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Plaine K, anciennement plaine G

Dossier IA80005020 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

Appellations plaine K, plaine G
Dénominations quartier
Aire d'étude et canton Grand Amiénois
Adresse Commune : Amiens
Adresse : rue Saint-Maurice , Cimetière de la Madeleine
Cadastre : 1813 F 187 à 188bis ; 2003 IZ 37, 39

La plaine K se situe dans la partie la plus ancienne du cimetière de la Madeleine. Le registre communal indique que les concessions sont acquises entre 1831 et 1869, 8 ont été agrandies. Sur le plan de 1828, elle correspond à la partie occidentale de la plaine G. Le plan y figure 25 emplacements prévus le long du mur nord, dont 20 occupés. Les emplacements laissés libres serviront à la création de passages vers les plaines L et M, après la première extension du cimetière.

Sur un plan postérieur, on observe la présence de 52 concessions adossées au mur ouest, de 22 concessions adossées au mur nord et de 40 concessions bordant les allées qui séparent la plaine K des plaines G, H et I. Cinq concessions sont situées à l'intérieur de la plaine. Les concessions les plus vastes sont adossées au mur nord et le long de l'allée principale, où elles présentent des alignements irréguliers. On observe un nombre plus important de concessions de type couloir le long du mur ouest, où elles présentent, au contraire, un alignement régulier.

L'allée principale, séparant les plaines K et H est bordée d´arbres de tige. Deux arbres ponctuent le passage vers la plaine L, ménagé dans le mur nord. Des arbres en alignement présentant un espacement différent semblent avoir été plantés ultérieurement le long des deux allées de desserte des concessions adossées aux murs nord et ouest. La partie la plus méridionale est plantée d'un alignement de tilleuls formant un mail, qui sépare le cimetière de la Madeleine du chemin allant d'Amiens à Longpré.

Stéphane Comte (1847) décrit quelques tombeaux de cette plaine, notamment ceux de Granclas (K 42), de Chamont (K 47, détruit), de Lapostolle (K 48), de Caille (K 49, détruit) et de Bélu (K 59), adossés au mur nord, ainsi que celui de Cozette-Ladent (K 116), à l'intérieur de la plaine.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle

La plaine K de forme triangulaire se situe dans l'angle nord-ouest du vieux cimetière. Elle se caractérise par un terrain en pente au sud et un plateau, au nord. Elle est desservie par une allée principale qui la sépare des plaines G, H et I et par des allées de desserte qui distribuent les concessions adossées au mur extérieur du cimetière (à l'ouest) et à l'ancien mur extérieur (au nord), actuel mur de séparation avec la plaine L.

Les concessions sont regroupées le long des murs nord et ouest et de l´allée principale qui la sépare des plaines H et I. Celles qui sont adossées au mur extérieur (ouest) présentent un alignement régulier, contrairement à celles adossées au mur nord et à celles qui bordent l'allée principale. On peut observer l'importance des concessions de type couloir le long du mur ouest, les concessions les plus importantes étant celles qui sont adossées au mur nord.

Sur les 113 concessions figurant sur le plan le plus récent, 41 sépultures subsistent et 38 ont été détruites.

Dans le cadre du recensement, qui portait sur les concessions perpétuelles du cimetière de la Madeleine, 30 sépultures antérieures à 1950 ont fait l'objet d'un dossier individuel illustré.

Dans cet ensemble, on signalera la présence d'enclos funéraires (12/41), soit plus de 29% des concessions subsistantes.

25 tombeaux sont signés ou attribués aux entrepreneurs et marbrier : Marest (K 14-15), Lefèbvre fils (K 100), Lefebvre-Facquet (K 46), A. Sallé (K 1, K 7 et K 55), A. Sallé-fils (K 67), Leroy-Digeon (K 6 et K 9), Dutry (K 11 et K 43), A. Barbier (K 22), Lamolet-Tattegrain (K 22, K 46 et K 79), H. Lamolet (K 34 et K 63), Veuve Lamolet (K 62 bis), Delalieux (K 40, K 61 et K 63), Coënen (K 42), J. Dupont (K 43), Duthoit (K 48), M. Sueur (K 61), Lesot (K 112), Lesot-frères (K 89), Lesot-Helleu (K 85), Lamarre-Foulloy (K 89) et Galampoix (K 93).

