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Les enclos funéraires du cimetière de la Madeleine

Dossier IA80005026 réalisé en 2005

Fiche

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Les enclos funéraires

Ce qu´on a désigné ici sous le terme d´enclos funéraire sont des concessions délimitées par une clôture, qui renferment plusieurs tombeaux. Ce dispositif trouve son origine dans les règlements des inhumations des cimetières, qui interdisaient la superposition des corps.

Dans le cadre du recensement des concessions perpétuelles du cimetière de la Madeleine, 364 enclos funéraires ont été identifiés, certains subsistant parfois à l´état de vestiges, 219 ont fait l'objet d'un dossier.

Ces concessions, délimitées par une clôture en fonte ou une simple bordure, renferment plusieurs tombeaux individuels ou collectifs et présentent des dispositions spatiales différentes. Dans le cas des concessions de type couloir (c´est-à-dire étroites et profondes), les tombeaux sont disposés en enfilade, les uns derrière les autres.

Cette disposition résulte de l'association de tombeaux individuels successivement élevés dans la concession, ou de l'adjonction de tombeaux collectifs ou individuels à un tombeau principal, qui présente le plus souvent la forme d'une stèle.

On observe ainsi une disposition articulée autour d´un tombeau principal, le plus souvent une stèle, ou une juxtaposition de tombeau de taille équivalente. Le nombre de tombeau varie de 2 à plus de 10.

Le dispositif résulte parfois de la réunion de deux concessions, comme dans l'enclos Guénard-Morant et Asselin-Legendre, ou encore celui des familles Dupont-Bacqueville et Duval-Maressal, qui disposent de deux entrées.

Périodisation

Les exemples les plus nombreux datent du milieu du 19e siècle (1830-1875). Les exemples les plus tardifs datent du 1er quart du 20e siècle.

Localisation

Dans le cimetière de la Madeleine, les enclos sont localisés dans toutes les plaines, c'est cependant dans les plaines D, F, G, O et L qu'ils sont les plus nombreux (cf. graphique).

Organisation

1-Disposition organisée autour d´un tombeau principal collectif

Dispositif généralement élaboré au moment où un tombeau de famille est élevé dans la concession. Ce tombeau principal peut cependant être postérieur aux premiers tombeaux érigés dans la concession (Desjardins-Lefebvre-Mollet).

composition homogène à tombeau principal

Ce dispositif est assez peu fréquent au cimetière de la Madeleine, seuls 6 enclos présentent ces caractéristiques.

Le tombeau principal, ou tombeau collectif, présente le plus souvent la forme d'une stèle. Il est complété par un ou plusieurs tombeaux individuels en forme de stèle, généralement d'applique, comme c'est le cas des enclos Domont-Cozette et Moullart, Bougon-Ramecourt et Bougon-Noël ou encore dans l'enclos de la famille Boucher. ou de la famille Savoye.

Dans l'enclos de la famille Madaré, les deux stèles des domestiques de la famille sont disposées de part et d'autre du tombeau principal.

Dans l'enclos de la famille Deflesselle et de la famille de l'architecte Herbault, la dimension de la concession a induit une implantation en U des deux stèles associées au tombeau principal, suivant un système comparable à celui de l'enclos Pauchet-Duthoit.

Dans la concession Lenoël-Hérouart, il s´agit d´un tombeau individuel et d´un tombeau collectif.

composition hétérogène à tombeau principal

Ce dispositif est le plus fréquent, il représente 38% du corpus étudié.

Le tombeau collectif présente le plus souvent la forme d'une stèle, type le pus fréquent dans le cimetière de la Madeleine. Ce tombeau complète ou est complété par un ou plusieurs tombeaux individuels en forme de dalle funéraire (Leullier-Monchaux) ou de croix funéraire :

Cette disposition a été observée dans 10 enclos, situés dans les plaines B, G (Pinchinat-Ponthieu), K (Bérenger-Cotinet et Decaudavaine, Debry et Wattebled), L (Faton de Favernay), O (Croissy-de Bacquancourt) et P (Morgand-Bernard).

La concession B 132 (repéré) présente une composition symétrique (les deux croix encadrent la stèle).

Dans la concession Croissy-de Bacquancourt, le tombeau individuel est antérieur à la stèle ; dans la concession Morgand-Bernard, le tombeau individuel, élevé à la mémoire d´un soldat mort en 1915, est postérieur à la stèle.

Le tombeau collectif est complété par un ou plusieurs tombeaux en forme de colonne funéraire (Dufourmentel-Tellier), d'obélisque (Famechon-Tassart) ou de cippe (Choquet-Mollet et Choquet-Delattre).

