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Anciens moulins, puis scierie, devenue filature et tissage de jute Saint Frères à Berteaucourt-les-Dames, dit d'Harondel, puis usine de meubles Sièges de France

Dossier IA00076551 inclus dans Le village de Berteaucourt-les-Dames réalisé en 1985

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Les débuts de la vocation industrielle du site

Avant 1861, date d'implantation de la nouvelle filature de jute Saint Frères, deuxième unité de production de l'entreprise, le site d'Harondel possède déjà une vocation industrielle. Son existence est attestée au 13e siècle, date à laquelle Thomas de Saint-Valery donne une rente de trois muids de blé à l'abbaye de Berteaucourt. Au 17e siècle, le site, qui était devenu la propriété de Charles de Gonzague, est vendu à Henri Fleurton et Jean Guisain (acte du 14 novembre 1634), moyennant la somme de 120 000 livres. A l'époque, il est occupé par deux moulins hydrauliques établis sur la Nièvre. Sous la Révolution, ils sont confisqués à la famille de Hunolstein. Affermés dans un premier temps, les deux moulins sont finalement vendus en 1805 à Jeans-Baptiste Joseph Dhavernas, meunier, qui les revend deux ans après à Rémy Froment (acte de vente du 17 décembre 1807, devant Me Balledant, notaire à Pernois). Le plan cadastral de 1832 présente le plan masse des deux moulins se répondant en vis-à-vis ; l'un étant à blé, l'autre à huile. Les deux meuniers François et Médard Froment vendent le site en 1853 à François Moinet, associé d'Edouard Carette (acte de vente du 7 décembre 1853, devant Me Navarre, notaire à Amiens). À partir de cette date, le site, qui n'était composé que de deux modestes moulins, prend une dimension industrielle plus importante, avec l'installation d'une scierie et d'une filature de laine, qui complètent l'un des moulins à blé à quatre paires de meules, resté en place. La rupture de l'association entre les deux manufacturiers entraîne la faillite de François Moinet.

L'usine Saint Frères

Le site et le matériel en place, composé principalement de machines à carder et à filer, est alors acquis le 18 avril 1861 par la famille Saint qui y installe un tissage de jute complétant celui de Flixecourt. L'activité s'installe rapidement dans les bâtiments de l'ancienne filature de laine et les machines utilisent la force hydraulique de la grande roue. Il est cependant possible que dans le même temps, la construction de nouveaux ateliers en rez-de-chaussée avec toiture de sheds soit entreprise. Cette phase correspondrait à la série de sept travées en sheds, plus étroites que les suivantes, supportées par de nombreuses colonnes en fonte reliées entre elles par des tirants métalliques.

Mais en 1867, les bâtiments construits précédemment sont insuffisants. Face au besoin croissant de fil et à la difficulté d'obtenir une qualité de fil adaptée au tissage mécanique, Saint Frères décide de créer sa propre filature, qui sera combinée aux ateliers de tissage existants. Les ateliers en sheds sont alors agrandis, mais avec un type de supports différents qui permet un plus grand espacement. L'ensemble forme un vaste atelier de plus de 9000 m carrés. A l'avant, au nord, est construit une salle des machines avec chaufferie et cheminée ainsi que des magasins à fils, qui, comme l'ancien atelier de mouillage, à l'est, présentent la particularité de recevoir une toiture bombée éclairée par une série de puits de lumière circulaires. Ce chantier important entamé, en 1867 n'est achevé qu'en 1870, comme l'indique la date située au sommet de l'entrée de la filature. Les machines sont mises en service en septembre 1870. Mais ces investissements s'avèrent rapidement insuffisants et, en 1880, de nouveaux agrandissements sont encore engagés à l'ouest. En vingt ans la surface industrielle passe ainsi de 84 ares au début, à 9 ha en 1882. D'autres ateliers sont encore construits en 1898 et l'année suivante Saint Frères fait aménager un réfectoire de 320 m carrés pour 450 places.

De la crise à la fermeture du site

Après les restructurations qui marquent l'empire Saint Frères à partir de 1969, l'usine d'Harondel cesse son activité en 1980. Les bâtiments sont occupés à partir de 1984 par l'usine de meubles Sièges de France, propriété du groupe Parisot. La Manufacture française des sièges est rachetée en 2007 par une dizaine de cadres, mais l'usine est fermée le 28 avril 2009 et placée en liquidation judiciaire le 28 juillet 2009.