Personnalités inhumées dans la plaine K : Lapostole.

Monuments signalés dans le rapport de l'architecte de 1925 : K 117.

Typologie :

Les tombeaux présentent essentiellement la forme de stèle ; il subsiste cependant des tombeaux en forme de chapelle (2), de croix funéraire (8), de colonne (3), de cippe (2), de niche monumentale (1), d'obélisque (1) et enfin de dalle funéraire (1).

Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH partiellement, 1986/06/25
Précisions sur la protection

Les bordures de la plaine K comprenant les concessions K 1 à K 41, ainsi que les concessions bordant les murs : concessions K 42 à K 114 : inscription par arrêté du 25 juin 1986. Concession Lapostolle (K 48) : classement par arrêté du 10 mai 1995.

Annexes

  • Plaine K. Concessions détruites et documentées

    K 2 : Concession acquise en décembre 1868 par madame veuve Macquet, née Dheilly, domiciliée à Amiens, 11 rue Fontaine.

    K 3 : Concession acquise en octobre 1866 par Eugénie Carpentier, domiciliée à Amiens, 11 rue Fontaine.

    K 4 : Concession Languillon-Poulain acquise en octobre 1866 par Jean-Baptiste Languillon, domicilié à Amiens, 182 route d'Abbeville.

    K 5 : Concession Matifas-Delagrange acquise en novembre 1866 par Louis Matifas, domicilié à Amiens, 79 rue du Lycée.

    K 12 : Concession Pety et Lhermitte acquise en novembre 1850 et agrandie en mars 1851 par Mélanie Lhermitte, rentière, domiciliée à Amiens, 25 rue Neuve.

    K 13 : Concession acquise en septembre 1828 par les époux Bourgeois-Danel, domiciliés à Amiens, rue des Sergents et par les époux Galampoix-Danel, domiciliés à Amiens, Marché aux Herbes.

    K 16 : Concession acquise en février 1850 et agrandie en août 1859 par Louis Amable Nicolas Herbette, mécanicien et par son épouse Marie Anne Joséphine Boulfroy, domiciliés à Amiens, rue Saint-Jacques.

    K 17 : Concession acquise en juillet 1852 par Germain Pezé-Leroy, épicier, domicilié à Amiens, 5 rue Saint-Leu.

    K 18 : Concession acquise en mai 1852 par Joseph François Bouvier, rentier, domicilié à Amiens, 16 rue Neuve des Minimes.

    K 19 : Concession acquise en décembre 1856 par Jean-Baptiste Chatelain, propriétaire, domicilié à Amiens, 11 rue du Cange. Les sources conservées à la bibliothèque municipale (série M ; 2M18/3) indiquent que l'entrepreneur J.B Galmant a réalisé le caveau ainsi que le monument en 1856.

    K 20 : Concession acquise en juin 1855 par Théodore Valentin Jumel, négociant, domicilié à Amiens, 28 rue des Rabuissons. Les sources conservées à la bibliothèque municipale (série M ; 2M18/4) indiquent que l'entrepreneur Galampoix a réalisé des travaux en 1880.

    K 21 : Concession acquise en mai 1855 par Xavier Pascal Planque, domicilié à Amiens, 21 rue Basse Notre-Dame.

    K 23 : Concession acquise en septembre 1854 par Laure Thérèse Philippine Dumont, veuve Bellencourt, propriétaire, domicilié à Amiens, rue Napoléon, par Jean Benoni Emile Bellencourt et par Claire Aimée Bellencourt.

    K 24 : Concession acquise en septembre 1854 par Julie Joséphine Flamermont, veuve Barbier, débitante, domiciliée à Amiens, 1 rue Legrand-Daussy.

    K 26 : Concession acquise en février 1853 par Jean Armand Bigorne, receveur de l'Enregistrement en retraite, domicilié à Amiens, rue Neuve Saint-Dominique, se portant fort pour le général Léon Lamoricière, domicilié à Bruxelles (Belgique).

