Dossier d’œuvre architecture IA80002397 | Réalisé par
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • inventaire topographique, Amiens métropole
  • patrimoine funéraire, le cimetière de la Madeleine
Ancienne maladrerie puis cimetière communal d'Amiens, dit cimetière de la Madeleine
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Amiens
  • Commune Amiens
  • Adresse rue Saint-Maurice
  • Cadastre 1813 F 187 à 188bis ; 2003 IZ 37, 39

Projetée dès 1785, à la suite du rapport de Jean-Baptiste Duval, la création d'un vaste cimetière général hors les murs ne verra le jour qu'en 1817, date de son ouverture.

Parmi les sources conservées à la bibliothèque municipale, figure un projet (non réalisé) de 1802, présentant un aménagement du site conçu par l'architecte communal Limozin. On y découvre plusieurs avenues rayonnantes formant perspective depuis un bâtiment de plan rectangulaire et aboutissant à une avenue bordant les murs sur les quatre côtés. Ce document donne également une représentation du plan et de l'élévation du bâtiment.

Le projet d'aménagement du cimetière dans l´enclos de la maladrerie est voté le 5 frimaire an 5. Il se concrétise par la plantation des arbres, distants de 5 m, en germinal an 12. La construction du chemin menant au cimetière est décidée en 1808-1809. Les plantations s'achèvent en 1817, date de la bénédiction du cimetière.

Selon Stéphane Comte (1847), le cimetière de la Madeleine est aménagé dans l´enclos de l´ancienne maladrerie, devenue propriété de la ville en 1675. La léproserie fondée au 13e siècle est affectée à l´accueil des pestiférés en 1665, date de l´aménagement de canaux et de la construction d´un hospice. En 1785, la ville décide la suppression des onze cimetières urbains d´Amiens, projetant d´établir un nouveau cimetière général dans l´enclos de la Madeleine. Le projet d´aménagement du « champ des tombeaux » est toujours à l´étude en l´an 4. Plusieurs réparations ont lieu en l´an 10 et en l´an 11. Un rapport de 1808 indique que les clôtures sont rétablies, que les bâtiments sont relevés, alors que la construction du chemin reliant la ville au futur cimetière n´est pas encore réalisée. A cette date, on continue d´enterrer dans les cimetières des faubourgs. La première inhumation a lieu en 1811 (Duval), suivie d´une deuxième inhumation en 1814 (Debray-Valfresne), dans la plaine A.

La nouvelle route est aménagée en 1814, plantée de peupliers depuis le cimetière jusqu´au hameau de Longpré. La clôture du terrain, ouverte par le passage du nouveau chemin, est constituée d´une haie sèche, puis d´une double haie en épines (1818-1819). En 1816, date de la troisième inhumation, dans la plaine F (Bruno Vasseur), a lieu l´adjudication pour le transport des morts. L´année suivante, ce transport en corbillard (préféré au bateau) est adjugé à M. Sevette-Scribe ; une porte d´entrée principale (marquée par deux pilastres en brique rouge) est aménagée dans l´angle sud-est du cimetière ; enfin l´architecte communal établit le devis des travaux à réaliser pour aménager une chapelle et un logement de concierge et pour l´érection d´un calvaire. La restauration du bâtiment s'achève en 1819. L´extension du cimetière est réalisée en 1828.