Dans la concession Duriez-Carpentier et Lejour-Duriez, le tombeau individuel est antérieur à la stèle, dans la concession Lescaillet-Cachaleux, la colonne est un cénotaphe ; dans la concession Godart, Doulliez et Degand, les deux colonnes sont des tombeaux individuel et collectif, enfin dans la concession B 125 à 127 (repéré), le tombeau individuel, élevé à la mémoire d´un soldat mort en 1870, est postérieur à la stèle.

Le tombeau collectif est complété par des tombeaux de plusieurs types (Desmarquet).

Dans certains cas, moins fréquents, le tombeau principal est un tombeau en forme de sarcophage ou de cénotaphe (Morgan de Belloy, Lapostolle, ou encore famille Caumartin et famille Pécourt-Objois et Gallet, Auguez-Delvaux), de croix funéraire (Creton de Limerville et Boudoux d'Hautefeuille), plus rarement en forme de chapelle (Fatton).

2-Disposition associant plusieurs tombeaux

La taille et la forme des concessions permet parfois de multiplier les tombeaux, comme dans les enclos Morgan d'Epagny et Dècle-Firmin et Dècle-Guillain, il atteint

composition homogène ordonnée (juxtaposition)

L´enclos contient deux stèles (de Tourtier) ou trois stèles (famille Sordi, famille Ladent). Dans les concessions Beldame-Leroy et Gallet-Beldame ou Debrie-Cauchon et Cauchy-Cauchon, il s´agit de deux tombeaux collectifs.

L´enclos contient trois colonnes funéraires (Rembault-Guidé), trois obélisques (Somiliana-Triboulet), deux croix funéraires (Saint-Aubin et Mongrenier-Hirondart).

L'enclos contient plusieurs dalles funéraires ou tombeaux en forme de sarcophage, qui sont des tombeaux individuels (Beaucousin-Brasseur ou Herbet-Picart)

Plus exceptionnel, l'enclos contient deux tombeaux en forme de chapelle (Guénard-Morand et Asselin).

composition hétérogène

L´enclos contient des tombeaux de types différents.

L´enclos de type couloir contient une stèle et un sarcophage, dispositif observé dans 3 enclos de la plaine L (L 28, L 54), dans la plaine O (O 124, O 129 et O 137). Le sarcophage est généralement postérieur à la stèle.

Certains enclos présentent une disposition symétrique de plusieurs tombeaux.

Deux types de disposition ont été observés :

  • une juxtaposition de deux tombeaux identiques (B 139-140 et O 162). tombeaux identiques : enclos funéraire Cosserat-Ledieu.
  • des stèles secondaires identiques disposées de part et d´autre de la stèle principale ; c´est le cas des concessions O 141, K 100, L 34 et de la concession K 93, où elles forment un triptyque avec la stèle principale.
  • composition symétrique Duthoit-Pauchet. ou encore Choquet-Mollet et Choquet-Delattre.
  • une alternance de stèles identiques. Dans la concession K 63, deux tombeaux individuels identiques sont placés au centre de deux tombeaux collectifs identiques ; dans la concession B 145, des groupes de stèles identiques sont placées de part et d´autre d´une stèle centrale.
  • des croix monumentales cantonnent une stèle (B 132)

Mutations

Plusieurs tombeaux successifs sont conservés, le plus ancien étant masqué par un nouveau tombeau

D'Hervillez-Dequin où un tombeau en forme de niche monumentale est placé au-devant d'une stèle funéraire. Dournel et Dournel de Bonnival ou encore Guidé et Dupetit.

Les enclos des congrégations

Cinq enclos de congrégation ont été recensés dans le cimetière de la Madeleine. A l'exception de celui des Clarisses (plaine S), ils présentent actuellement la même disposition : un tombeau collectif en forme de croix monumentale, doublée d´un tombeau épitaphe (L 56).

Un sixième enclos (détruit) est également attesté par une description de S. Comte (1847), dans la plaine L, celui des Ursulines. Il présente la même simplicité.

Aires d'études Grand Amiénois
Dénominations enclos funéraire
Adresse Commune : Amiens
Adresse : rue Saint-Maurice , Cimetière de la Madeleine
Cadastre : non cadastré
Période(s) Principale : 19e siècle, 20e siècle
Décompte des œuvres repérés 249
étudiés 220

Annexes

  • Plaine L. Concessions détruites, décrites par Stéphane Comte

    " La sépultutre de la famille MAILLET [L16], anciens négociants en cette ville, joint la précédente. Le monument est de style moderne et n'offre rien de particulier ; dans le tympan du fronton sont sculptés un hibou entouré d'une couronne de pavots et deux branches de cyprès. Plusieurs membres de la famille sont inhumés dans cette enceinte."

    Stéphane C[omte], 1847, p. 197.