    K 28 : Concession acquise en février 1869 par Marie Louise Octavie Follet, veuve Vasseur, domiciliée à Amiens, 44 rue du Moulin.

    K 29 : Concession acquise en octobre 1862 et agrandie en décembre 1868 par madame veuve Périmony, née Lécaillet, par madame veuve Alexis Mallart, née Périmony, par Victorine Stéphanie Périmony et par Thérèse Anastasie Périmony, domiciliées à Amiens.

    K 30 : Concession acquise en avril 1869 par Louis Viseux, domicilié à Limoges.

    K 31 : Concession acquise en avril 1869 par Frédéric Viseux, domicilié à Amiens, 19 rue Gresset.

    K 39 : Concession acquise en août 1869 par madame veuve Loriot, née Denamps, domiciliée à Amiens, 18 rue du Guindal.

    K 41 : Concession acquise en mai 1869 par madame veuve Perlin, née Ducrocq, domiciliée à Amiens, 49 rue des Orfèvres.

    K 44 : Concession acquise en mars 1832 par André, Luc Candas-Lefebvre, propriétaire, domicilié à Amiens, 18 rue des Trois-Cailloux.

    K 45 : Concession acquise en juin 1854 par Elisabeth, Mary Ann Dobinson, veuve Chamont, propriétaire, domiciliée à Guyencourt (80). Une note en marge indique qu'un terrain de 2,50m² a été concédé dans le quartier des Protestants au cimetière de la Madeleine, à Maître Dournel, notaire, pour la sépulture de Elisabeth, Mary, Ann Dobinson, veuve Chamont, décédée le 4 mai 1877. Le nom de la défunte a été rayé de la fiche de concession.

    K 47 : Concession acquise en avril 1828 par Marie, Anne, Marguerite, Louise Jean de Sainte-Croix, veuve Chamont, domiciliée à Amiens, rue Saint-Jacques.

    K 49 : Concession acquise en mars 1828 par François, Bertrand Caille, chef d'escadron, domicilié à Amiens, rue de Noyon et par André, Jean-François, Norbert Damade, avoué, domicilié à Amiens, rue Sire-Firmin-Leroux.

    K50 : Concession acquise en mai 1853 par madame Veuve Lenoir-Hordé Victoire, Rose, domiciliée à Amiens, 6 rue du Bastion. Monument actuel hors étude. ILLUSTRATION

    K 53 : Concession acquise en mai 1850 par Sophie, Eugénie Hétroit, rentière, domiciliée à Amiens, rue des Wattelets. La première inhumation date de 1824.

    K 56 : Concession acquise en juillet 1831 par Marie-Angélique, Augustine D'Amiens, veuve Dumollin de Wiencourt, propriétaire, domiciliée à Amiens, rue Saint-Dominique.

    K 57 : Concession acquise en mars 1828 par Marie, Alexandrine Gorin de Trouville, veuve Langlois de Septenville et par Florence, Victoire Gorin de Trouville, veuve Lequien de Moyennevillle.

    K 58 : Concession acquise en juin 1838 par Thérèse, Scholastique Destré, veuve Bazille, propriétaire, domiciliée à Amiens, rue des Sergents. Une note en marge indique que "ce terrain n'a que 15 mètres de superficie dans la plaine K et il y en a 15 autres mètres dans la plaine L".

    K 60 : Concession acquise en mars 1828 par Annibal, Hercule, Samson Dupéron, domicilié à Paris.

    K 62 : Concession Boucher-Sellier acquise en novembre 1893 par Jean-Baptiste, Auguste Boucher, négociant, domicilié à Amiens, 94 rue des Trois-Cailloux.

    K 86 : Concession acquise en février 1860 par Joséphine Victoire Alexandrine Elisa Aclocque, veuve Arrachart, rentière, domiciliée rue des Capucins. Tombeau actuel hors étude.