En 1827, l´architecte communal François Auguste Cheussey, dessine les plans de l'extension prévue au nord de l´enceinte de la Maladrerie. Sur le plan qu'il réalise en 1828 (doc. 1), le cimetière comprend alors dix plaines (A à I), ou îlots délimités par des allées sinueuses, bordées d´alignements et de massifs d´arbres. Un mail de trois et quatre rangées d´arbres longe la clôture du cimetière, de part et d'autre de l'entrée principale. Un bâtiment à usage de chapelle et de conciergerie est visible dans l'axe de l´entrée qu'il surplombe. Une fontaine est également visible au bas de la plaine F, dans un massif. Ce plan représente les dénivelés de terrain et les concessions existant à cette date, montrant ainsi la corrélation entre la topographie du site et l´emplacement des tombeaux, qui sont à cette date, nombreux à être adossés aux mur est (plaines G et E) et sud (plaine B) du cimetière. Dans les plaines extérieures, toutes les concessions sont adossées au mur de clôture (environ 35 concessions, plaine B, 58 concessions, plaine G (devenues G et K), 12 concessions, plaine E), à l'exception du Carré protestant (plaine E), dans lequel la seule concession visible, borde l´allée de desserte. Celui-ci, situé au niveau de l'entrée secondaire est, semble séparé par une haie. La représentation des concessions montre les emplacements prévus et les emplacements occupés. Chaque emplacement prévu est situé entre deux arbres, ceux bordant les allées et ceux longeant les murs de clôture. Dans la plaine B, on observe que certains ont été divisés en plusieurs concessions, certaines très étroite, présentant une forme de couloir. Certaines concessions occupent au contraire, deux, voire trois emplacements prévus (plaines C et G).

Dans les plaines internes, les concessions sont disposées de manière dispersée et suivant des orientations différentes (plaine C et F), sans alignement (plaines A), perpendiculairement aux allées (plaine D et H), de manière régulière suivant des orientations différentes (plaine I). Dans ces plaines, les concessions présentent un plan carré ou rectangulaire, certaines réduites à l'emplacement de la tombe (plaines C et F). On peut par ailleurs distinguer les concessions effectivement occupées par un tombeau (plaines D et C).

L'entrée secondaire est marquée par des massifs ou bosquets cernant le carrefour des allées. Ces bosquets habillent les pointes des îlots et certaines parties des plaines, au niveau des carrefours (A, D, F) et la partie sud-ouest du cimetière, autour de la chapelle (elle-même inscrite dans un espace libre de plan rectangulaire souligné par des rangées d´arbres) et le long du mail, où ils masquent partiellement le dénivelé du terrain. Au nord, entre les plaines E et G, l'allée aboutit au mur de clôture, où l'on peut observer la présence de deux contreforts.

L´extension réalisée au nord-est en 1828 est desservie par des allées paysagères prolongeant celles de la partie ancienne, divisant ainsi la plaine G et donnant naissance à la plaine K. Ces allées délimitent de nouvelles plaines, dites L à O. La plaine E et le carré des Protestants sont agrandis, à la suite de cette extension. L'habillage végétal des allées reproduit celui de la partie ancienne mais les plantations sont absentes le long du mur de clôture. Quelques arbres bordant l'ancien mur de clôture ont été conservés.

En 1840, a lieu la translation des ossements du cimetière Saint-Denis, qui doit donner lieu à l´érection d´un monument. Une nouvelle entrée est aménagée l´année suivante comprenant une nouvelle porte avec une grille en bois.

La grille d´entrée est exécutée par le serrurier Deleux-Choquet, sur les dessins de l´architecte communal Vigreux (A. Goze, 1854 et H. Calland).

Le règlement de 1850 introduit les concessions temporaires (plaine N).

En 1858, la plaine F est affectée aux concessions perpétuelles. En 1864, des concessions temporaires sont créées dans les plaines E et H, à l´exemple des plaines N et D.

Plusieurs embellissements sont réalisés en 1867 (érection d´un calvaire) et en 1868 (renouvellement de la grille d´entrée).

La deuxième extension du cimetière est votée en juillet 1871 ; les terrains, acquis l´année suivante, sont aménagés en 1873-1874, date de l´ouverture de l´allée divisant la plaine N. Un registre de plans non datés réalisés vers 1873 (ill.) et complétés par les plans des plaines P et S (ill. 15 et 16) donne un état précis de la disposition des concessions.

La nouvelle grille, réalisée par le serrurier Moyencourt, est placée en 1886.

