Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Cimetière communal d'Amiens, dit Vieux cimetière Saint-Acheul

Dossier IA80003595 réalisé en 2005

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Ouvert en 1863, le cimetière du Vieux Saint-Acheul est un cimetière paysager qui prend modèle sur le prestigieux cimetière de la Madeleine d'Amiens. Destiné aux habitants de la Neuville mais aussi des quartiers sud d'Amiens (Sainte-Anne et Henriville), il s'étend d'abord à flan de coteau, dans un site pittoresque par son relief et sa végétation. L'importance des concessions à perpétuité acquises entre 1863 et 1869 atteste du caractère attractif du lieu, qui remplace le cimetière de l'ancienne abbaye de Saint-Acheul, devenu paroissial au lendemain de la Révolution. Des pins noirs d'Autriche y sont plantés vers 1870.

L'entrée principale est équipée d'un portail réalisé par le serrurier Delaux-Choquet, sur les plans de l'architecte communal A. Vigreux et orné d'un décor funéraire (couronnes d'immortelles), comparable à celui du Petit-Saint-Jean, exécuté par les Duthoit. La construction d'une conciergerie, dont les plans sont dressés par l'architecte communal Leullier, est est projetée dès 1869. La construction d'un dépositoire, par l'entrepreneur Adolphe Sauval et le serrurier Ducroquet, et d'un logement pour le gardien est réalisée en 1888 par l'entrepreneur Paris-Digeon, sur les plans de l'architecte communal Charbonnier, après le premier agrandissement du cimetière. Le second agrandissement est réalisé en 1900.

Le plan de 1905 (doc. 1) montre qu'il existait alors, comme à la Madeleine, un petit cimetière protestant.

Parties constituantes non étudiées columbarium, dépositoire, conciergerie, borne fontaine, clôture, portail
Dénominations cimetière
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Amiens
Adresse Commune : Amiens
Adresse : rue de Cagny
Cadastre : 2003 DR 17

Documents figurés : Le manuscrit Pinsart donne un plan du cimetière en 1905 (doc. 1), sur lequel apparaît un carré protestant, à l'est du dépositoire.

Sources : Les sources conservées à la bibliothèque municipale (série M) indiquent que la municipalité vote l'acquisition d'un terrain destiné à la création d'un nouveau cimetière en 1861. Celui-ci doit remplacer le cimetière de l'ancienne abbaye de Saint-Acheul. Le terrain de 10490 m2 est acquis en 1863.

En 1862, la plantation de plants d´épines formant la clôture du cimetière est terminée. Le portail, dessiné par l´architecte communal A. Vigreux (piliers en maçonnerie et grille en fer), est réalisé en 1863 par le serrurier Delaux-Choquet ; les frères Duthoit sculptent les huit couronnes d´immortelles qui ornent les piliers. En 1863, le cimetière est orné d'une croix de cimetière. Un rapport d'octobre 1863 signale que le cimetière est ouvert depuis un mois mais la destination mixte du cimetière, rurale (habitants de La Neuville) et urbaine (faubourg de Noyon), pose le problème de l'établissement du prix des concessions perpétuelles qui est de 45 F le m2 pour les cimetières urbains et de 42 F le m2 pour les cimetières ruraux. En 1863, un rapport du commissaire local indique que la haie sèche, qui clôt le cimetière du côté de la route de Cagny a été renversée et devrait être remplacée par une haie vive. En 1864, le mode d'empierrement des allées destiné à faciliter la circulation des véhicules n'est pas adapté aux piétons.

Un rapport de 1864 indique qu'il existe déjà 36 concessions à perpétuité et 12 concessions temporaires occupées. La construction d'un logement pour le gardien est considérée comme nécessaire (annexe). Les plans en sont dessinés en 1869 par l'architecte communal Leullier. En 1887, le cimetière ayant pris un développement considérable, parallèle à celui des quartiers d'Henriville, de Saint-Fuscien et du faubourg de Noyon, la municipalité reprend le projet d'agrandissement de 1885 et projette la construction d'un dépositoire et d'un logement pour le gardien, qui est construit en 1888 par l´entrepreneur Paris-Digeon, sur les plans de l´architecte communal Charbonnier.