    K 115 : Concession acquise en juillet 1843 par Jean Arnault Henri De Virgile, domicilié à Noyon (60), par Charles François D'Orville, officier retraité, domicilié à Amiens et par monsieur Dubos de Guibeauval, propriétaire, domicilié à Amiens, 17 boulevard de l'Est.

    K 116 : Concession Cozette-Ladent acquise en septembre 1842 et agrandie en mars 1846 par Louis Joseph Cozette, débitant de tabacs, domicilié à Amiens, 47 rue Saint-Leu.

    K 117 : Concession acquise en avril 1845 par François Morand et par Marie Louise Vivien, son épouse, fabricants de corsets, domiciliés à Amiens, 36 rue Delambre. La première inhumation date de 1843. Une première note en marge indique que cette sépulture est "à conserver comme présentant un intérêt d'Art, voir le rapport de l'architecte de la Ville, du 20 avril 1925".

    K 117 bis : Concession acquise en janvier 1913 par Marie Laure Céline Lévrien, veuve Ris, sans profession, domiciliée à Abbeville, 2 rue Saint-Jacques. Les sources conservées à la bibliothèque municipale (série M ; 2M18/11) indiquent que l'entrepreneur Lecret (?), domicilié 415 rue Saint-Maurice, a réalisé des travaux en 1913.

    K 150 (vestiges de caveau) : Concession acquise en avril 1915 et agrandie en mai 1915 par Eugène Bénoni Armand Bondois, sous-chef de gare au chemin de fer du Nord, domicilié à Amiens, 41 rue Jules Barni. Les sources conservées à la bibliothèque municipale (série M ; 2M18/11) indiquent que l'entrepreneur M. Sueur a réalisé des travaux en 1915.

  • Plaine K. Concessions détruites, décrites par Stéphane COMTE, en 1847

    « Nous passons devant les sépultures DUVETTE, LEFEBVRE, PLE, pour arriver à celle de la famille CHAMONT [K47], fermée par une haie vive. On y remarque trois pierres horizontales et un petit piédestal en pierre, surmonté d'une croix en marbre noir portant cette inscription : « Henriette CHAMONT». Sur la face principale de la base du piédestal est gravé le complément de l'inscription de la croix : « Epouse de M. PILVOIS, receveur particulier des finances.»

    Parallèlement à ce piédestal, on remarque une pierre couchée et d'une grande dimension. Elle recouvre les dépouilles mortelles de M. CHAMONT. L'inscription gravée sur cette pierre résume toute la vie administrative de ce dernier, aussi la transcrivons-nous entièrement :

    «Ici repose le corps

    de M. Antoine-Denis-François

    CHAMONT,

    né le 12 avril 1761,

    directeur du 20me de la province de Picardie en 1790,

    administrateur du district d'Amiens,

    maire de la ville d'Amiens,

    administrateur municipal d'un canton d'Amiens,

    en 1795,1796, 1797.

    Directeur des contributions directes et du cadastre du

    département de la Somme,

    de 1800 à 1802,

    chevalier de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur,

    décédé le 17 juillet 1826,

    âgé de 65 ans et 3 mois.»

    M. CHAMONT fut un homme distingué par ses connaissances administratives et financières. Ses obsèques eurent lieu avec pompe, et tous les honneurs dûs à son rang lui furent rendus ; la plupart des fonctionnaires supérieurs du département l´accompagnèrent à sa dernière demeure. Quatre chevaliers de la Légion-d'Honneur tenaient chacun un coin du poêle, et un détachement du 20e léger escortait le convoi. M. Liadières, capitaine du génie, si honorablement connu par ses talents littéraires, prononça un discours très touchant sur la tombe du défunt.

    A gauche de cette tombe, on remarque deux autres petites pierres couchées, portant les inscriptions mortuaires de deux enfants de ce dernier.»

    Stéphane C[omte], pp. 214-216.