Un projet (abandonné) de construction d'un ossuaire est dressé en 1936 par l'architecte de la ville Sevin. Il sera réalisé en 1966, par l'entrepreneur Joseph Ranzoni (AC Amiens).

A la suite de la publication de Stéphane Conte (1847), le cimetière est l'objet de nombreux commentaires élogieux. A. Goze (1854) vante son aménagement à l´anglaise « de façon que lorsqu'on est au milieu des plantations et de la riante verdure on se croirait partout ailleurs que dans l´asile des morts. ». H. Calland (1869 ca.), qui fait une longue description du cimetière romantique et signale les tombeaux remarquables : ceux du recteur de l'académie Dijon, de l´avocat Poullain, de l´ancien maire Dargent, du sculpteur Duthoit, du chimiste Lapostolle, de Mmes d'Epagny, d'Halloy, Vast-Lefurme, Decoron, des familles Florent-Corroyer, Delacour, Laffilé, de l´abbé Maillard, et enfin de la sépulture du chapitre.

C'est ensuite le tombeau de Jules Verne qui devient le plus célèbre du cimetière.

L´étude réalisée par Fr. Caquineau et J. Filoque (1998) propose une chronologie des plantations réalisées dans le cimetière, qui débutent en 1819. Aux ifs plantés en bordure des allées, en 1830, succèdent des alignements de thuyas, sous le Second Empire, des alignements d´épicéas communs, de pins noirs d´Autriche et d´un mail de tilleuls à petites feuilles, vers 1880, enfin de cyprès de Lawson, dans les années 1970. En 1972 et 1973 sont aménagés le jardin du Souvenir et le jardin d´Urnes, formant l´arboretum, enfin un bois de feuillus, dit bois Guislain, est planté, vers 1990, « de façon forestière » ; il comprend des frênes communs, des charmes, des érables plane, des sycomores et des bouleaux verruqueux. Les bosquets, en tête des îlots, sont composés d´érables sycomores, de frênes communs, de marronnier d´Inde, de tilleuls à petites feuilles. Selon la typologie proposée par l´étude, ces arbres jouent un rôle d´accompagnement, d´ornement, d´écran ou de volume (cf. annexe).

Le cimetière de la Madeleine occupe une partie des terrains d'une ancienne maladrerie, puis d'un hospice construit par la ville pour accueillir les malades lors de la peste.

L'hospice de la Madeleine

Un sanitat destiné aux pestiférés et aux mendiants de la ville est construit en 1631 (A. Goze), sur une partie des terres de la maladrerie de Saint-Lazare ou de Saint-Ladre. Cette date est confirmée par un arrêt du Parlement du 31 janvier 1633, qui enjoint aux curés de la ville d'Amiens d'assister et administrer les pestiférés de leurs paroisses respectives "et pour regard de ceulx qui seront mis et envoyés à l'hospital nouvellement basty estant hors la ville, l'évesque dudit lieu nommera des prebtres suffisans et cappables pour administrer, qui seront logez, nourris et stipendiés par les maire et eschevins dudit lieu sur les deniers affectez (sic)." (AD Somme ; G531).

A. Goze, attribue la conception des plans du sanitat à Nicolas Blasset. L'établissement de soin est clos de mur en briques en 1634. La chapelle et l'hospice sont construits en 1663, sur les plans du frère Denis, feuillant architecte, avec le sculpteur Jean d´Arras. La ville en fait l'acquisition en 1665 pour loger les pestiférés.

En 1717, la propriété est affermée à François Lucas (C 571), vers 1730 une requête est déposée par le sieur Josias de Joncourt (C 163), tendant à ce qu'il lui soit adjugé "les maisons, lieux, bâtiments avec les terres labourables qui sont comprises dans l'enclos de l'hôpital des pestiférés appelé la Madeleine, enfermé de murailles, ensemble les prés y tenant entourés de fossés, à l'effet d'y établir une blanchisserie de toiles à l'instar de celles de Hollande, ainsi que des moulins propres à retordre les fils à usage de dentelles", bien appartenant à la ville d'Amiens et loué par adjudication du 28 mars 1728 à feu Louis Joly, dont la succession est abandonnée.

