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Lotissement du Domaine ou de la Plage et quartier balnéaire de Cayeux-sur-Mer

Dossier IA80001718 inclus dans La station balnéaire de Cayeux-sur-Mer réalisé en 2002

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Appellations du Domaine, de la Plage
Dénominations lotissement, quartier
Aire d'étude et canton Trois Vallées - Saint-Valery-sur-Somme
Adresse Commune : Cayeux-sur-Mer
Lieu-dit : quartier Balnéaire

Le quartier balnéaire doit sa création au développement de l'activité des bains de mer au milieu du 19e siècle ainsi qu'à la mise en place d'un lotissement concerté par l'Administration des Domaines. En 1852, un certain François Dufresne demande à la municipalité un bail de trois ans pour un terrain en bord de mer (entre la batterie du Bout-d'Aval et le chantier de construction Bocquet) afin de donner des bains de mer (source : délibération du conseil municipal). Dès la fin des années 1850, certaines personnes souhaitent construire sur la digue, de même que des constructeurs de bateaux désirent y établir leurs chantiers, au plus près de l'eau (source : A.D. Somme : 2 Q 20 et 21). En juillet 1868, la municipalité qui voit le succès des bains et le nombre de baigneurs augmenter chaque année demande à se substituer aux privés et à obtenir la concession des mêmes terrains, sous le prétexte d'améliorer la plage. Elle se donne la possibilité de sous-louer. En février 1869, quelques règles sont édictées : les locataires des bains doivent fournir deux hommes et une femme qui prennent le titre de 'baigneurs jurés', des cabines doivent être érigées et des passages de planches aménagé pour faciliter le passage sur la digue de galets. Les prix sont fixés par la municipalité : 25 centimes sans l'assistance d'un baigneur, et 50 centimes avec un maître-baigneur (source : délibération du conseil municipal). L'activité croissante sur cet espace de galets et les demandes accrues d'aliénations poussent l'Administration des Domaines à lotir le terrain en front de mer, à l'origine du futur quartier balnéaire. Selon Le Héron, l'administration des Domaines avait déjà borné les relais de mer en 1870, mais la guerre avait retardé la vente des terrains, repoussée en 1877. Cette bande de galets mesurait 2 kilomètres de long sur 100 mètres de large, sur laquelle sont découpés 154 lots. Mais les acheteurs sont frileux, et peu de ventes sont effectuées au cours des premières années : en 1877, 75 lots sont vendus (source : A.D. Somme, 2 Q 21), de 25 centimes à 3 francs le mètre carré (source : le Héron). La construction d'un casino municipal suscite cependant de l'intérêt : en août 1880, l'ensemble des lots est vendu de 3 à 7 francs le mètre carré. Selon Le Héron, ces ventes s'élevaient à 150000 francs : les terrains ont en peu de temps pris beaucoup de valeur, ceux du Bout d'Amont sont par exemple passés de 30 centimes à 5 francs en 4 ans. Dès lors, les galets sont recouverts de terre et deviennent carrossables, les maisons de villégiature sortent progressivement de terre. Témoin de cette évolution, P. Le Héron constate qu'entre 1870 et 1880, on reconstruisait surtout de vieilles maisons, la brique remplaçant le torchis. Mais depuis le début des années 1880, des villas sont construites le long de la mer. Dans un guide touristique de 1883, Moisand, parlant du casino, nous révèle : 'La Société du casino, prévoyant que de nouveaux agrandissements seraient nécessaires, était d´avis d´acquérir les terrains qui lui étaient contiguës. Elle recula devant le prix qui lui était demandé, environ 25 francs le mètre. C´est aujourd´hui le prix moyen des terrains qui ont cette situation sur la plage'. Progressivement, les parcelles prennent de la valeur, les acquéreurs sont désormais des 'étrangers' ou des cayolais qui construisent pour la location. Les villas sont continuellement construites jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, période de rupture avec de nombreuses destructions en front de mer.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 20e siècle