    « A la suite on remarque, adossé contre un mur, un petit cippe en pierre et deux tables également en pierre, appliquées contre le même mur. C´est la sépulture des frères CAILLE [K49] et de l´épouse de l´un d´eux. Félix Caille, décédé le 7 janvier 1828, lieutenant-colonnel en retraite, et François-Bernard Caille, chef d´escadron, décédé le 26 octobre 1832, étaient deux braves comme la France en produit à toutes les époques, et surtout quand les évènements réclament l´appui et le secours d´hommes énergiques. On regrette que nul monument n´indique aux visiteurs les services rendus au pays par les braves frères Caille. »

    Stéphane C[omte], p. 225.

    « Tout à côté, environnée d´une grille en fer, on rencontre la tombe de Mme GORIN DE TRONVILLE. Une simple pierre pour monument, avec cette inscription :

    « Marie-Anne-Françoise

    POUJOL,

    veuve de Jean-François-Alexandre

    DE GORIN DE TRONVILLE,

    ancien conseiller du Roi et trésorier de France,

    décédée le 13 décembre 1825,

    à l´âge de 82 ans. »

    Au-dessous de cette inscription sont figurées les armes de son mari, qui sont : d´azur au chevron d´argent, accompagné de trois merlettes de même, 2 en chef, une en pointe. »

    Stéphane C[omte], 1847, p. 225-226.

    « Nous revenons en arrière, en entrant dans le carré K, dans une direction horizontale à la sépulture de Mme BELU, et nous nous arrêtons devant celle de la famille COZETTE [K116], dont le chef a été, pendant longtemps, tambour-major de la garde nationale d´Amiens, et, jusqu´à sa mort, premier suisse de la cathédrale de la même ville, modestes fonctions dans l´exercice desquelles il n´en a pas moins acquis l´estime de ceux qui le connurent.

    Le monument, d´un style sévère, se compose d´un piédestal en pierre, au-dessus duquel s´en élève un autre en beau marbre noir, destiné à recevoir une copie de l´ange pleureur de Blasset ; au devant, sont placés horizontalement trois cercueils en pierre, sur la face desquels on lit : EPOUSE, PERE, MERE.

    Quatre pilastres, sur chacun desquels est placé un vase en fonte, supportent et relient la clôture, qui est à claire-voie et fermée par une haie vive. A la base de la face principale du pilastre de droite, on lit avec quelque attendrissement, et un sentiment de satisfaction, ces deux lignes, qui à elles seules suffiraient à faire le plus bel éloge de M. COZETTE-LADENT, qui les a tracées après avoir accompli le fait qu´elles mentionnent.

    « Ici repose, loin de sa patrie, un pauvre enfant de la Savoie. »

    Et qu´on ne dise pas que ce soit par ostentation que cette inscription a été tracée ; non, car, dans ce cas, c´est au ciseau du graveur que M. COZETTE en eût confié l´exécution ; mais il a préféré, dans sa modestie, au moyen d´une craie blanche, indiquer lui-même, aux compatriotes de cet enfant, que dans cette sépulture repose un enfant de la Savoie, oublié peut-être dans sa patrie, mais dont les dépouilles mortelles ont été religieusement conservées par un coeur généreux et compatissant.

    Sur le piédestal dont nous avons parlé, on lit les inscriptions suivantes :

    « Louis-Antoine COZETTE, ancien tambour-major de la garde nationale d´Amiens, décédé premier suisse de la cathédrale, le 29 mai 1822, âgé de 59 ans. »

    « Elisabeth LESCOT, sont épouse, décédée le 17 septembre 1832, âgée de 68 ans. »

    « Adélaïde-Justine LADENT, décédée le 14 juillet 1842, âgée de 39ans, épouse de Louis-Joseph COZETTE, suisse à la cathédrale et débitant de tabac en cette ville. »

    A l´occasion de la mort de cette dame, on rapporte une anecdote touchante de fidélité conjugale. M. COZETTE, son époux, ayant fait voeu de visiter et de prier chaque jour sur la tombe de son épouse, n´a jamais manqué, malgré la saison et les occupations, à cet engagement pieux et sacré du coeur et de sa conscience : si la mort les a séparés matériellement, du moins sont-ils encore unis par le souvenir du survivant.

    La taille et pose des pierres du monument sont de M. Vast, entrepreneur, et le marbre a été fourni par M. Dutry, marbrier en cette ville.»