Équipement et machines

En 1861, le tissage de jute fonctionne grâce à l'énergie apportée par une grande roue hydraulique, complétée en 1867 par l'installation d'une machine à vapeur, mise en service en 1868, au moment où l'usine est reliée par voie ferrée. En 1870, la filature et le tissage fonctionnent avec une force motrice partagée entre les roues hydrauliques qui développent une puissance de 20 cv, et une machine à vapeur de 15 cv.

A lui seul, le tissage compte 340 métiers à tisser. En 1894, l'équipement de l'usine est complété par 30 pareuses cylindriques à vapeur, dont 12 construites directement par Saint Frères ; les autres provenant de constructeurs anglais. L'usage de la vapeur est maintenu jusqu'aux années 1960. Elle est remplacée par l'électricité fournie par l' usine Saint Frères de Saint-Ouen.

Approche sociale et évolution des effectifs

Au début de l'activité Saint Frères, 286 ouvriers travaillent sur le site d'Harondel. Cinq ans après, en 1870, 70 personnes supplémentaires travaillent dans l'usine qui atteint alors 346 ouvriers, dont 16 enfants. L'accroissement le plus spectaculaire a lieu au cours de la décennie suivante. L'usine d'Harondel emploie 1300 ouvriers (750 employés pour la filature ; 550 pour le tissage) en 1880, tend à se stabiliser jusqu'en 1885 (1265 employés en 1885 ; 1309 en 1888) pour croitre à nouveau à la fin du 19e siècle et dépasser les 1800 salariés en 1898. Au cours des grands mouvements sociaux qui affecte l'industrie textile du département, l'usine d'Harondel est quasiment épargnée. En revanche, le 2 février 1910, l'usine est le théâtre d'une révolte spectaculaire, au cours de laquelle plusieurs ouvriers saccagent une grande partie de l'usine. Le montant des dégâts est estimé à 100000 francs. Après l'arrestation rapide des émeutiers, et l'exclusion de 162 ouvriers, l'usine est rapidement réparée et la production est relancée le 9 février 1910. Cet événement demeure néanmoins l'un des plus importants de l'histoire sociale de l'entreprise Saint Frères. En 1930, au moment des grèves de l'été, contre l'application de la loi relative aux assurances sociales qui prévoit une contribution ouvrière égale à la contribution patronale, l'effectif de l'usine est de 1315 salariés. En 1939, l'effectif de l'usine est de 1500 personnes travaillant en deux équipes, entre 5 h et 21 h. En 1962, la statistique industrielle classe l'usine dans la catégorie des établissements de moins de 500 salariés. En 1989, l'usine ne compte plus que 400 salariés.

Précision dénomination filature de jute
tissage de jute
Appellations Harondel, Sièges de France
Destinations usine de meubles
Dénominations filature, tissage
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Domart-en-Ponthieu
Hydrographies Nièvre la
Adresse Commune : Berteaucourt-les-Dames
Lieu-dit : Harondel
Cadastre : 1983 AB 30 à 38, 154
Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle
Dates 1861, daté par source, porte la date
1870, daté par source
1898, daté par source
Auteur(s) Auteur : Caron Abel,
Abel Caron

Ingénieur des Arts et Métiers de Châlons, promotion 1874-1877.

Chef du service constructions Saint Frères de 1878 à 1912. (Sources : Lefebvre. Saint Frères. Un siècle de textile en Picardie, p. 143)


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architecte, attribution par source
Auteur : Borland Frédéric,
Frédéric Borland

Ingénieur des usines Saint Frères. Concepteur de l'organisation de l'usine d'Harondel.


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ingénieur de l'entreprise, attribution par travaux historiques

Le site industriel d'Harondel, situé à la limite de la commune de Berteaucourt-les-Dames, au lieu-dit d'Harondel, est traversé d'est en ouest par la Nièvre. Il est également desservi par un embranchement ferroviaire qui dessert les différents bâtiments industriels, qu'il s'agisse des lieux de stockage, de fabrication ou d'expédition. Le site, étendu sur plus de 10 ha, dont 36000 m2 de bâti, dispose de deux entrées principales à l'est et au nord, qui se prolongent chacune par une large voie de circulation qui mène aux ateliers de production.

Il constitue à ce jour l'ensemble le plus homogène et le plus complet des sites de production Saint Frères.