Les documents conservés aux archives départementales (série O) indiquent que la création du cimetière, destiné aux paroissiens de la Neuville, de Saint-Acheul et de Sainte-Anne, est votée en 1861, date d'acquisition des terrains. Ouvert en 1863, le cimetière est agrandi dès 1869, date à laquelle il compte déjà 143 concessions à perpétuité et 146 concessions temporaires. A cette date, il est clos par une haie. Un puits est aménagé en 1868. Des travaux de terrassement, de clôture et des plantations sont effectués en 1871. Le cimetière est à nouveau agrandi en 1886, suite à une délibération municipale de 1884, et en 1900, date à laquelle il est devenu "un cimetière général". Le dépositoire est construit en 1887 par l'entrepreneur Adolphe Sauval et le serrurier Ducroquet et la conciergerie en 1888, par l'entrepreneur Paris-Digeon. Une vente de matériaux provenant des tombeaux abandonnés a lieu en 1877.

Les sources conservées aux archives communales (série M) indiquent que la conciergerie est agrandie en 1927, sur les plans de l'architecte Vivien. A cette date, le magasin situé à côté du dépositoire est reconstruit. Une nouvelle borne fontaine est installée en 1950 et une nouvelle clôture en béton armé est posée en 1956.

Plusieurs monuments repérés portent la signature des entrepreneurs amiénois A. Dutry, Cloquier, Lamolet, Martin, Denis, Lechien, Castermant, Moriamé et Moriamé-Dermone, Mercier, Gourdon-Docq, Jules Lamarre, Sueur, Hérouard et de l'entrepreneur d'Arras Bouchez-Béru.

Travaux historiques : Le manuscrit Pinsart signale l'agrandissement du cimetière en 1885. Le recensement du patrimoine végétal du vieux cimetière de Saint-Acheul, réalisé par le cabinet A. P. E. (2003) signale la plantation de pins noirs d´Autriche (alignements), dans les plaines A, B et C, entre 1880 et 1900, puis celle de marronniers d´Inde, d´érables, de sycomores, de tilleuls à grandes feuilles (en bosquets et en alignement, dans la plaine A), d´épicéas communs (regarni des alignements de résineux, dans les plaines A et B), entre 1914 et 1918. De nouvelles plantations sont effectuées entre 1939 et 1945, il s´agit de frênes communs et de platanes hybrides, complétant les bosquets de feuillus, dans les plaines C, D et E.

Dans les années 1970, au renouvellement ou à la création d'alignements de résineux, dans les plaines D et E (pins noirs d´Autriche et épicéas communs), dans la plaine A (cyprès de Lawson bleus) s´ajoutent des compléments des bosquets, dans les plaines B, C et E (érables). Enfin, dans les années 1990, des compléments des bosquets (tilleuls à grandes feuilles), sont effectués, dans la plaine D. La plantation de cyprès de Lawson, est signalée comme une erreur en regard du contexte paysager du site.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle, 3e quart 20e siècle
Dates 1863, daté par source
1869, daté par source
1886, daté par source
1887, daté par source
1888, daté par source
1900, daté par source
1927, daté par source
1950, daté par source
1956, daté par source
Auteur(s) Auteur : Charbonnier, architecte communal, attribution par source
Auteur : Paris-Digeon, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Vivien Narcisse,
Narcisse Vivien (1868 - 1935)

Architecte de la ville d'Amiens. Domicilié 11 rue Alexandre-Fatton, en 1911-1914.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte communal, attribution par source
Auteur : Ducroquet entreprise de serrurerie,
entreprise de serrurerie Ducroquet

Entreprise de serrurerie.

Ducroquet-Joliet et Ducroquet-Clément.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
serrurier, signature
Auteur : Sauval Alfred,
Alfred Sauval

Entrepreneur établi à Amiens. 8 rue Robert-de-Luzarches.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
entrepreneur, attribution par source

Le cimetière du Vieux Saint-Acheul, situé en agglomération, occupe un site élevé par rapport à la ville. La parcelle d´angle de forme rectangulaire, d´une superficie d´environ 5 hectares, est close par des murs de briques (rue de Cagny et au nord) et par une clôture en béton doublée d´une haie haute (au sud). Un portail encadré de piliers en briques et en calcaire en forme l'accès principal, au nord-est, rue de Cagny.