    Stéphane C[omte], p. 229-231.

  • Plaine K. Monuments repérés

    Tombeau (stèle funéraire) Dumont-Matifas (K8)

    Concession acquise en décembre 1865 par madame veuve Dumont-Matifas Rose, domiciliée à Amiens, Port d'Amont. Les sources conservées à la bibliothèque municipale (série M) indiquent que l'entrepreneur E. Dupont-Sueur, domicilié à Amiens, 41 rue Pointin, a réalisé des travaux en 1900.

    Cette concession, délimitée par des poteaux en pierre de Tournai et par un sol rehaussé en pierre de Tournai, contient une stèle à petit fronton triangulaire à acrotères en calcaire, déposée, probablement élevée vers 1859 (date de la première inhumation).

    Tombeau (stèle funéraire) Moncourt et Lesselin-Viseux (K32-33)

    Concession acquise en avril 1869 par Célestin Pascal Lesselin, domicilié à Amiens, 10 rue de Beauvais et par Alexandre Moncourt, domicilié à Amiens, rue des Capucins.

    Cette concession, délimitée par des poteaux et par un sol en pierre de Tournai, contient une stèle architecturée en pierre de Tournai, complètement recouverte par la végétation et probablement élevée entre 1869 (date d´acquisition de la concession) et 1872 (date de la première inhumation). On signalera la présence d´un porte-couronne mortuaire de style néogothique en pierre de Tournai, qui est encore pourvu de sa partie supérieure en verre.

    Tombeau (stèle funéraire) de la famille [...]-Denamps (K34)

    Concession acquise en mai 1869 par Geneviève Loriot, domiciliée à Amiens, 18 rue du Guindal.

    Cette concession, qui ne conserve que partiellement sa clôture, contient une stèle cintrée en calcaire, déposée et illisible, signée par l'entrepreneur H. Lamolet et probablement élevée vers 1869 (date d´acquisition de la concession et de la dernière inhumation).

    Tombeau (stèle funéraire) des familles Delamarre-Huguet-Letellier-Leblond et Lessertisseux-Caruel-Dupuis-Favrin (K35-36)

    La concession K 35 fut acquise en mai 1869, par Hyacinthe Delamarre, domicilié à Amiens, 56 rue du Blamont.

    La concession K 36 fut acquise en mai 1869, par madame veuve Letellier, née Leblond, domiciliée à Amiens, 15 rue Saint-Leu.

    Cette concession, comprenant deux terrains acquis à la même époque, est délimitée par des poteaux en calcaire et en granite belge, contient une stèle rectangulaire horizontale en granito, dont la base est agrémentée d'un emplacement à usage de jardinière à plantes, qui a sans doute été réalisée vers 1962 (date de la dernière inhumation) en remplacement du tombeau d´origine.

    Tombeau (stèle funéraire) Simon-Corniquet (K38)

    Concession acquise en mai 1869 par Jean-Baptiste Simon-Corniquet, domicilié à Amiens.

    Cette concession, conservant sa clôture, contient une stèle à entablement et fronton triangulaire en calcaire, déposée en fragments face contre terre et sans doute réalisée entre 1869 (date d´acquisition de la concession) et 1871 (date de l´une des inhumations).

    Tombeau (cippe) Joiron (K 51)

    Concession acquise en juin 1838 par Clémence Joiron, épouse Bourdiaux, par Elisa Joiron, épouse Desjardins, par Flavie Joiron, épouse Lambert, par Sophronie Joiron et par Eugène Joiron, domiciliés à Amiens, rue Gresset.

    Dans cette concession, qui a perdu sa clôture d´origine, il ne subsiste, à l'état de vestiges, qu'un tombeau, en forme de pilier trapézoïdal, en calcaire, surmonté d'une croix en fonte, datable de la 2e moitié du 19e siècle.

    Tombeau (stèle funéraire) Dupré (K 52)

    Concession acquise en octobre 1853 par Auguste, Baptiste Dupré, rentier, domicilié à Amiens, boulevard Longueville. La première inhumation date de 1853 et la dernière de 1867.