Les entrepôts à jute, en brique et en charpente présentent une grande halle centrale couverte d'un toit en tuile, à longs pans et croupes, flanqué de deux halles latérales plus basses, couvertes de toitures à pignons transversaux également à croupes. Ce type de composition qui rappelle évidemment le type basilical de certaines églises à nef centrale et bas-côtés à pignons transversaux, est ici le modèle réservé aux entrepôts à jute. Ce type d'architecture dédiée à une fonction précise a été utilisé de manière similaire aux usines de Saint-Ouen et des Moulins-Bleus.

Les opérations de préparation des fibres, de filature et de tissage se déroulaient dans la partie principale suivant un déroulement des étapes d'est en ouest. Cet immense atelier de 17 travées couvert en sheds éclairés du côté nord, est supporté par une structure métallique de 720 colonnes. Bien qu'homogène en apparence, la partie sud-est de ce vaste ensemble se distingue sur sept travées, plus étroites et portées par une série de colonnes de section circulaire en fonte disposées tous les 2,90 m. Les colonnes sont reliées entre-elles par de simples tirants métalliques de section circulaire. Ailleurs, l'entraxe des supports est plus important et leur section est quadrangulaire. Ils supportent un réseau de poutrelles étrésillonnées qui permettent une plus large portée. Ces ateliers en sheds sont précédés sur une travée au nord d'espaces qui étaient réservés au stockages de fils et des produits semis finis. Ces bâtiments sont couverts de toits bombés renforcés par une série de tirants métalliques et éclairés par une série de puits de lumière circulaires situés tantôt dans l'axe longitudinal de l'atelier, tantôt décalés de cet axe. Ce mode de couverture qui dérive d'exemples plus précoces, notamment de la filature de lin d'Amiens, dite des Anglais, en 1838, ou de la filature de laine de Lutzelhouse (Bas-Rhin), construite la même année, reste cependant exceptionnel pour la période envisagée.

Murs brique
Toit ardoise, plomb en couverture, verre en couverture, tuile mécanique
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
croupe
shed
toit bombé
États conservations établissement industriel désaffecté

L'usine d'Harondel est l'une des usines Saint Frères les mieux conservées de la vallée de la Nièvre et surtout l'une des plus rationnelles dans l'implantation des bâtiments entre-eux. La typologie des bâtiments inaugurée ici pour les entrepôts ou pour les ateliers qui intègrent à la fois les unités de filature et de tissage va servir de modèle aux autres usines que l'entreprise va construire par la suite. Mais l'intérêt majeur du site est constitué par les trois ateliers à toits bombés en plomb, avec puits de lumière circulaires. Ce dispositif d'éclairage zénithal est extrêmement rare en France avant 1870 (moins de 5 exemples connus entre 1836 et 1870).

Ce dossier de repérage du patrimoine industriel établi en 1985 a été mis à jour et enrichi en 2008 dans le cadre de l'inventaire topographique du Val-de-Nièvre.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables atelier de fabrication

Annexes

  • Description de l'usine d'Harondel. Etablissements Saint Frères. In : TURGAN. Les Grandes usines de la France, t. XV. 1883, p. 7-11.

    Harondel, où on travaille exclusivement le jute, est la dernière des usines du groupe central qui commence à Flixecourt, dont il est séparé par 6 km. Les voies ferrées sillonnent la cour et amènent les wagons aux ateliers et surtout aux grands magasins de 100 m de profondeur, de 50 m de largeur et de 25 m de hauteur ; en outre, des chariots à quatre roues d'un type uniforme pénètrent partout pour le service des transports.

    Les balles de jute arrivent à l’extrémité d’un immense atelier de 150 m de long, et qu’on est en train d’agrandir d’une quarantaine de mètres, et d’où la matière entrée à l’état de filasse ne ressortira qu’à l'état de toile. Les balles, du poids de 180 kg, sont carrées et serrées avec des liens de jute que l’on commence par enlever ; mais comme la balle a été serrée à la presse mécanique presque jusqu’à consistance du bois, il faut, avant tout travail, arracher des paquets de fibres que l’on enlève dans le sens même de la plante ; pour leur donner un premier assouplissement, on les passe sous un appareil cannelé dont les rainures sont si profondes que ce sont de vraies palettes, afin de prévenir la rupture que pourrait amener l’opposition des fibres. On a disposé des contrepoids dont le jeu soulève l’arbre, ce qui élargit le passage par où s’échappe la filasse. Une opération à la main fait en quelque sorte mousser la filasse et écarte les fibres. Les opérations suivantes ont pour but de paralléliser les fibres et de les ensimer, c'est à dire de les humecter et de les huiler légèrement. La machine à ensimer reçoit la chevelure fournie à la main entre des cylindres cannelés qui la mènent à des tubes percés de trous à la partie inférieure d'un ingénieux mécanisme qui conduit, par l'épaisseur plus ou moins forte de la filasse, fait verser sur la filasse l'eau et l'huile avec plus ou moins de force. Cette machine exécute très régulièrement et par une distribution automatique ce que l'on faisait autrefois à la main et approximativement avec une seringue.