Une description faite en 1765 en vue d'établir à Amiens un hospice pour les mendiants (C 1615), indique que l'édifice est en mauvais état : "Si le bâtiment qu'on nomme la Madeleine ou la Maladrerie, situé sur le pendant d'un coteau entre Saint-Maurice et Longpré-les-Amiens, était en meilleur ordre, les mendiants y auraient été bien et à bon air. L'enceinte est considérable mais les murs sont bas et défectueux. Il n'y subsiste qu'un grand et long bâtiment dont on a fait une grange : le tout appartient à l'Hôtel-de-ville. Il en coûterait beaucoup pour l'arrangement et la solidité d'autant plus nécessaire que cet emplacement est isolé. »

Le bâtiment principal est représenté sur le cadastre napoléonien de 1812 (ill.).

Le cimetière de la Madeleine

Sources :

Les sources conservées aux archives communales et aux archives départementales informent les principales étapes de l'aménagement du cimetière, dans une partie de l'ancien enclos de la Madeleine. Le projet, voté le 5 frimaire an 5, se concrétise par la plantation d'arbres, distants de 5 m, en germinal an 12. La construction du chemin menant au cimetière est décidée en 1808-1809. Les plantations s'achèvent en 1817, date de la bénédiction de la chapelle.

L'agrandissement du cimetière vers le nord est voté en mai 1827 et les travaux de terrassement sont terminés en 1829.

En 1840, a lieu la translation des ossements du cimetière Saint-Denis, qui doit donner lieu à l'érection d´un monument. Une nouvelle entrée est aménagée l'année suivante comprenant une nouvelle porte avec une grille en bois.

Le règlement de 1850 (cf. annexe) introduit les concessions temporaires (N). En 1858, la plaine F est affectée aux concessions perpétuelles. En 1864, des concessions temporaires sont créées dans les plaines E et H, à l´exemple des plaines N et D. Plusieurs embellissements sont réalisés en 1867 (érection d'un calvaire) et en 1868 (renouvellement de la grille d'entrée).

La deuxième extension du cimetière est votée en juillet 1871 ; les terrains, acquis l´année suivante, sont aménagés en 1873-1874, date de l´ouverture de l´allée divisant la plaine N. La nouvelle grille, réalisée par le serrurier Moyencourt, est posée en 1886. Les ventes de monuments abandonnés ont lieu en 1869 (plaines G et K), en 1874 et en 1887.

Documents figurés :

Le cimetière de la Madeleine est représenté sur le cadastre de 1813 (ill.).

Parmi les sources conservées à la bibliothèque municipale, figure un projet (non réalisé) de 1802, présentant un aménagement du site conçu par l´architecte communal Limozin. On y découvre plusieurs avenues rayonnantes formant perspective depuis un bâtiment de plan rectangulaire et aboutissant à une avenue longeant les murs sur les quatre côtés. Ce document donne également une représentation du plan et de l´élévation du bâtiment (ancien sanitat), également représenté sur le plan de 1812.