    Dans cette concession, qui a perdu sa clôture d´origine, il ne subsiste, à l'état de vestige, que la base probable d'une stèle, en calcaire.

    Tombeau (stèle funéraire) de la famille Bachelier-Herbet (K61)

    D'après le registre communal, cette concession fut acquise en avril 1841, par Charles Bachelier-Herbet, marchand, domicilié à Amiens, 32 rue des Vergeaux. Elle fut agrandie en octobre 1872, par Marie-Françoise Bachelier veuve Thuilliez, domiciliée à Amiens, 58 rue des Jacobins. Les sources conservées à la bibliothèque municipale (série M) indiquent que l'entrepreneur M. Sueur a réalisé des travaux en 1906.

    Cette concession, qui a perdu sa clôture, contient une stèle à entablement et fronton, adossée contre le mur. Ce tombeau signé Delalieux, peut ainsi avoir été réalisé vers 1872, date de l´agrandissement de la concession et du décès de Lucien Thuilliez, professeur d´agriculture et chef de division à la préfecture.

    Épitaphe : Lucien Thuilliez / professeur d'agriculture / chef de division à la préfecture / décédé en 1872 [...].

    Tombeau (colonne funéraire) Asselin-Bienaimé et Asselin-Carré (K 62 bis)

    Concession acquise en juin 1861 par Marie De Gonzague, veuve Asselin-Bienaimé, propriétaire, domiciliée à Amiens, 9 rue des Canettes. Elle fut agrandie en août 1866, par Henri Asselin, propriétaire, domicilié à Amiens, 5 rue de l'Andouille.

    Cette concession délimitée par une clôture en fer forgé fixée sur un mur-bahut en briques, contient la base d´une colonne funéraire, signée par l´entrepreneur Veuve Lamolet, raison sociale de l´entreprise autour de 1880.

    Enclos funéraire Deleau-Verrier (K 69-70)

    La concession K 69 est acquise en avril 1839 par la veuve Deleau, domiciliée rue Royale. Cette sépulture a été réunie à la concession voisine (K 70), acquise en avril 1839 par la veuve Verrier l'aîné.

    Cet enclos contient plusieurs tombeaux, dont certains subsistant à l'état de vestiges. Le mauvais état de la concession ne permet pas de déterminer la disposition d´origine. La clôture a été réalisée vers 1839, date de l'acquisition de la concession.

    La stèle en pierre de Tournai (au centre) a sans doute été réalisée vers 1884 (date du premier décès). Elle constitue un exemple tardif d'une typologie en vogue dans le 3e quart du 19e siècle. Celle située au nord date sans doute de 1876.

    La stèle de gauche, en mauvais état, a sans doute été réalisée vers 1889 (date du premier décès).

    La colonne a vraisemblablement été réalisée vers 1861 (date de l'unique décès).

    Tombeau (stèle funéraire) de la famille Droussent-Desailly (K96)

    Cette concession est acquise en novembre 1863 par Victor-Xavier Droussent, charcutier rue Saint-Honoré, dans le faubourg de Beauvais.

    Ce tombeau en calcaire pourrait avoir été réalisé vers 1863 (date d'acquisition de la concession et de la première inhumation).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Amiens. Cimetière de la Madeleine. Registre des concessions.

Documents figurés
  • Plan du cimetière général de la Maladrerie, extrait. Dessin, par Cheussey architecte communal, 1828 (AC Amiens).

  • Amiens. Plan cadastral. Section F, dite de Saint-Maurice, dessin, par Leblanc géomètre, 1852 (DGI).

  • Plan général du cimetière de la Madeleine, feuille 9, [s.d.] (AC Amiens).

Bibliographie
  • C[OMTE], Stéphane. Promenades au cimetière de la Madeleine, précédées d'un précis historique sur l'origine de cet établissement, sa première destination, et les diverses transformations qu'il a subies depuis sa fondation jusqu'à nos jours. Amiens : Imp. Duval et Herment, 1847.

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Ville d'Amiens - Barbedor Isabelle
Isabelle Barbedor

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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