Le cimetière, divisé en 5 plaines, est distribué par un réseau d´allées bitumées, sinueuses à l´est (plaines A à D) et orthogonales à l´ouest (plaine E). Il s´étend sur un terrain en pente (plaines A à C) et sur un terrain plat (plaine D et E). Les plaines C et D sont séparées par une double allée, système reproduit entre les plaines B et C, où les allées ne sont pas aussi larges l´une que l´autre. Les allées principales portent des noms d´arbres ou de fleurs.

Les concessions perpétuelles sont disposées en bordure des allées et adossés aux limites extérieures. L'intérieur des îlots est entièrement occupé par des concessions. L´espace entre les tombes est recouvert de graviers.

L´aménagement végétal se compose d´alignements d´arbres de tige (résineux et feuillus) et de bosquets (feuillus).

Plusieurs bancs publics sont disposés dans les allées du cimetière, également équipé de plusieurs bornes-fontaines et de bacs à déchets. Les bornes-fontaines portent la marque du fabricant lyonnais Bayard (fig. 6).

Une conciergerie (fig. 3) s´élève à l´entrée principale du cimetière (rue de Cagny). Construite en briques et couverte d'ardoises, elle compte un étage carré sur un rez-de-chaussée surélevé sur cave. Elle présente un décor de style néogothique. Une dépendance en rez-de-chaussée (sanitaires) lui a été accolée au sud-ouest, entre les deux guerres. Le dépositoire (fig. 4), construit en briques et couvert d'un toit en bâtière en zinc, est situé à l´extrémité sud-ouest de la plaine A. Il est relié à un petit bâtiment en briques par une construction récente également en briques. Le columbarium (fig. 5) se trouve dans la plaine B.

Un plan de localisation des plaines et de tombeaux de personnalités est placé au niveau de l´entrée secondaire, à l´ouest. Le cimetière militaire (étudié) occupe une parcelle mitoyenne à l´ouest.

Quatre enclos funéraire (dont trois étudiés) et cent-soixante-trois tombeaux et monuments funéraires (dont 91 étudiés), ont été repérés dans le cimetière.

Caractéristiques des monuments non étudiés :

Datation : 3e quart 19e siècle ; 4e quart 19e siècle ; 1er quart 20e siècle ; 2e quart 20e siècle

Matériaux : calcaire ; marbre ; fonte

Typologie : chapelles (17) ; oratoire (1) ; stèles funéraires (22) ; niche (8) ; croix funéraires (3) ; colonnes funéraires (3) ; sarcophages (11) ; stèle et sarcophage (7).

Signature : A. Dutry / Cloquier / Lamolet / Martin / Denis / Lechien / Castermant / Moriamé / Mercier / Sueur / Gourdon-Docq / Jules Lamarre / Bouchez-Béru / Hérouard.

Typologies destination mixte: urbain / rural, cimetière indépendant (graveyard) de plan régulier, paysager
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série O ; 99 O 211. Amiens. Cimetières avant 1869.

  • AD Somme. Série O ; 99 O 277. Amiens. Cimetières 1870-1939.

  • BM Amiens. Série M ; 2 M 17/2. Cimetières d'Amiens.

    Saint-Acheul (1832-1888)
  • AC. Amiens. Série M ; 2M 17/27. Cimetières.

  • BM Amiens. MS E 1377. Fonds Pinsard. PINSARD, Charles. Rues, places et monuments d'Amiens. Recueil de notes, tome 49.

    p. 111
Documents figurés
  • Plan du cimetière général du cimetière de Saint-Acheul, dessin par Vigreux architecte communal, 1858 (BM Amiens ; PA 159).

  • Plan du cimetière Saint-Acheul en 1905, dessin (BM Amiens ; MS 1377 E manuscrit Pinsard).

  • Cimetière Saint-Acheul. Reconstruction du magasin, 1927 (AC Amiens ; 2M 17/27).

  • 530. Amiens. Cimetière de Saint-Acheul - 1908, photographie, 1er quart 20e siècle (BM Amiens ; MS 1377 E manuscrit Pinsard).

Bibliographie
  • A. P. E. Inventaire, diagnostic et préconisations de gestion du patrimoine arboré. Cimetière Saint-Acheul ancien. Ville d´Amiens. Service parcs et jardins, novembre 2003.

    p. 15, 16
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Barbedor Isabelle
Isabelle Barbedor

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.