En 1827, l´architecte communal François Auguste Cheussey, dessine les plans de l'extension prévue au nord de l'enceinte de la Maladrerie. Sur le plan qu´il réalise en 1828 (doc. 2), le cimetière comprend alors dix plaines (A à I) ; les îlots y sont délimités par des allées sinueuses, bordées d´alignements et de massifs d'arbres. Un mail de trois et quatre rangées d'arbres longe la clôture du cimetière, de part et d'autre de l´entrée principale. Un bâtiment à usage de chapelle et de conciergerie est visible dans l'axe de l´entrée qu'il surplombe. Une fontaine est également visible au bas de la plaine F, dans un massif boisé. Ce plan représente les dénivelés de terrain et les concessions existant à cette date, montrant ainsi la corrélation entre la topographie du site et l´emplacement des tombeaux, qui sont alors nombreux à être adossés aux mur est (plaines G et E) et sud (plaine B) du cimetière. Dans les plaines extérieures, toutes les concessions sont adossées au mur de clôture (environ 35 concessions dans la plaine B, 58 concessions dans la plaine G (devenues G et K), 12 concessions dans plaine E), à l´exception du Carré protestant (plaine E), dans lequel la seule concession visible borde l'allée de desserte. Le Carré Protestant, situé au niveau de l´entrée secondaire est, semble séparé par une haie.

La représentation des concessions montre les emplacements prévus et les emplacements occupés. Chaque emplacement prévu est situé entre deux arbres, ceux bordant les allées et ceux longeant les murs de clôture. Dans la plaine B, on observe que certains emplacements ont été divisés en plusieurs concessions, certaines très étroites, présentant une forme de couloir. Certaines concessions occupent au contraire, deux, voire trois emplacements prévus (plaines C et G). Dans les plaines internes, les concessions sont disposées de manière dispersée et suivant des orientations différentes (plaine C et F), sans alignement (plaines A), perpendiculairement aux allées (plaine D et H), de manière régulière suivant des orientations différentes (plaine I). Dans ces plaines, les concessions présentent un plan carré ou rectangulaire, certaines réduites à l´emplacement de la tombe (plaines C et F). On peut par ailleurs distinguer les concessions effectivement occupées par un tombeau (plaines D et C).

L'entrée secondaire est marquée par des massifs ou bosquets cernant le carrefour des allées. Ces bosquets habillent les pointes des îlots et certaines parties des plaines, au niveau des carrefours (A, D, F) et la partie sud-ouest du cimetière, autour de la chapelle (elle-même inscrite dans un espace libre de plan rectangulaire souligné par des rangées d´arbres) et le long du mail, où ils masquent partiellement le dénivelé du terrain. Au nord, entre les plaines E et G, l'allée aboutit au mur de clôture, où l´on peut observer la présence de deux contreforts.

Le cadastre de 1852 (ill.) montre l´extension réalisée au nord-est, desservie par des allées paysagères prolongeant celles de la partie ancienne, divisant ainsi la plaine G et donnant naissance à la plaine K. Ces allées délimitent de nouvelles plaines, dites L à O. La plaine E et le carré des Protestants sont agrandis, à la suite de cette extension. L´habillage végétal des allées reproduit celui de la partie ancienne mais les plantations sont absentes, le long du mur de clôture. Quelques arbres bordant l´ancien mur de clôture ont été conservés.

Un registre de plans non datés, réalisés vers 1873 (doc. 3 à 14) et complétés par les plans des plaines P et S (doc. 15 et 16), donne un état précis de la disposition des concessions.

Travaux historiques :

Selon Stéphane Comte (1847), la ville décide, dès 1785, la suppression des onze cimetières urbains d´Amiens, projetant d'établir un nouveau cimetière général dans l'enclos de la Madeleine. Le projet d'aménagement du « champ des tombeaux » est toujours à l´étude en l'an 4 et 5. Plusieurs réparations ont lieu en l'an 10 et en l´an 11. Un rapport de 1808 indique que les clôtures sont rétablies, que les bâtiments sont relevés, alors que la construction du chemin reliant la ville au futur cimetière n'est pas encore réalisée. A cette date, on continue d'enterrer dans les cimetières des faubourgs. La première inhumation a lieu en 1811 (Duval), suivie d'une deuxième inhumation en 1814 (Debray-Valfresne), toutes deux dans la plaine A.