    En même temps qu'elles sont ensimées, les fibres sont assouplies en passant entre des cylindre à petite cannelures qui détruisent l'adhérence produite par l'extrême pression de la machine à former les balles. (...) Les opération qui suivent, par le passage dans les cardes briseuses et cardes finisseuses, ont pour but de bien paralléliser les fibres en les séparant les unes aux autres et surtout d'en enlever les poussières, petits déchets d'écorce et matière étrangères, opération qui ne peut se faire sans un violent dégagement de poussière fort nuisible à la santé des ouvriers.

    Très préoccupés de cette question si importante, MM. Saint ont crée un type de cardes fermées quand lesquelles les poussières aspirées violemment dans un conduit collecteur sont amenées au dehors par une cheminée d'appel. Le ventilateur, dit Emile Blaise, le ventilateur à ailettes a un diamètre de 0,50. Il fait 800 tours à la minutes et est actionné par la courroie qui commande les débourreurs. Sa poulie a 0,10 de diamètre. Ici encore on fait donc un emprunt à la force motrice principale qui régit les cardes et cet emprunt correspond a l'assainissement de l'atelier. (...) Une disposition générale imaginée et installée par M. Frédéric Borland, ingénieur des usines, purifie radicalement les ateliers en attirant régulièrement l'air qu'ils contiennent au dessous des grilles de foyer et chaudières à vapeur. On ne peut sans admiration constater la parfaite netteté de l'air dans cet atelier, qui contient originairement tant de cause de troubles et où se meuvent à la fois onze ou douze cents ouvriers et ouvrières sur la coiffure et les vêtements desquels on ne saurait trouver aucune trace de ce que Dickens appelle les "classes pelucheuses de la société".

    Après les cardes, on peut voir dans une série d’étirages et de doublages les rubans se former, de plus en plus propres, de plus en plus souples, et comme dans les autres filatures antérieurement décrites, s’enrouler dans des pots avec un mouvement régulier et continu. Ces pots, après avoir été pesés, sont placés à l’arrière des bancs à broches et filés à des numéros plus ou moins fins, du n°1 jusqu’au n°10 ; après quoi les fils de trames sont mis en canettes et dirigés vers les métiers à tisser, et les fils de chaînes passent par la salle de préparation.

    Dans cet atelier sont disposées des machines qui ourdissent, encollent, sèchent et montent la chaîne sur les rouleaux autour desquels on enroule des chaînes fournissant quelquefois jusqu’à sept et huit mille mètres de course.

    Les métiers à tisser sont rangés à la suite des métiers à filer dans le grand atelier où les 720 colonnes de fonte qui portent le toit sont si bien disposées, que loin d’entraver les mouvements de la fabrication, elles servent au contraire à solidifier par leur bonne jonction l’établissement des transmissions de la force répartie aux machines. (…) Quatre chaudières, d’une surface de chauffe totale de 576 m carrés et consommant par jour onze tonnes de charbon fournissent la vapeur nécessaire à deux machines Corliss jumelles de la force de 750 chevaux.

