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Le hameau de Sailly-Bray à Noyelles-sur-Mer

Dossier IA80007274 réalisé en 2004

Fiche

Dénominations écart
Aire d'étude et canton Somme - Nouvion
Adresse Commune : Noyelles-sur-Mer
Lieu-dit : Sailly-Bray

D´après Guerville, Sailly-Bray, doit son nom à une ancienne plantation de saules.

Les traces d´un cimetière mérovingien ainsi que d´importants nodules de grès ont été découverts sur le territoire, indiquant ainsi une occupation ancienne et sans interruption du hameau depuis le Haut Moyen Age.

Rodière a retrouvé mention des seigneurs de Sailly-Bray dans les sources du milieu du 14e siècle à la fin du 18e siècle. La seigneurie appartenait alors au comte de Ponthieu à cause de Noyelles et comptait de nombreux fiefs. De l´élection de Doullens, du bailliage de Rue, une partie de la seigneurie était détachée et formait une seconde seigneurie, tenue de la première. Elle fut vendue le 13 avril 1349 à la chartreuse de Saint-Honoré-les-Abbeville par Guillaume de Poix. Le 25 du même mois, Philippe VI, roi de France, accorda par lettre aux chartreux "18 livres et 14 soldées de rente à Laviers et à Sailly, pour dédommager de ce que les Anglais ont brûlé, en franchissant la Somme à Blanquetaque, leur maison de Port".

La paroisse de Sailly-Bray fut rattachée à celle de Sailly-Flibeaucourt après la Révolution puis à celle de Noyelles par Napoléon qui en fit raser l´église afin de concrétiser ce qui fut un des premiers regroupements de communes de l´histoire.

Le marais représentait un revenu communal important. En effet, le comte Méré de Paris y louait à la commune le droit de chasse. Il y construisit d´ailleurs la fameuse hutte des 400 coups (cf annexe).

Le hameau comtait 265 habitants en 1698. D´après lecture du recensement de population, en 1851, Sailly-Bray était composé de 41 maisons pour 162 habitants. Les chiffres stagnèrent jusqu´en 1906. La population diminua à 146 âmes en 1936, alors que le nombre de constructions stagna.

Les betteraves à sucre cultivées sur le territoire de Sailly-Bray étaient envoyées à la sucrière d'Abbeville via la voie ferrée de Noyelles-sur-Mer/Sailly-Bray/Sailly-Flibeaucourt/Nouvion/Crécy. La chicorée était expédiée à la cossetterie de Saint-Valery.

Sur le cadastre napoléonien, le hameau s´organise autour de deux rues parallèles se rejoignant à l´est sous forme d´un carrefour. Une mare était implantée au centre. Le bâti, en 1833, était relativement dispersé. Six fermes, de taille imposante, étaient situées au sud et sept au nord, plus petites. Le plan en U était le plus employé, avec logis parallèle à la voie de circulation. Le sud-ouest du hameau n´était pas aussi construit qu´aujourd´hui et le nord-ouest était occupé par de toutes petites unités d´habitation éparses, que l´on ne retrouve plus actuellement (qui n´existaient pas au 18e siècle, puisque que seul l´ouest du hameau était construit). D´après un habitant, les fermettes situées au bout de la rue du Marais semblent avoir été établies au milieu du 19e siècle (en effet, elles ne figurent pas sur le cadastre napoléonien de 1833). Elles étaient occupées par les ouvriers des trois serrureries de Sailly-Flibeaucourt (Vachette, aujourd'hui rachetée par l'entreprise Stremler basée à Troyes, désormais transférée à Nouvion et Poumared, actuellement située dans le Vimeu) qui employaient environ mille personnes. Afin de compléter leur salaire, ces derniers faisaient la saison des betteraves. Les habitants de cette rue exploitaient également dans les marais situés en face la tourbe qui leur permettait de se chauffer.

Les dents creuses entre les fermes se sont peu à peu comblées à la limite des 19e et 20e siècles afin de constituer aujourd´hui un bâti quasiment mitoyen. La partie nord de la route sud a, elle, été investie récemment.

Période(s) Principale : Fin du Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine

Situé à 3,7 km de Noyelles sur la route de Nouvion, le hameau de Sailly-Bray, peu étendu, est implanté sur une plaine relativement plane au sol argilo-calcaire, parfois sablonneux. Le territoire possède un des plus vastes marais naturel de la Somme, d´une centaine d´hectares, traversé par un cours d´eau, le Dien, qui naît à Nouvion et va se jeter dans la Somme, à Noyelles, après un parcours de 6 à 7 km. Ce marais, situé à l´ouest du hameau, appartient aux marais arrières littoraux. L´eau est omniprésente à l´ouest du village, au pied même des habitations. Séparés par de vastes champs ouverts et de prairies, Sailly et Nolette sont reliés par la RD 111. Pourtant plus étendu, le bâti est ici moins dense et discontinu que celui de Nolette. Il s´est développé le long de deux routes formant un V à l´ouest de la route départementale (l´une menant aux marais et la seconde, plus au nord, au village de Bonnelle, sur le territoire de Ponthoile), séparées par la pâture centrale. Cette dernière s´achève à l´ouest sous forme de marais tourbeux. Cette forte présence du paysage (marais, pâture) confère au village un aspect aéré. L´implantation du bâti a donc peu évolué depuis 1833. Les constructions situées le long de la route sud (rue du Marais) se concentrent essentiellement au sud de celle-ci. La route nord (impasse Colasse) voit son bâti distribué des deux côtés. L´habitat est essentiellement composé de fermes, de tailles différentes : les petites fermettes sont davantage regroupées au sud-ouest du village, toutes mitoyennes, au plan en U, et les fermes plus importantes au nord et au sud-est. Les premières sont en torchis, contrairement aux secondes qui disposent de matériaux plus résistants : la brique et le silex. Les parcelles sont plus ou moins profondes.