Le lotissement et le quartier balnéaires occupent la partie occidentale de l'agglomération et sont essentiellement destinés à la vie saisonnière associée à l'activité des bains de mer. Quartier nouveau jouxtant le village ancien, il s'en dissocie par le type de voies, plus rectilignes, et le bâti, généralement implanté en milieu de parcelle. Le plan du lotissement reprend les limites de l'amas de galets, propriété du Domaine en 1877, parallèle à la mer, d'une longueur de 2 kilomètres et d'une largeur de 100 mètres. Le lotissement est divisé et traversé par une voie principale reliant les deux phares de Cayeux-sur-Mer, raison pour laquelle elle est à l'origine nommée la 'rue' ou 'route du Phare'. Perpendiculairement à la plage, 10 voies secondaires assurent l'accès à la mer depuis le village ancien. Selon Le Héron : 'on l´avait coupée, parallèlement au rivage, par un chemin destiné à relier le feu de marée et le phare ; puis perpendiculairement à la plage par une douzaine de rues, destinées à maintenir les communications entre le village et la mer. Le reste fut très habilement divisé en 158 lots de terrains propres à bâtir, les uns au centre même, contenant de 250 à 300 mètres carrés ; d´autres plus éloignés, d´une superficie de 1.000, 2.000, et même 5.000 mètres'. Le front de plage a malheureusement souffert de l´occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale. Un grand nombre de villas, construites au centre de vastes parcelles, a été détruit. Les plus emblématiques, de style néogothique, possédaient des tourelles circulaires, véritables amers pour les baigneurs. Quelques-unes subsistent fort heureusement : la villa l´Océan (en cours de restauration) ou les Cigales sont les plus anciennes. D´autres maisons du front de mer, bien qu´anciennes, touchées par des destructions partielles, ont été rénovées, agrandies, et leur décor supprimé, de telle façon que l´harmonie et l´originalité sont désormais absentes. Les immeubles de faible hauteur ont remplacé les villas, donnant un front de mer un caractère hybride, avec des maisons d´avant et d´après guerre. C´est en s´aventurant dans les rues perpendiculaires à la plage que l´on rencontre quelques habitations qui portent le souvenir d´une activité balnéaire importante : les plaques de céramique portant l´appellation de la villa, les lambrequins (découpes de bois), tels des dentelles, ornent encore certains toits, les combles sont éclairés par des lucarnes à ferme débordante, et des aisseliers semblent soutenir les toitures, à la manière des villas normandes. Construites en brique, la plupart de ces constructions témoignent de la période de la Belle Epoque, où l´on créait des motifs avec des briques de couleurs différentes, blanche et rouge. Parmi les nombreux hôtels de voyageurs qui accueillaient les baigneurs, la plupart du temps indiscernables actuellement, l´actuelle salle des fêtes (angle des rues du Maréchal Foch et du Docteur Bourjot) était le premier hôtel construit près de la plage, dans les années 1880. Il a été remanié, mais sa structure originelle est encore lisible. Au sud du front de mer, on assiste à des constructions d'immeubles collectifs de grand gabarit depuis le début du 21e siècle.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série Q ; 2 Q 20. Cayeux-sur-Mer, domaines nationaux (1813-1869).

  • AD Somme. Série Q ; 2 Q 21. Cayeux-sur-Mer, domaines nationaux (1870-1881).

  • AC Cayeux-sur-Mer. Registre des délibérations du Conseil municipal de Cayeux-sur-Mer (1835 - 1855).

    délibération de juillet
  • AC Cayeux-sur-Mer. Registre des délibérations du Conseil municipal de Cayeux-sur-Mer (janvier 1856 - mai 1877).

    délibérations du 2 juillet 1868, février 1869
Documents figurés
  • Vente de terrains à bâtir sur la plage de Cayeux-sur-Mer appartenant à l'Etat... désignation des parcelles à vendre... plan des lieux, affiche imprimée, 1877 (AD Somme ; 99 O 1090).

  • Plan des lieux, terrains à vendre par l'Administration des Domaines, affiche imprimée, 1877 (AD Somme ; 99 O 1090).

  • 23 - Cayeux-sur-Mer. Le boulevard de la Mer, carte postale, par Les Galeries cayolaises éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • 310 - Cayeux. La digue et la dernière villa, carte postale, par L.L. photographe éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • Cayeux. La digue Neptune, carte postale, par La Ruche picarde éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • 87 - Cayeux. Villa Le Roi Soleil, carte postale, par L.L. photographe éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • Cayeux. Boulevard de la Mer, carte postale, [s.n.], 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • 105 - Cayeux-sur-Mer. Rue du Phare, carte postale, par Les Galeries cayolaises éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • 50 - Cayeux. La chapelle des Marins, carte postale, par L.L. photographe éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • 112 - Cayeux-sur-Mer. Hôtel des Bains, carte postale, par Les Galeries cayolaises éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • Cayeux. Les chalets route du Phare, carte postale, [s.n.], 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • 7 - Cayeux-sur-Mer. La route du Phare, carte postale, [s.n.], 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • Cayeux-sur-Mer. Rue du Phare, carte postale, par Senet photographe éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • 108 - Cayeux-sur-Mer. Boulevard de la Mer et la Maison familiale, carte postale, par Les Galeries cayolaises éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • Cayeux-sur-Mer. Villa Notre-Dame, rue du Phare, carte postale, [s.n.], 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • Cayeux-sur-Mer. Les villas du feu de marée, carte postale, par Senet photographe éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • 28 - Cayeux-sur-Mer. Boulevard de la Mer, carte postale, par B.F. photographe éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • Cayeux-sur-Mer. Rue du Roi Soleil, carte postale, par Senet photographe éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • Cayeux-sur-Mer. Digue de l'Enclos Mouchette, carte postale, par Senet photographe éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

Bibliographie
  • LE HERON, P. Cayeux-sur-Mer en 1882 avec le plan des terrains à vendre sur la nouvelle avenue d´Umont-d´Urville. Amiens : Carton-d´Hangest, 1883.

    pp. 7-9
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Département de la Somme (c) Département de la Somme ; (c) SMACOPI (c) SMACOPI - Justome Elisabeth
Elisabeth Justome

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie de 2002 à 2006, en charge du recensement du patrimoine balnéaire de la côte picarde.


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