    Quant aux métiers à tisser, au nombre de 340, ils n’ont rien de très compliqué car ils ne travaillent que le jute, et encore dans ses manifestations les plus simples : la toile à sac, la toile d’emballage pour tapis de toile cirée pour peinture de décor, etc. Leur vitesse très rapide pour les toiles à sac se ralentit dans les grandes largeurs. Dans les métiers de quatre mètres de large, il est évident que la navette ne peut accomplir sa course aussi rapidement que dans ceux de 90 cm. Quant aux métiers de 7 m, le mouvement est encore plus lent (…) Mais il faut, pour certains usages, surtout pour les grandes toiles cirées pour parquets d’appartements et de navires, des toiles de cette dimension, sans aucune couture, et peu d’industriels osent se monter des métiers de 7 m. Harondel, tout en ne faisant que des sortes communes, à cependant la coquetterie de leur donner un apprêt qui en unit et en lisse la surface qu’elle modifie très heureusement de manière à flatter l’œil de l’acheteur. Le jute brut, filé à ces gros numéros, a une apparence laineuse excellente pour ds usages d'ameublement, mais moins heureuse quand il s'agit de sacs ou autre toile ; par la pression seule, sans aucune addition ni encollage, on aplatit le grain on remplit en les unissant aux anfractuosités et on obtient un excellent aspect égal, lisse et soyeux. (…) Parmi les outils de pression, il est une sorte de calandre nommée mangle, véritable lamangle qui peut, à lui seul, finir vingt-cinq mille mètres de toile par jour. Au moyen de machines à métrer et à plier, on prépare les ballots que l’on charge sur wagons dans l’usine même et qui se rendent directement à l’usine centrale de Flixecourt. Les ateliers d’Harondel sont éclairés par 1800 becs de gaz fabriqués dans l’usine.

    p. 7-11.

  • Notice de repérage du patrimoine industriel de la Somme (1988).

    1870 : 20 CV hydrauliques, 15 CV thermiques ; 1894 : 30 pareuses cylindriques à vapeur, dont 12 construites par la maison Saint Frères, les autres en Angleterre ; usage de la vapeur maintenu jusqu'aux années 1960 ; l'électricité était produite par l'usine Saint Frères de Saint-Ouen.

    1870 : 346 ouvriers dont 16 enfants ; 1939 : 1500 ouvriers en 2 équipes de 5 à 21 heures ; 1962 : moins de 500 salariés ; 1989 : 400 salariés.

Références documentaires

Documents figurés
  • Berteaucourt-les-Dames. Plan cadastral : section A1. Le hameau d'Harondel, dessin à l'encre, à l'aquarelle et au lavis sur papier, Sannier et Desgardin géomètres, 1832 (AD Somme ; 3 P 1281/2).

  • Vue intérieure de la filature de jute, vers 1890 (Coll. part.).

  • Les établissements d'Harondel, lithogravure par L. Bertrand. In : TURGAN, Emmanuel. Les grandes usines de la France, 1894.

  • Berteaucourt-les-Dames, plan de la filature d'Harondel, encre sur calque, [s.d.]. (AD Somme ; 10 Fi 31)

  • Berteaucourt-lès-Dames (Somme). La sortie de l'usine Saint Frères, carte postale, vers 1910 (coll. part.).

Bibliographie
  • DE SAINT-FOIX. Rapport sur l'exposition internationale industrielle d'Amsterdam en 1883 adressé à M. le ministre du Commerce. Paris. Imprimerie nationale, 1885.

    p. 131.
  • PICARDIE. Inventaire général du patrimoine culturel. Le Val de Nièvre, un territoire à l'épreuve de l'industrie. Réd. Frédéric Fournis, Bertrand Fournier, et al. ; photogr. Marie-Laure Monnehay-Vulliet, Thierry Lefébure. Lyon : Lieux Dits, 2013. (Images du patrimoine ; 278).

    p. 17, 21, 98-99.
  • GROUE, Lucien. Aux sources de la Nièvre en Picardie. Abbeville : F. Paillart, 2000.

    p. 31
  • LEFEBVRE, François. Saint Frères. Un siècle de textile en Picardie. Amiens : Encrage, 2002.

    p. 32
  • LEFEBVRE, François. Une famille d'industriels dans le département de la Somme de 1857 à la veille de la Seconde Guerre mondiale : Les Saint. Approche d'une mentalité patronale. Lille : Atelier National de Reproduction des Thèses, 2000. Th. doct : Histoire : Amiens université de Picardie Jules Verne : 1998.

    p. 75-76, 86, 401, 432-438.
  • LEFEVRE. Théodose. Notice historique sur le canton de Bernaville (Somme). Amiens. Yvert & Tellier, 1897.

    p. 40-42
  • Le cri du Peuple (AD Somme ; 237 PER 4).

    décembre 1910.
  • WISCART, Jean-Marie. Les patrons du Second Empire. Picardie. Picard et Cénomane, 2007.

    p. 141-143.
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