Maurice Storez, qu'il rejoint ensuite dans le mouvement de l'Arche (auquel participe également Maurice Denis). Il appartient au grand mouvement de renouveau de l'art chrétien de l'entre-deux-guerres et recherche un style qui débarrasse l'art chrétien du style saint-sulpicien.

      Au retour de la guerre, il se met à faire de la sculpture en taille directe sur bois et sur pierre, en ne s'appuyant que sur trois dessins préparatoires : face, profils droit et gauche. Quand il s’agit de sujets de grande taille, il les travaille couchés. Ses œuvres sont présentes dans nombre d'églises, surtout celles (re)construites après la Première Guerre mondiale.

      Source : https://www.presencedescharlier.org/biographie/chronologie_henri_mai_08.pdf - [consulté le 11 janvier 2023]

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      sculpteur attribution par source
    • Auteur :
      Cazaubon Pierre
      Cazaubon Pierre

      Pierre-Alfred-Noël Cazaubon est né à Pau (Pyrénées-Atlantiques) en 1895 et mort dans la même ville en 1979.

      Dès la fin de la Première Guerre, il expose régulièrement à la Société des amis des arts de la ville de Pau avant de partir s'installer à Paris. Il obtient une mention honorable au Salon des artistes français de 1927 et se fait remarquer lors du Salon d’automne de 1929 avec une Porteuse d’eau, pour ses "qualités de simplicité attentive et de modelé insinuant et doux, mais parfaitement juste" (Le Temps, 5 novembre 1929).

      Il expose ensuite régulièrement au Salon d’automne des sculptures en pierre, bronze ou plâtre. Il est primé aux Expositions universelles de 1930 et 1937 et obtient en 1947 une Médaille d’or dans la catégorie Art monumental à l’Exposition internationale de l’habitation et de l’urbanisme. L’Etat lui commande plusieurs sculptures si bien qu’il est relativement bien représenté dans les collections publiques françaises (Musée de Pau, Musée d’Art moderne de Paris, Centre National des arts plastiques…). Il réalise des monuments, dans la suite de Bourdelle, sur des sujets mythologiques ou religieux (dictionnaire Delarge).

      Source : https://www.galerienicolasbourriaud.com/project/pierre-alfred-noel-cazaubon/ - [consulté le 11 janvier 2024]

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    • Auteur :
      Gaumont Marcel
      Gaumont Marcel

      Né en 1880 à Tours (Indre-et-Loire) et décédé en 1962 à Paris, Marcel Gaumont est un sculpteur représentatif du mouvement Art déco.

      Élève à l'École des Beaux-Arts de Paris, il obtient le premier prix de Rome en sculpture de 1908. Après son retour en France et la fin de la Première Guerre mondiale, il réalise plusieurs monuments aux morts.

      Il expose régulièrement au Salon de la Société des artistes français à Paris où il est récompensé en 1935 par une médaille d’or. Il obtient le grand prix du jury en 1937, à l’occasion de l’Exposition internationale de Paris. En 1939, il est nommé professeur à l’École des Beaux-Arts de Paris, alors dirigée par le sculpteur Paul Landowski. En 1944, il est élu à l’Académie des Beaux-Arts au fauteuil de Paul Gasq.

      source : https://monumentsmorts.univ-lille.fr/auteur/663/gaumontmarcel/ - [consulté le 11 janvier 2024]

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    • Auteur :
      Lecourt Léon
      Lecourt Léon

      Verrier actif pendant le premier quart du XXe siècle, en particulier dans les églises de la Première Reconstruction de la région Hauts-de-France.

      Lucien Lecourt est installé à Cambrai, d'abord comme commis de l'architecte Pierre Leprince-Ringuet entre 1919 et 1922, puis comme architecte agréé jusqu'en 1926, année de son retour à Vanves (Hauts-de-Seine) où il installe son atelier en association avec son gendre, Clément Mazard.

      Sources : http://epehy.autrefois.free.fr/articles.php?lng=fr&pg=69 [consulté le 19 janvier 2024]

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    • Auteur :
      Barré Claude
      Barré Claude

      Restaurateur de vitrail à Amiens.

      Formation initiale chez un maitre-verrier à partir de seize ans et création de l'Atelier Claude Barré à Amiens en 1965, à sa sortie de l'École des Beaux-Arts d'Amiens. Il est meilleur ouvrier de France en 1985 dans la catégorie "Composition d'un sujet en passant par la maquette, le choix des verres, la découpe, la peinture et le montage".

      Source : Histoire et traditions du pays des coudriers : Portrait de Claude Barré, un bertanglois peu ordinaire (sans date). http://www.coudriers.info/articles-numerises/Revue-03/Revue03-Barre.pdf [consulté le 26 février 2023].

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    • Auteur :
      Entreprise Delcroix
      Entreprise Delcroix

      Entreprise installée au 30, place d'Armes à Douai. Active dans les années 1930 pour des travaux liés à la Première Reconstruction. On lui doit également des monuments aux morts.

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