La nouvelle route est aménagée en 1814, plantée de peupliers depuis le cimetière jusqu'au hameau de Longpré. La clôture du terrain, ouverte par le passage du nouveau chemin, est constituée d'une haie sèche, puis d'une double haie en épines (1818-1819).

En 1816, date de la troisième inhumation, dans la plaine F (Bruno Vasseur), a lieu l'adjudication pour le transport des morts. L'année suivante, ce transport en corbillard (préféré au bateau) est adjugé à M. Sevette-Scribe ; une porte d´entrée principale (marquée par deux pilastres en brique rouge) est aménagée dans l'angle sud-est du cimetière ; enfin l'architecte communal établit le devis des travaux à réaliser pour aménager une chapelle et un logement de concierge et pour l'érection d'un calvaire. Les plantations et la restauration du bâtiment s'achèvent en 1819. L'extension du cimetière est réalisée en 1828.

Selon A. Goze (1854), le cimetière, établi en 1817, est agrandi en 1827 et aménagé à l'anglaise "de façon que lorsqu'on est au milieu des plantations et de la riante verdure on se croirait partout ailleurs que dans l'asile des morts". La grille d´entrée est exécutée par le serrurier Deleux (ou Delaux-Choquet), sur les dessins de l´architecte communal Vigreux (Goze, 1854 et Calland, 1858).

H. Dusevel (1825) fait une intéressante description du cimetière (cf. annexe) et signale plusieurs tombeaux remarquables : ceux de Mme d´Epagny, de MM. Dargent, ancien maire, Poullain, avocat, et Dijon, recteur de l'académie d´Amiens. Caron (1833) et H. Calland (1854) font eux aussi aussi une longue description du cimetière romantique (cf. annexes) et signalent les tombeaux remarquables : ceux du recteur de l'académie Dijon, de l´avocat Poullain, de l´ancien maire Dargent, du sculpteur Duthoit, du chimiste Lapostolle, de Mmes d'Epagny, d'Halloy, Vast-Lefurme, Decoron, des familles Florent-Corroyer, Delacour, Laffilé, et en 1867 de l´abbé Maillard, et de la sépulture du chapitre. Enfin S. Comte (1847) publie un guide riche de nombreux renseignement sur l'aménagement du cimetière et des concessions ou encore sur des maîtres d’œuvre.

L'aménagement végétal

L'étude réalisée par Fr. Caquineau et J. Filoque (1998) propose une chronologie des plantations réalisées dans le cimetière, qui débutent en 1819. Aux ifs plantés en bordure des allées, en 1830, succèdent des alignements de thuyas, sous le Second Empire, des alignements d'épicéas communs, de pins noirs d'Autriche et d'un mail de tilleuls à petites feuilles, vers 1880, enfin de cyprès de Lawson, dans les années 1970. En 1972 et 1973 sont aménagés le jardin du Souvenir et le jardin d'Urnes, formant l'arboretum, enfin un bois de feuillus, dit bois Guislain, est planté, vers 1990, "de façon forestière" ; il comprend des frênes communs, des charmes, des érables planes, des sycomores et des bouleaux verruqueux. Les bosquets, en tête des îlots, sont composés d'érables sycomores, de frênes communs, de marronnier d'Inde, de tilleuls à petites feuilles. Selon la typologie proposée par l'étude, ces arbres jouent un rôle d'accompagnement, d'ornement, d'écran ou de volume.

Les recherches historiques d'I. Legagneur (2005), donnent un descriptif complet de l'évolution des plantations du cimetière.

Le cimetière de la Madeleine, implanté sur une pente ascendante et un plateau, est situé en périphérie de la ville. La parcelle de forme rectangulaire, d'une superficie d´environ 17 hectares, est close de murs de briques. En bordure de la rue Saint-Maurice, le mur bahut est surmonté d'une grille. Un portail en constitue l'accès principal.

Le cimetière, divisé en seize plaines, est distribué par un réseau d'allées paysagères bitumées et de chemins de terre. Quelques allées est/ouest présentent un tracé plus rectiligne, en particulier entre les plaines K/G et L/M, ainsi que dans les plaines E et O.

