Dossier d’œuvre architecture IA80010682 | Réalisé par
Barbedor Isabelle (Rédacteur)
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • patrimoine de la Reconstruction, La première Reconstruction
La ville de Péronne
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de la Haute-Somme - Péronne
  • Commune Péronne
  • Dénominations
    ville

Jusqu'au début du 20e siècle, la ville de Péronne est formée d'une ville close réunissant l'ancien castrum et le bourg protégés par le château et des faubourgs de Bretagne (au nord-est) et de Paris (au sud). Quelques constructions forment les hameaux de la Chapelette, au sud de la Somme, et du Quinconce (territoire prélevé sur Sainte-Radegonde) où sont établis une promenade et le cimetière communal, durant la période révolutionnaire.

Le développement de la ville est contraint par la topographie et par plusieurs facteurs : la modernisation des fortifications, au début du 17e siècle, qui mobilise une grande partie du foncier disponible sur le territoire communal, la construction du canal de la Somme, à la fin du 18e siècle, et la démolition tardive des remparts en 1906.

Cette faible croissance urbaine est perceptible dans les recensements de population. En 1836, on compte 915 maisons et 3861 habitants, dans la ville et ses faubourgs. Si la population augmente au cours du 19e siècle, pour atteindre 4545 habitants en 1911, le nombre total des maisons est resté stable (909), avec une baisse dans le faubourg de Bretagne, liée à la démolition du rempart, et une hausse dans le faubourg de Paris et à La Chapelette, de 1872 à 1911, à proximité des fabriques et des usines mais aussi de la gare et du canal.  

Le nombre des reconstructions signalées en 1872 dans les matrices cadastrales confirme l’importance des dommages subis dans la ville et ses faubourgs, durant la guerre de 1870. Le monument à Jean Delpas rappelle le siège de Péronne (27 décembre 1870-10 janvier 1871).

La construction d’une digue est ainsi nécessaire pour relier la ville à la Gare, finalement construite en 1872 à Flamicourt, dans la commune voisine de Doingt.

La ville compte deux portes principales, celles de Paris et de Bretagne, et plusieurs portes secondaires ouvertes ou réouvertes au cours du 19e siècle, au sud : celle de Flamicourt, vers la gare, et au nord : une poterne, dite porte du Nord, permettant l’accès au Quinconce, et l'ancienne porte Saint-Nicolas, proche du château.

Le démantèlement des remparts, conduit par l'architecte de la Ville A. Castex, commence au début du 20e siècle et s'achève au lendemain de la première guerre mondiale. Il permet le lotissement des anciennes fortifications, au nord-ouest, la connexion entre la rue Saint-Sauveur et le faubourg de Bretagne, ou encore la création d’une avenue vers la gare avec le prolongement de la rue Béranger (ancienne rue des Cordeliers), enfin au sud-est, l’aménagement du boulevard des Anglais sur les anciennes fortifications, en bordure de la Somme.

La ville de Péronne est détruite durant la Première Guerre mondiale.

Sa reconstruction permet de poursuivre et d’achever les projets d’extension et d’embellissement urbain vers le Quinconce, dans les limites du territoire communal, sur les terrains asséchés des anciennes fortifications. C’est dans ce nouveau quartier de la ville articulé au faubourg de Bretagne, que sont reconstruits l’hôpital et la sous-préfecture.

La création de la rue Duparchy (actuelle rue Georges-Clemenceau) avant 1911, offre un débouché à toutes les rues en impasse depuis la Grande Place. Lors de la reconstruction de la ville, plusieurs rues sont ouvertes sur les terrains des anciennes fortifications (rues Jean-Jaurès, Maréchal-Foch et du Poilu), d’autres sont rectifiées et élargies pour aménager des avenues menant au Quinconce et au nouvel hôpital (avenues de la République et Charles-Boulanger).

Certains équipements sont reconstruits et déplacés dans l’ancienne ville close  (gendarmerie, tribunal, groupe scolaire), d’autres sur les terrains des anciennes fortifications : avenue Danicourt (collèges, bains-douches et place de marché) et avenue de la République  (où est finalement construit le théâtre projeté sur la Grande Place).

L’usine à gaz est reconstruite à son emplacement dans le faubourg de Bretagne mais l’abattoir qui se trouvait dans le faubourg de Paris est déplacé à l’extrémité du faubourg de Bretagne. Plusieurs entreprises s'établissent à la Chapelette, à proximité du canal de la Somme : les Ateliers de Péronne (Marin et Cie constructions métalliques et serrurerie), le dépôt Aux matériaux et Charbons du Nord, ou encore la Filature française du Mohair construite avant 1932 (avec la cité Mohair pour le logement de 6 ouvriers d'usine).