Annexes

  • La Hutte des 400 coups

    La Hutte des 400 coups

    Noyelles possède un des plus vastes marais naturel de la Somme, d´une centaine d´hectares : celui de Sailly-Bray.

    Créée en 1904 par le vicomte Henri Brossin de Méré, industriel en région parisienne (à Saint-Maur, usine d'huile brute pour moteur), la Hutte des 400 coups se situe dans le marais de Sailly-Bray. L´homme loua à la commune de Noyelles le droit de chasse sur le marais. On y accède par le pont sur le Dien. Elle est entourée de 110 hectares de marais et tient son nom des 400 coups de fusil tirés pour accompagner le repas d'inauguration. Elle se compose de deux parties séparées par un sentier bétonné. La hutte proprement dite disposait à l´origine d'une cuisine, d'une salle à manger, d'une salle de repos, d'une salle de tir, de cinq chambres, de toilettes, de douches, d´un chenil et d´une armurerie ; un deuxième corps de bâtiment abrite la salle de billard. Une habitation pour le garde fait également partie du site. Un rectangle accolé à une vaste mare au centre était propice à la pose de voiliers d´oiseaux. Plus tard, l´installation fut enrichie des appartements de la Vicomtesse, appelés Tauping Palace par un chroniqueur de l´époque en raison de son luxe. Les 400 coups se trouvait à l´origine au milieu d´une plaine tondue par le bétail. Avec la croissance de la végétation, la hutte était totalement camouflée. Le comte aménagea une partie du marais pour les bécassines en y installant un réseau hydraulique.

    Pierre Gérard indique (Les 400 coups et Blanquetaque. Hauts lieux du patrimoine culturel et cynégétique picard. Fressenville, Imprimerie Carré, s. d) que « ayant constaté une différence de niveau entre les deux rivières (celui du Dien est supérieur à celui des Iles), il l´utilisa pour concevoir un réseau de fossés parallèles, munis de vannes, entre les deux cours d´eau, y compris à travers les installations de la hutte, permettant la mise en eau éventuelle de platières à bécassines, ou le maintien d´une surface d´eau libre sur la mare de hutte en période de gel. Le marais de Sailly-Bray devint ainsi, outre le site d´une installation huttière exceptionnelle, un modèle d´aménagement et de gestion hydraulique du milieu naturel en vue d´un meilleur accueil pour la bécassine ».

    Le vicomte est inhumé dans le cimetière de Noyelles.

    Elle fut abandonnée lorsque le vicomte voulut construire une hutte sur le territoire de Ponthoile (il habitait alors dans le village au 12 rue de Nouvion puis au 33 rue du Mont Greval au châlet des Îles). La commune de Noyelles loua successivement la hutte à des propriétaires différents.

    La gestion du site fut reprise en 1992 par le SMACOPI.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série M ; 2 MI_LN 294. Recensement de population de la commune de Noyelles-sur-Mer [836-1936].

Documents figurés
  • Plan du Marquenterre, de la Baie de Somme à la Baie d´Authie, 18e siècle, encre et lavis sur papier, 18e siècle (AD Somme : RL 343).

  • Cadastre napoléonien de la commune de Noyelles-sur-Mer, encre et lavis sur papier, 1833 (AD Somme : E_DEP 1044).

  • Dans les marais de Sailly-Bray-lès-Noyelles, carte postale en noir et blanc, par Fernand Poidevin, photographe et éditeur, Collection de l'hôtel des Voyageurs, début 20e siècle.

  • Environs de Noyelles-sur-Mer - la place de Sailly-Bray, carte postale en noir et blanc, par Fernand Poidevin, photographe et éditeur, Collection de l'hôtel des Voyageurs, début 20e siècle.

Bibliographie
  • BELLEVAL, René De. Les fiefs et les seigneuries du Ponthieu et du Vimeu. Brionne, Gérard Monfort, 1975.

    p. 286
  • BELLEVAL, René de. Chronologie d'Abbeville et du comté de Ponthieu. Paris, P. Chevalier, 1899.

    p. 136, 151, 181
  • GARNIER, J. Dictionnaire topographique du département de la Somme. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, 3e série, 1878, tome 2.

    p. 250
  • GERARD, Pierre. Les 400 coups et Blanquetaque. Hauts lieux du patrimoine culturel et cynégétique picard. Fressenneville, Imprimerie Carré, s. d.

    p. 5
  • GUERVILLE, André. Chapelles et oratoires en pays de Somme. Abbeville : F. Paillart éditeur, 2003.

    p. 48-49.
  • RODIERE, Roger. Statistique féodale du baillage de Rue et de quelques villages voisins. Première partie. Communes du canton actuel de Rue. Bulletins de la Société d´Emulation d´Abbeville, 1938-1942, t. XVII.

    p. 390-394
  • Les seigneuries de Sailly-le-sec, Sailly-Bray, Flibeaucourt, Nolettes, Ponthoile et Morlaix. Bulletin de la société d'Emulation d'Abbeville, 1905, t. VI.

    p. 45-50
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