    " La sépultutre de la famille ROBERT [L17] vient à la suite. Le monument est semblable au précédent ; il n'y a de différence que dans les ornements, placés au même endroit : ils se composent d'un clepsydre ailé entouré d'un serpent et de deux flambeaux à demi-renversés. Le fronton est surmonté d'une palmette.

    La famille ROBERT a plusieurs de ses membres inhumés dans cette sépulture."

    Stéphane C[omte], 1847, p. 197-198.

    "La famille DEGOVE-BAZILLE [L18] a sa sépulture à la suite. Le monument est de même style et de même forme que ceux dont nous venons de parler ; mais il est dépouillé d'ornements, si on en excepte un agneau rédempteur au-dessus duquel est gravée cette citation :

    "Agno saturantur qui imitantur."

    Sur la droite et sur le premier plan, s'élève un beau cippe en marbre blanc veiné d'Italie, surmonté d'une croix dorée. A l'élévation supérieure de ce cippe, est gravée, en caractères dorés, cette inscription :

    "Philippine BAZILLE, veuve de M. DEGOVE, décédée le 24 décembre 1843, à l'âge de 67 ans."

    Les inscriptions d'autres membres défunts de cette famille, notamment celle de M. DEGOVE, ancien marchand de fer en cette ville, époux de Dlle Philippine BAZILLE, sont gravées sur des tables de marbre noir appliquées sur le fût du monument qui est adossé contre le mur. Deux sapins d'une fort belle venue et de gracieuses plates-bandes ornent l'enceinte de cette sépulture."

    Stéphane C[omte], 1847, p. 198.

    " Nous constatons, en passant, la présence d´un cippe en marbre blanc veiné d´Italie, d´un fort beau travail. Il est élevé à la mémoire et sur l´emplacement destiné à la sépulture de M. François Cosme Damiens Jahan [L 29], propriétaire, décédé le 30 janvier 1840, à l´âge de 76 ans. Ce cippe sort des ateliers de M. Deventer. "

    Stéphane C[omte], 1847, p. 201-202.

    " Nous nous arrêtons, à quelques pas, devant le monument élevé dans l´enceinte de la sépulture de la famille de M. Alexandre Laurent [L54], ancien négociant et fabricant de velours d´Utrecht. Ce monument est de forme moderne, avec chapiteau cintré au milieu duquel est sculptée une couronne de pavots nouée par un ruban. Trois pierres horizontales portent les inscriptions suivantes :

    Sur la première à droite :

    Ici repose le corps

    De M. Alexandre LAURENT

    Décédé le 13 novembre 1842, âgé de 77 ans.

    Sur la seconde :

    Ici repose le corps d´Alexandrine Henriette

    COULON, épouse de M. Alexandre

    Laurent, décédée le 22 avril 1839,

    A l´âge de 57 ans

    Et sur la troisième :

    Ici repose le corps

    de Dame Amélie LAURENT

    épouse de M. Grégoire Sainte-Marie

    notaire à Roye, décédée

    le 9 avril 1833, à l´âge de 21 ans.

    De beaux sapins ombragent ces tombes que ferme une grille en fer. "

    Stéphane C[omte], 1847, p. 205-206.

    " La sépulture qui précède [celle des Caron-Vitet] est suivie par celle des Soeurs-Ursulines [L 58]. Même simplicité qu´aux soeurs du Sacré-Coeur. Deux croix en bois, peintes en noir, sont plantées sur un pareil nombre de tombes. A droite, on remarque une pierre sépulcrale couchée, sur laquelle est gravée cette épitaphe :

    Ici repose le corps de dame

    Louise Thérèse Anastasie

    De CLERMONT-TONNERRE

    Supérieure et restauratrice

    Des Ursulines

    Décédée le 2 avril 1827

    Agée de 73 ans et 8 mois

    Et de religion, 51 ans et 6 mois.

    Cette dame est la tante de M. le comte de Clermont-Tonnerre, de Bertangle (sic). C´est elle qui, après la Révolution, réorganisa à Amiens la congrégation des Dames Ursulines dont elle fut la supérieure jusqu´à sa mort. Elle était réputée pour sa charité et sa piété.

    Une haie à moitié rompue entoure cette modeste tombe. "

    Stéphane C[omte], 1847, p. 208-209.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série O ; 99 O 211. Amiens. Cimetières avant 1869.

  • AD Somme. Série O ; 99 O 277. Amiens. Cimetières 1870-1939.

Bibliographie
  • C[OMTE], Stéphane. Promenades au cimetière de la Madeleine, précédées d'un précis historique sur l'origine de cet établissement, sa première destination, et les diverses transformations qu'il a subies depuis sa fondation jusqu'à nos jours. Amiens : Imp. Duval et Herment, 1847.

    p. 208-209
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Ville d'Amiens - Barbedor Isabelle
Isabelle Barbedor

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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