La reconstruction de la ville est progressive. Le plan d'alignement de la ville est approuvé en avril 1920. La carte spéciale des régions dévastées (1920) signale à cette date 70 maisons réparées et localise les baraquements provisoires. Des Nissen sont installées dans la ville mais principalement dans sa périphérie, au Trou Baudelot, et au-delà du faubourg de Bretagne, puis des maisons semi-provisoires sont construites au Quinconce vers 1925.

La société régionale d’Habitations à Bon Marché de la Somme fait construire une trentaine de logements route de Paris (1929-1930) et, en 1932, l’Office départemental des Habitations à Bon Marché fait construire 27 logements rue Georges-Clemenceau, 20 logements rue Jean-Jaurès et deux cités comprenant 26 et 16 logements dans le faubourg de Bretagne.

La ville compte 842 maisons et 3207 habitants en 1921, 1172 maisons et 4282 habitants en 1926 et 1225 maisons et 4130 habitants en 1931. L'inauguration de l’hôtel de ville, des collèges et du groupe scolaire a lieu durant la fête de la renaissance de la ville en octobre 1927.

L'annuaire de 1932 confirme la reconstruction des équipements publics : sous-préfecture, gendarmerie, et de plusieurs établissements bancaires (Banque de France, Caisse d'Epargne, Crédit du Nord et Société générale), poste, deux collèges, abattoir et usine à gaz (faubourg de Bretagne), école de natation (boulevard des Anglais), tennis club, société de tir, motocycle club, cinéma, salle des ventes (faubourg de Bretagne), stade (au Quinconce).

Péronne fait à nouveau l’objet d’un plan d’aménagement urbain, après la seconde guerre mondiale. Le projet de l'urbaniste Montagné, publié dans la revue Urbanisme en 1944, prévoit le réaménagement d’une partie de la Grande place, la mise en valeur des parties restantes de l'enceinte et des portes de ville et la création d’un boulevard de ceinture de la ville, qui ne sera pas réalisé. Une piscine (aujourd’hui détruite) est aménagée rue Georges-Clemenceau (actuel camping), au début des années 1950.

Dans les années 1960, la construction du canal du Nord modifie la topographie aux abords de la Somme. L’ancien port est supprimé et remblayé (actuelle rue de la Digue) et un nouveau port est aménagé à l’ouest du canal par la Chambre de commerce. Le territoire communal est modifié après le rattachement des communes de Mont-Saint-Quentin (1963) et de Sainte-Radegonde (1965). C’est sur les terres agricoles de ces deux communes que s’opère l’extension de la ville.

  • Période(s)
    • Principale : Haut Moyen Age, Moyen Age, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle , (détruit)
    • Principale : 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle, 3e quart 20e siècle
  • Typologies
    vallée humide

Documents d'archives

  • Voyage aux pays délivrés : ce que nous avons vu. Compte-rendu par M. Le Verdier. Rouen : Imprimerie administrative, 1918.

Bibliographie

  • DECAGNY, Paul (abbé). Histoire de l'arrondissement de Péronne. 1865. Péronne : Quentin.

    p. 1-133.
  • EMBRY, Robert. Les rues de Péronne, histoire et topographie. Péronne : Société Archéologique de la région de Péronne, 2000.

  • LECOMPTE, Georges. "Les projets d'aménagement des villages et petites villes de la Somme". Urbanisme, 1944, n° 101/102.

    p. 70.
  • MARTEL, Dr F.-J. Essai historique et chronologique sur la ville de Péronne. Péronne : J. Quentin, 1860.

  • PERRAULT-DABOT, A. Les édifices et monuments de Péronne. L'Architecture. Bulletin publié par la Société centrale des architectes pendant la durée de la guerre.

    1919, n°7, p. 145-151 ; n°8, p. 169-175.
  • VALLAUX, Camille. Péronne. Paris : E. Leroux, 1919.

  • VALLOIS, Georges. Péronne, son origine et ses développements, Péronne : J. Quentin, 1880.

Documents figurés

  • Français souvenons-nous ! La France reconquise (1917). Péronne. Ce que les boches ont fait d'une place jadis si riante, carte postale, Phot. Express, [après 1917) (Historial de la Grande Guerre, Péronne ; fonds Van Treeck).

  • Péronne (Somme). Les ruines (mars 1917). A remarquer la grossière inscription : "Ne vous lamentez pas, souriez plutôt" (mars 1917), carte postale PND, 1917 (Historial de la Grande Guerre, Péronne ; fonds Van Treeck).

Annexes

  • L'Architecture
  • Les tonneaux de Péronne (Alexis Danan, Paris-soir, 28 mai 1931, p. 1 et 2).
  • auberges et hôtels
  • notes
Date d'enquête 2016 ; Date(s) de rédaction 2016
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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