Les murs séparant les plaines témoignent des agrandissements successifs du cimetière. L'espace entre les tombes est recouvert de gravier. L'aménagement végétal très important, est formé d'alignements d'arbres de tiges bordant les allées, dans la partie sud.

Un bâtiment, abritant actuellement le crématorium et la conciergerie, se situe dans l'axe de l'accès principal.

Comme le montre la vue aérienne, les tombeaux sont implantés suivant deux modes, en bordure des allées (au sud, dans la partie la plus ancienne, et sur la totalité des îlots au nord (plaines P et S), ainsi que dans la plaine E.

  • Murs
    • brique
  • Typologies
    cimetière indépendant (graveyard) paysager ; mutation de la trame
  • Statut de la propriété
    propriété publique
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH partiellement, 1986/06/25
    classé MH, 1995/05/10
  • Précisions sur la protection

    Site inscrit 18 septembre 1947 ; Sol du cimetière. Monuments funéraires suivants : Dijon-Dubrulle (D 4), Lapostolle (K 48), Corroyer (L 111), Lambert Lucas (S 623), Maintenay (S 992) ; les zones définies ci-après telles qu'elles figurent sur le plan annexé à l'arrêté, à savoir : tous les murs de clôture et murs intérieurs, avec les monuments funéraires qui leurs sont adossés ; la bordure de la plaine A comprenant les concessions A 1 à A 98 ; les bordures de la plaine B comprenant les concessions B 1 à B 122, ainsi que les concessions bordant les murs : concessions B 123 à B 154 ; la plaine C, en totalité ; la bordure de la plaine D comprenant les concessions D 1 à D 98 ; les bordures de la plaine E : concessions E 134 à E 136ter, E 11 à E 36, E 36C, E 38 à E 130, ainsi que la partie bordant le mur : concessions E 147 à E 173, et la partie contenant les concessions E 1A à E 9, E 137 à E 146, E 182 et E 183 en totalité ; la plaine F, en totalité ; les bordures de la plaine G comprenant les concessions G 1 à G 1O6 et G 163 à G 165, ainsi que les concessions bordant les murs : concessions G 110 à G 161bis ; les bordures de la plaine H comprenant les concessions H 1 à H 123, ainsi que l'enclos des soldats français et la partie comprenant les concessions H 19 à H 70 en totalité ; la plaine I, en totalité ; les bordures de la plaine K comprenant les concessions K 1 à K 41, ainsi que les concessions bordant les murs : concessions K 42 à K 114 ; les bordures de la plaine L comprenant les concessions L 246 à L 305, L 307 à L 331bis et L 332 à L 348, ainsi que les concessions bordant les murs : concessions L 2 à L 211A ; les bordures de la plaine M comprenant les concessions M 1 à M 48 et M 116 à M 178, ainsi que les concessions bordant les murs : concessions M 49 à M 115 ; la plaine N, en totalité ; la bordure de la plaine O comprenant les concessions O 138A à O 276, ainsi que les concessions bordant les murs : concessions O 1 à O 175, et la partie contenant les concessions O 176 à O 182L en totalité ; les bordures des murs de la plaine P : concessions P 1 à P 173, et la partie contenant les concessions P 301 à P 326 en totalité ; les bordures des murs de la plaine S : concessions S 1 à S 146 et S 740 à S 815, ainsi que les parties contenant les concessions S 147 à S 2121 et S 640 à S 1026 en totalité (cad. IZ 37, 39) : inscription par arrêté du 25 juin 1986. Monuments funéraires suivants : Duthoit (L 173), Grimaux-Dufetel (F 34), Morgan de Belloy (G 110), Bruno Vasseur (F 3), Jules Verne (L 211 A) (cad. IZ 37) : classement par arrêté du 10 mai 1995.